Comment prendre en charge les victimes de violences ?

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Publié le 26/06/2025

Information proposée par Agence régionale de santé Occitanie - (ARS)

Les violences sexistes et sexuelles (VSS) constituent une atteinte grave aux droits fondamentaux des personnes. Elles ont des conséquences durables sur la santé physique et psychologique des victimes, ainsi que sur leur vie sociale, professionnelle et économique. Présentes dans tous les contextes — sphère privée, professionnelle ou espace public —, ces violences nécessitent une identification précoce et une prise en charge adaptée. Cette page a pour objectif de fournir des repères essentiels, des informations juridiques et des ressources utiles.

Violences sexistes et sexuelles : de quoi parle-t-on ?

Les violences sexistes et sexuelles regroupent l’ensemble des comportements, propos ou actes imposés à une personne en raison de son sexe, de son genre ou de son orientation sexuelle, portant atteinte à sa dignité, à son intégrité physique ou psychologique, ou à sa liberté. Elles incluent notamment les outrages sexistes, le harcèlement, les pressions ou chantages sexuels, les agressions sexuelles, le viol, les menaces, la coercition et toute forme d’exploitation sexuelle.
Les femmes et les mineur·e·s sont particulièrement exposé·e·s à ces violences, qui demeurent largement sous-déclarées.
 

Cadre légal et protection des victimes

En France, toutes les formes de violences sexistes et sexuelles sont interdites et sanctionnées par la loi (article 434-3 du code pénal), quel que soit le lieu où elles sont commises. Le consentement constitue un principe fondamental : il doit être libre, éclairé, spécifique, préalable et révocable, et ne peut en aucun cas être déduit du silence ou de l’absence de réaction. La loi prévoit des circonstances aggravantes et des dispositifs de protection renforcée pour les personnes en situation de vulnérabilité.

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Lien vers la cartographie VSS Occitanie

J'ai besoin d'aide - victime

Différentes formes de violences existent et on ne se rend pas forcément compte que l’on se trouve dans une telle situation.  

Le consentement est une notion très importante qui se traduit par donner son accord de manière consciente, libre et explicite à un moment donné pour une situation précise. Il est possible de revenir sur ce choix n’importe quand et pour n’importe quelle raison. Il n’y a pas à se justifier ou subir des pressions. 

Comment détecter une situation de violence ?

Les violences peuvent se manifester par plusieurs signaux d’alertes* tels que des signes psychiques (anxiété, dépression, troubles du sommeil, stress post-traumatique), physiques (blessures, douleurs inexpliquées ou chroniques) ou relationnels (contrôle, isolement, culpabilité, dévalorisation, humiliations, jalousie excessive du partenaire). La présence de ces signaux doit alerter et conduire à une orientation vers des professionnels ou des structures spécialisées.


*L’ensemble de ces signaux ne sont pas exhaustifs.
 

Orientation et accompagnement

Qu’ils soient récents ou anciens, les faits de violences doivent pouvoir être exprimés. Les victimes peuvent s’adresser à des professionnels de santé, du secteur social ou juridique, ainsi qu’à des associations spécialisées, afin de bénéficier d’une écoute, d’une information et d’un accompagnement adaptés.
La responsabilité des violences incombe exclusivement à leur auteur.
 

A qui m'adresser ? 

En cas de danger immédiat :

Numéros d’appel d’urgence gratuits :

  • 17 : police et gendarmerie
  • 15 : urgences médicales (samu)
  • 112 : services d’urgence européens
  • 18 : pompiers
  • 114 : numéro remplaçant les précédents pour personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques
  • 119 : enfance en danger

En cas d’absence de danger immédiat :

  • Se rendre en commissariat ou gendarmerie
  • Se connecter à la plateforme nationale d’accompagnement des victimes : Accueil | Service-Public.fr
  • S’adresser à son médecin traitant
  • Contacter le 3919 : Violences Femmes Info
  • S’adresser à la Maison des Femmes la plus proche
  • S’adresser aux associations spécialisées de votre département  
Les outils à votre disposition

Je suis témoin/aidant : comment agir face aux violences sexistes et sexuelles ?

Les violences sexistes et sexuelles peuvent survenir dans tous les contextes (travail, domicile, école, transports…). Elles sont interdites par la loi et peuvent concerner des femmes de tout âge et de tout milieu social. En tant que témoin ou aidant·e, vous pouvez jouer un rôle essentiel.

Face à une situation de violence

Votre réaction doit toujours dépendre du niveau de danger :

•    En cas de danger grave et immédiat, appelez le 17 et donnez un maximum d’informations utiles (lieu, nombre de personnes, présence d’armes, d’enfants…).
•    Si vous êtes en sécurité, vous pouvez intervenir de manière proportionnée : alerter d’autres témoins, faire diversion, confronter verbalement l’agresseur si cela ne vous met pas en danger.
•    Il est possible de filmer pour constituer une preuve, mais jamais de diffuser les images en ligne. Elles doivent être remises à la victime si elle engage des démarches.

Adopter la bonne attitude face à la victime

•    Croyez la victime, ne minimisez pas les faits et ne justifiez jamais l’agresseur.
•    Rappelez lui que la violence est interdite par la loi et qu’elle n’est en rien responsable.
•    Proposez un soutien concret : rester avec elle, l’accompagner vers les forces de l’ordre, rédiger un témoignage.
•    Respectez toujours sa volonté : sauf danger immédiat, aucune démarche ne doit être faite sans son accord.
•    Si elle n’est pas prête à porter plainte, laissez lui vos coordonnées et conservez votre témoignage.


Connaître le cadre légal

L’intervention des témoins est encadrée par la loi, notamment par les principes de légitime défense et de non-assistance à personne en danger. Ne pas agir alors qu’il n’y a pas de risque peut engager une responsabilité pénale.

Repérer les signaux de violence

Certaines situations peuvent alerter :

•    Signes psychiques : anxiété, dépression, troubles du sommeil, addictions, idées suicidaires.
•    Signes physiques : blessures inexpliquées, douleurs chroniques, maladies déséquilibrées.
•    Comportements du partenaire : jalousie excessive, contrôle, isolement, humiliations, agressivité.
•    Autres signaux : propos sexistes répétés, pressions sexuelles, relations non consenties, menaces.

Ces signaux ne prouvent pas toujours une violence, mais doivent inciter à la vigilance.

Prendre soin de soi en tant que témoin

Être témoin peut provoquer peur, culpabilité ou malaise : ces réactions sont normales. Parlez en à une personne de confiance ou à une association spécialisée. Vous aussi pouvez avoir besoin de soutien.

Rappel essentiel :

Même en tant que témoin ou aidant.e, que les faits soient anciens ou récents, il faut en parler à une personne de confiance, à un.e professionnel.le (médecin, assistant.e social.e, avocat.e...) ou à une association spécialisée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. L’agresseur est le seul responsable de ses actes.
 

Les outils à votre disposition - Aidants

Je suis professionnel·le : accompagner et orienter les victimes de violences sexistes et sexuelles

Les victimes de violences sexistes et sexuelles ont des besoins multiples : médicaux, sociaux, juridiques, psychologiques… Chaque professionnel·le a un rôle essentiel à jouer dans son champ de compétence, tout en orientant la victime vers d’autres intervenant·es afin d’assurer une prise en charge globale, coordonnée et adaptée.
Travailler en réseau partenarial est indispensable pour éviter l’isolement de la victime et garantir un accompagnement décloisonné, respectueux de son rythme et de ses choix. Protéger une victime, c’est lui permettre de reprendre progressivement le contrôle sur sa vie.

Principe fondamental : la victime n’est jamais responsable. L’agresseur est le seul responsable de ses actes.

