Pratiques de soins non conventionnelles : comment s’y retrouver ?

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Publié le 07/03/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Les pratiques de soins non conventionnelles sont parfois appelées « médecines alternatives », « médecines complémentaires », « médecines naturelles » ou encore « médecines douces ». Ces pratiques sont diverses, tant par les techniques qu’elles emploient que par leurs principes théoriques. La très grande majorité de ces pratiques ne sont ni reconnues, sur le plan scientifique, par la médecine conventionnelle, ni enseignées au cours de la formation initiale des professionnels de santé. Pourtant certaines (hypnose, acupuncture, phytothérapie, par exemple) peuvent contribuer au bien-être des personnes malades. Comment s’y prendre lorsqu’on souhaite s’informer sur l’une de ces pratiques ?  

Parlez-en à votre médecin traitant

Si vous êtes intéressé par une pratique de soins non conventionnelle, interrogez d’abord votre médecin traitant sur ce qu’il ou elle sait de son efficacité, de ses effets indésirables et de ses interactions avec les médicaments qu'il vous a prescrits ou que vous prenez de vous-même. Le nombre de médecins qui s'intéressent à ces pratiques est plus important qu'on ne le pense. Autour d'eux, ils disposent parfois d'un réseau de praticiens en hypnose, acupuncture, ostéopathie, sophrologie, etc. auxquels ils peuvent adresser un patient qui souhaiterait bénéficier de ce type de pratique. Votre médecin traitant saura également être d'un grand secours pour analyser les documents d’information que vous aurez récoltés dans votre recherche sur internet.

Approchez une association de patients

Si vous souffrez d’une maladie chronique, contactez une association de patients qui regroupe les personnes dans votre situation. Les associations de patients sont une excellente source d'informations car elles se nourrissent de l'expérience de leurs membres. N'hésitez pas à leur faire part, en retour, de votre expérience. Vous contribuerez ainsi à enrichir leurs connaissances.

Utilisez la puissance d’internet

Internet a révolutionné la recherche d'information sur la santé. Pour chacune des pratiques de soins non conventionnelles, de nombreux articles et dossiers en français sont disponibles en ligne. Le souci, c’est que la qualité des informations disponibles sur internet est très variable, depuis l’information de référence validée par les autorités de santé jusqu’à des informations fantaisistes, voire dangereuses, souvent habillées de termes pseudo médicaux et de promesses fondées sur aucune étude scientifique. L'analyse des informations obtenues sur internet demande beaucoup d'esprit critique (voir encadré). Il est souvent nécessaire de se faire aider pour y voir clair et identifier les sources fiables.

10 conseils pour les internautes qui s’informent sur les pratiques de soins non conventionnelles

Chaque jour, des centaines de sites internet voient le jour. Certains offrent des informations dignes de confiance, d'autres poursuivent des objectifs peu recommandables. 
Voici une liste de 10 questions à vous poser pour trier le bon grain de l'ivraie.

1 – Qui s'occupe de ce site ?
Tout site en lien avec la santé doit clairement préciser quelle organisation (ou quelle personne) est responsable des informations proposées : agence sanitaire, société savante, association de patients ou de consommateurs, promoteurs d’une pratique non conventionnelle, site marchand, etc. Ne vous fiez pas aux sites qui n'offrent pas de rubrique de type « Qui sommes-nous ? ».

2 – Qui le soutient financièrement ?
Mettre à jour un site internet coûte de l'argent. La source de ce financement doit être clairement précisée. Certains sites proposant de l'information sur une pratique de soins non conventionnelle particulière, et que l'on pourrait croire désintéressés, sont en fait financés par l'unique fournisseur commercial de la solution tant vantée sur le site.

3 – Quel est le but de ce site ?
Les sites commerciaux peuvent proposer de l'information de bonne qualité. Mais le but commercial du site doit être clairement précisé, dans un souci de transparence. Parfois une rubrique « À propos de ce site » fait la lumière sur ses objectifs.

4 – D'où vient l'information ?
Souvent, l'information mise en ligne est rédigée à partir de diverses sources : journaux médicaux, magazines, livres, conférences, etc. La source de chaque affirmation doit être précisée pour que vous puissiez en estimer la fiabilité. Si vous n’êtes pas familier de ces sources, demandez à votre médecin de vous aider à vous faire une opinion.

5 – Information objective ou opinions personnelles ?
Il n'y a rien de répréhensible à afficher ses opinions sur internet à condition que la nature subjective de cette information soit bien précisée. De trop nombreux sites assènent des avis personnels sous couvert d'articles prétendument objectifs. De nouveau, demandez-vous quelles sont les sources des informations mises en avant et à qui profite l’information présentée.

6 – Comment l'information proposée a-t-elle été validée ?
Les sites sur la santé d'excellente qualité font valider leurs articles par un comité éditorial composé de médecins ou de praticiens respectés dans leur domaine. Vérifiez si l'information mise en ligne a été validée par de tels experts, ou si elle signée d’un praticien reconnu.

