Faut-il vraiment « réguler son cortisol » ?
09/03/2026 2 mins de lecture
Sur les réseaux sociaux, le cortisol est devenu l’ennemi public numéro un. Cette « hormone du stress » serait responsable de la prise de poids, des troubles du sommeil, de la fatigue chronique ou du burn-out. Il faudrait alors le réguler. Pourtant sa surveillance et sa régulation ne sont pas nécessaires sauf présence de pathologie réelle.
C’est quoi le cortisol ?
Le cortisol est une hormone produite par les glandes surrénales. Il participe à la régulation de la glycémie, de la pression artérielle, du système immunitaire et au maintien de l’éveil. Sa sécrétion suit un rythme circadien normal, avec un pic le matin pour aider au réveil et une diminution progressive au cours de la journée. Pourquoi est-il appelé « hormone du stress » ?
Le cortisol est secrété lorsque, face à une situation perçue comme menaçante, le corps déclenche une réponse automatique héritée de l’évolution, dite « fuite ou combat ». Dans un premier temps, sous l’effet de l’adrénaline, le cœur accélère, la respiration s’intensifie, les muscles se préparent à agir. Ensuite, le cortisol augmente la concentration de sucre dans le sang (glycémie) afin d’apporter de l’énergie aux muscles et au cerveau, et préparer le corps à faire face à une situation difficile. Ce système protecteur est essentiel et devient problématique uniquement lorsque le stress est intense et prolongé. Des travaux synthétisés notamment dans Nature Reviews Neuroscience montrent qu’en cas de stress chronique, des concentrations élevées de cortisol peuvent devenir délétères pour le cerveau. Mais ces situations concernent des états de stress durablement installés, pas les fluctuations normales de la vie quotidienne. Ainsi, on ne cherche pas à « réguler » le cortisol chez quelqu’un en bonne santé : cette hormone est normalement régulée automatiquement par l’organisme, et son élévation transitoire est bénéfique pour une adaptation adéquate à de nombreuses situations d’agression physique et/ou psychique.
Faut-il réguler sa concentration de cortisol ?
Si, sur les réseaux sociaux, certains appellent à « réguler » le cortisol, c’est en partie en raison de la notion de « fatigue des glandes surrénales », popularisée en 2002 par le livre Adrenal Fatigue: The 21st Century Stress Syndrome. Selon cette théorie, un stress chronique épuiserait les glandes surrénales après une surproduction de cortisol. Cette carence entrainerait fatigue, troubles du sommeil, baisse de motivation ou burn-out. Cette hypothèse n’est pas validée par la recherche médicale. L’Endocrine Society, une société savante américaine, rappelle qu’il n’existe « aucune preuve scientifique permettant de confirmer que la fatigue surrénale est une véritable affection médicale ». Les véritables troubles du cortisol sont rares et clairement identifiés médicalement, comme le syndrome de Cushing (excès pathologique de cortisol) ou l’insuffisance surrénalienne (déficit en cortisol). Ces maladies nécessitent un diagnostic et une prise en charge spécialisée.
Les bons réflexes pour apaiser le cortisol naturellement
Selon une synthèse de la littérature publiée en 2024 dans Psychoneuroendocrinology Journal, des mesures isolées de cortisol ne permettent pas de diagnostiquer un dérèglement lié au stress psychologique car les concentrations varient naturellement selon l’heure de la journée, le sommeil, l’alimentation ou l’activité physique. Toutefois sans mesurer son cortisol à chaque heure de la journée, on peut, grâce à l’activité physique régulière, un sommeil suffisant ou des techniques de relaxation, non pas réguler cette hormone, mais améliorer son bien-être général. En résumé, en dehors de maladies endocriniennes spécifiques diagnostiquées par un médecin, il n’existe pas de preuve scientifique justifiant de réguler sa concentration de cortisol.