Les conséquences des violences

Les violences sexistes et sexuelles ont des impacts graves et durables :
•    peur, culpabilité, perte d’estime de soi et d’autonomie,
•    isolement, stress, troubles psychiques,
•    atteintes à la santé physique et mentale,
•    répercussions sur la vie personnelle, sociale et professionnelle.
Elles constituent une atteinte aux droits fondamentaux, notamment à la dignité et à l’intégrité physique et psychologique.

Détecter une situation de violence

Il n’existe pas de profil type de victime. La vigilance repose sur l’observation de signaux pouvant alerter :
•    Signes psychiques : dépression, anxiété, troubles du sommeil, troubles alimentaires, addictions, idées suicidaires, symptômes de stress post-traumatique.
•    Signes physiques : blessures répétées ou inexpliquées, douleurs chroniques, maladies déséquilibrées.
•    Comportements du partenaire : contrôle, jalousie excessive, humiliations, isolement, surveillance, agressivité.
•    Autres signaux : propos sexistes répétés, pressions ou chantages sexuels, relations non consenties, menaces, contrôle des sorties ou de l’apparence.

Ces signaux ne sont pas exhaustifs et ne suffisent pas toujours à caractériser une violence, mais tout changement de comportement doit alerter.

Dépister et accueillir la parole

Le dépistage direct et systématique, lors d’un entretien en tête-à-tête, est la méthode la plus efficace. Il est généralement bien accepté, que la personne soit victime ou non.

•    Posez la question avec les mots que vous vous sentez capable d’utiliser.
•    Rappelez les droits de la victime : « la loi interdit et punit les violences ».
•    Informez-la des dispositifs et ressources existants.
•    Respectez son choix et son rythme : votre rôle est de lui permettre de savoir vers qui se tourner quand elle sera prête.

Cadre légal et obligations professionnelles

Dans certaines situations, les professionnel·les ont une obligation de signalement aux autorités judiciaires ou administratives, notamment en cas de violences graves ou lorsque les faits concernent des personnes vulnérables. Cette obligation est encadrée par plusieurs articles du Code pénal et du Code de procédure pénale.

Outils et ressources pour les professionnel.le.s

La Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (MIPROF) met à disposition de nombreux outils de formation et des modèles d’écrits professionnels (certificats, attestations) adaptés aux différents métiers de santé et du secteur social, afin d’accompagner les démarches des victimes : https://arretonslesviolences.gouv.fr/je-suis-professionnel/les-ecrits-professionnels

Les outils à votre disposition - Professionnel.le.s

Les numéros utiles  

En cas de danger immédiat : 
numéros d’appels d’urgence - gratuits -

•    17 : police et gendarmerie 
•    15 : urgences médicales (Samu) 
•    112 : services d’urgence européens 
•    18 : pompiers 
•    114 : numéro remplaçant les précédents pour personnes sourdes, malentendantes, aphasiques ou dysphasiques 
•    119 : enfance en danger

En cas d’absence de danger immédiat ou besoin de soutien  :

•    Contacter le 3919 : Violences Femmes Info 
•    S’adresser à la Maison des Femmes la plus proche 
•    S’adresser aux associations spécialisées de votre département  
•    Se rendre en commissariat ou gendarmerie 
•    Se connecter à la plateforme nationale d’accompagnement des victimes 

•    S’adresser à son médecin traitant ou à tout professionnel.elle de confiance 
•    115 : veille sociale (hébergement d’urgence ou temporaire) 

L’Agence régionale de santé Occitanie est chargée du pilotage et de la mise en œuvre de la politique de santé en région. Sa compétence porte sur l’ensemble de la santé : la prévention, la veille sanitaire et la santé environnementale, l’organisation des soins en ville et à l’hôpital, la prise en charge des personnes âgées et les personnes handicapées.
En Occitanie, l’ARS travaille en particulier sur les problématiques d’accès à la santé, dans chacun des territoires, avec une attention particulière pour les personnes les plus vulnérables.

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