7 – L'information est-elle à jour ?
Rien de pire que de passer du temps à lire des pages obtenues sur internet pour s'apercevoir à la fin qu'elles datent de plusieurs années ! Vérifiez systématiquement la date de dernière mise à jour des informations que vous avez trouvées. Un texte sans date de mise à jour n’a que peu d’intérêt.

8 – Comment les liens vers d'autres sites sont-ils choisis ?
Certains sites choisissent très soigneusement les sites vers lesquels ils vous renvoient : même rigueur, même indépendance, etc. D'autres choisissent seulement les liens de sites qui ont payé pour être référencés ! Attention lorsque vous passez d'un site à un autre par un lien, reposez-vous toutes les bonnes questions.

9 – Le site recueille-t-il des données à votre sujet ?
Méfiez-vous des sites d’information gratuite qui exigent tout de même que vous deveniez un membre ou un abonné. Dans ce cas, cela signifie que le site va vous demander des informations personnelles qui pourront être utilisées, le plus souvent dans un but publicitaire. Dans ce cas, le site doit vous avertir très clairement de l'usage qui sera fait des données personnelles qui sont collectées. En France, il faut signaler à la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) tout usage abusif de données personnelles.

10 – Les forums sont-ils surveillés ?
Certains sites proposent des forums, c'est-à-dire des messageries publiques où les internautes peuvent dialoguer autour de thèmes développés par le site. Avant d'afficher un message sur un forum, assurez-vous que celui-ci est surveillé par une personne travaillant pour le site et que votre adresse électronique n'apparaîtra pas en clair. Les forums non surveillés fourmillent de fausses informations et de propositions commerciales déguisées en messages personnels.

Des repères pour éviter de se faire manipuler

Comment évaluer une personne qui propose une pratique de soins non conventionnelle ? Voici 11 critères pour vous aider à y voir plus clair.

  • Renseignez-vous sur l’expérience du praticien, les formations qu’il ou elle a reçues et sa compréhension de votre maladie. Méfiez-vous des grands discours et des vues extrémistes ou paranoïaques.
  • Méfiez-vous des praticiens qui vous traitent avec condescendance, qui simplifient ou compliquent trop leur discours, ou qui refusent de vous donner la composition exacte des substances qu’ils utilisent.
  • Fuyez les personnes qui essaient de vous couper de votre réseau de soins habituel ou qui prétendent que leur solution ne marchera que si vous abandonnez tous vos autres traitements.
  • Méfiez-vous des pratiques non conventionnelles qui doivent être accompagnées d’un régime alimentaire particulier, surtout si ce régime contient des suppléments qui ne sont disponibles (souvent à prix élevé) que chez celui ou celle qui vous les propose.
  • Renseignez-vous sur les conditions dans lesquelles l’efficacité de cette pratique de soins non conventionnelle a été établie. Demandez de l’information écrite précise et compréhensible sur l’efficacité, les contre-indications, les effets indésirables, etc. afin de pouvoir en discuter avec votre médecin.
  • Méfiez-vous des substances qui n’ont « aucune toxicité ». Toute substance est toxique pour peu qu’on en prenne une dose élevée… même le chocolat ! Méfiez-vous des bénéfices miraculeux invérifiables.
  • Soyez extrêmement méfiant lorsque la solution proposée est chère.
  • Si la pratique non conventionnelle n’est administrée que dans un seul lieu où l’on vous demande de vous rendre, restez prudent. Si possible, visitez-le avant d’accepter quoi que ce soit. Méfiez-vous des solutions qui ne sont disponibles que hors de France.
  • Méfiez-vous des courriers soi-disant officiels utilisés comme faire-valoir. La réponse d’une agence gouvernementale ou d’un institut de recherche à un courrier ne signifie pas que ceux-ci approuvent la pratique dont il est question.
  • Ne vous fiez jamais à une seule source d’information, et surtout pas à la seule parole de celui ou celle dont c’est l’intérêt (financier ou autre) de vous avoir comme patient. Consultez votre médecin traitant, un service hospitalier, des associations de patients, internet, etc.
  • Faites un tour sur le site de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, MILIVUDES. Ces dernières années, des sectes ont ciblé préférentiellement des personnes atteintes de maladies chroniques.

En conclusion, s’il est possible de chercher à compléter ses soins médicaux par des pratiques non conventionnelles, par exemple pour réduire le stress ou se relaxer, ce recours exige une extrême vigilance pour ne pas se faire manipuler ou isoler du système médical ou de ses proches. Prendre la décision d’essayer une pratique de soins non conventionnelle ne doit jamais se faire seul. Il est essentiel d’en parler autour de soi avant de prendre une décision : avec les professionnels de santé qui vous accompagnent, avec d’autres personnes souffrant de maladies chroniques, etc.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé