Cataracte

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Très fréquente, la cataracte est la première cause de chirurgie en France (environ 450.000 interventions chaque année). Cette opacification progressive du cristallin (la lentille située à l'intérieur de l'œil) apparaît avec l'âge : elle touche plus de la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans, et plus des deux tiers de celles de plus de 75 ans, indépendamment du sexe. Sans traitement, la cataracte peut provoquer une perte de la vision : elle représente la troisième cause de cécité en France après la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA) et le glaucome.

Quels sont les symptômes de la cataracte ?

La cataracte se caractérise par une perte progressive de la vision qui, le plus souvent, affecte d’abord la vision de loin. Après quelques années, la vision se voile et la personne devient plus sensible à la lumière (photophobie). Parfois, la personne se plaint de « voir double » d’un œil.

Quelles sont les complications de la cataracte ?

Lorsqu’elle n’est pas traitée, la cataracte s’aggrave progressivement. Le cristallin devient de plus en plus opaque et la personne finit par perdre complètement la vue.

De plus, dans certains cas, la cataracte peut entraîner l’apparition d’un glaucome aigu. Parfois, il arrive que des protéines du cristallin s’échappent dans la chambre antérieure de l’œil et provoquent un glaucome chronique, ou soient à l’origine d’une réaction immunitaire qui va déclencher une inflammation des structures internes de l’œil (uvéite).

Les différents types de cataracte et leurs causes

On distingue plusieurs types de cataracte selon leurs causes.

• La cataracte sénile, la plus courante, est liée au vieillissement du cristallin. Elle touche les deux yeux, à des degrés de sévérité variables d’un œil à l’autre.

• La cataracte secondaire se développe suite à une maladie (dans la plupart des cas, un diabète mal équilibré par les traitements), un traitement médicamenteux (en particulier avec des corticostéroïdes, les médicaments de la famille de la cortisone), une radiothérapie anticancéreuse, ou une intervention chirurgicale de l’œil.

• La cataracte traumatique apparaît suite à un traumatisme de l’œil : choc, brûlure thermique ou chimique, etc. Elle est particulièrement observée chez les patients jeunes.

• La cataracte de l’enfant est souvent d’origine congénitale, parfois liée à une maladie génétique comme la trisomie 21 ou à une infection maternelle pendant la grossesse : rubéole, toxoplasmose, herpès génital, etc.

Qui est à risque de développer une cataracte ?

Le facteur de risque principal de la cataracte est l’âge. Le risque est augmenté par une forte myopie, un glaucome chronique, une dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) ou un diabète non traité, mais aussi pour les personnes qui vivent dans des régions très ensoleillées ou en altitude (les rayons ultraviolets accélèrent le vieillissement du cristallin) ou qui ont eu un traumatisme de l’œil, une intervention chirurgicale oculaire ou une radiothérapie anticancéreuse.

Peut-on prévenir la cataracte ?

Bien que ces mesures de prévention n’aient pas fait la preuve d’une efficacité certaine, elles pourraient avoir un effet positif :

  • protéger ses yeux contre les rayons ultraviolets à l’aide de lunettes de soleil efficaces, et contre les chocs en cas d’activité potentiellement dangereuse (sports de balle, etc.) ;
  • consommer des quantités suffisantes de fruits et de légumes ;
  • arrêter de fumer.

Comment diagnostique-t-on la cataracte ?

Lorsqu’il suspecte la présence d’une cataracte, l’ophtalmologiste recherche une opacité du cristallin. Ensuite, l’ophtalmologiste vérifie la tension à l’intérieur de l’œil (recherche de signes de glaucome) et l’état de la rétine.

Comment soigne-t-on une cataracte ?

Le traitement de référence de la cataracte repose sur la chirurgie qui peut être proposée dès que la perte de vision interfère avec la vie quotidienne. Chez les personnes qui souffrent de glaucome ou de DMLA, cette intervention est plus risquée et la possibilité de sa mise en œuvre est évaluée au cas par cas.

L’opération de la cataracte se fait le plus souvent dans la journée. Elle se déroule sous anesthésie locale, ce qui la rend possible même chez les personnes très âgées. Les deux yeux ne sont jamais opérés en même temps. En moyenne, l’intervention dure 15 à 30 minutes.

Le cristallin est retiré avec une sonde en passant par une petite incision et est remplacé par un cristallin artificiel (implant souple). L’implant est choisi selon la morphologie de l’œil du patient et selon ses besoins en termes de correction visuelle. L’implant permet non seulement de remplacer le cristallin mais également de corriger, partiellement ou complètement, des défauts pré-existants tels qu’une myopie, une hypermétropie, une presbytie ou un astigmatisme.

Après l’opération de la cataracte, l’ophtalmologiste prescrit un collyre anti-inflammatoire et antibiotique. Le patient est invité à modérer ses activités pendant quelques jours. La cicatrisation totale a habituellement lieu en huit semaines.

La complication la plus fréquente de l’opération est l’apparition d’une cataracte dite secondaire. Cette complication bénigne survient dans plus de 30 % des cas au cours des années qui suivent une opération de la cataracte. Elle est facilement corrigée à l’aide d’un laser (sans ouvrir l’œil de nouveau). La perception de mouches volantes est également possible.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé