BPCO (bronchopneumopathie chronique obstructive)

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

La BPCO, qu'est-ce que c'est ?

La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une forme grave de bronchite qui affecte le souffle et provoque des dommages irréversibles des poumons. C'est une maladie à progression lente qui évolue sur plusieurs années. Elle est courante, plus particulièrement chez les fumeurs. Environ 7,5 % des personnes de plus de 45 ans souffrent de BPCO, dont 1 million présente des symptômes. Sa fréquence dans la population féminine est en constante augmentation du fait du nombre croissant de fumeuses. De plus, pour une même consommation de tabac, les femmes développent des formes plus précoces et plus graves de BPCO que les hommes. En France, la BPCO est responsable d’environ 17 000 décès par an.

Quels sont les symptômes de la BPCO ?

Les premiers symptômes de la BPCO sont ceux de la bronchite chronique : toux et crachats, en particulier le matin. Progressivement, les symptômes s’aggravent et la personne ressent un essoufflement à l’effort. Au repos, l’air arrive en quantité suffisante dans les poumons mais, à l’effort, le rétrécissement des bronches gêne la ventilation et provoque l’essoufflement. Lorsque la maladie progresse, la difficulté à respirer se fait sentir également au repos.

Progressivement, le poumon a du mal à se vider du fait du rétrécissement des bronchioles. Les alvéoles pulmonaires, les petits sacs où se font les échanges de gaz avec le sang, se distendent. Fragilisées, elles se rompent et fusionnent entre elles. L’emphysème s’installe.

L'évolution de la BPCO se fait par épisodes d'exacerbation (deux ou trois par an, en particulier l’hiver) durant lesquelles les symptômes s'aggravent.

Les formes les plus sévères de BPCO aboutissent à une insuffisance respiratoire chronique, c'est-à-dire le manque chronique d'oxygène qui impose un traitement particulier, l'oxygénothérapie, pour maintenir un taux sanguin d'oxygène suffisant. Ce phénomène fatigue le cœur et peut entraîner, à la longue, une défaillance cardiaque.

Quelles sont les causes de la BPCO

Le tabagisme est la cause de 90 % des BPCO. Le tabac entraîne la production d’une quantité excessive de mucus dans les bronchioles, ce qui favorise les infections bronchiques. Ces infections augmentent à leur tour la production de mucus et maintiennent l’inflammation des bronches et des bronchioles. Tous les fumeurs ne sont pas égaux face à la BPCO : à tabagisme égal, seuls 20 à 30 % des fumeurs développeront cette maladie.

La BPCO est une maladie professionnelle dans 10 % des cas : l’exposition répétée à certains solvants, aux poussières de ciment et de silice, à certains produits agricoles et aux produits de la mine augmente le risque de développer cette maladie.

appareil respiratoire
Schéma bronchioles et alvéoles

Peut-on prévenir la BPCO ?

La prévention de la BPCO repose sur l’arrêt du tabac et la réduction de l’exposition à la fumée des autres. Il n’est jamais trop tard, même si le diagnostic est déjà fait. Cela évite d’aggraver l’état des poumons.

Quelques mesures simples peuvent contribuer à maintenir de bonnes habitudes respiratoires.

  • Respirez sainement. Évitez les zones enfumées et polluées. Si vous faites de la course à pied, courez le matin tôt et évitez la proximité des grands axes.
  • Respirez efficacement. Pour augmenter vos capacités respiratoires, apprenez à respirer par l’abdomen. Placez vos mains de chaque côté du nombril, relaxez vos muscles abdominaux puis inspirez profondément par le nez en gonflant le ventre. Vous devez sentir vos mains monter.
  • Faites de l’exercice. L’activité physique ne soigne pas les causes de la maladie mais elle améliore l’endurance et permet donc d’être plus actif en se sentant moins fatigué. Faites de la marche tous les jours à votre rythme.

Comment soigne-t-on la BPCO ?

Le premier traitement contre la BPCO consiste, bien entendu, à cesser de fumer. Les médicaments destinés à dilater les bronches (comme ceux prescrits aux personnes souffrant d'asthme) sont utilisés afin d'apporter plus d'air aux alvéoles. Des séances de kinésithérapie respiratoire peuvent également faciliter la respiration en facilitant l’élimination des sécrétions bronchiques et en apprenant à bien expectorer. Dans la mesure du possible, une activité physique adaptée doit être pratiquée.

La réadaptation respiratoire peut également être proposée aux patients qui présentent un essoufflement, une intolérance à l'effort ou une altération de la qualité de vie. Elle regroupe un ensemble de moyens dont l’objectif est de permettre de s'entraîner de nouveau à l'effort, de réduire l'essoufflement et d'améliorer la capacité de récupération après un effort. Elle fait appel à différents professionnels : entraînement musculaire par un kinésithérapeute et/ou professeur d'activité physique adaptée, éducation thérapeutique, séances de kinésithérapie respiratoire pour faciliter l’élimination des sécrétions bronchiques, et éventuellement, conseils diététiques et soutien psychologique.

Lors des épisodes d'exacerbation, des antibiotiques sont parfois prescrits pour une dizaine de jours afin d’éviter une infection pulmonaire. Chez les personnes en insuffisance respiratoire chronique, on utilise l'oxygénothérapie, où le patient inspire un air enrichi en oxygène plusieurs heures par jour.

De plus, les personnes qui souffrent de BPCO doivent se faire vacciner contre la grippe et les infections à pneumocoques, en particulier après 65 ans. La vaccination contre la grippe est particulièrement importante : elle réduit de moitié le risque de décès.

  • BPCO, Vidal Recos, 04/2018
  • MédicoSport Santé 2017, Commission médicale du Comité national olympique et sportif français, 04/2017
  • Guide Santé après 50 ans, Vidal, 2005
  •  Source

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