Le zona est-il contagieux ?
06/05/2025 4 mins de lecture
Le zona est une infection qui peut toucher toutes les personnes ayant eu la varicelle. Il est dû à la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), jusque-là dormant dans les ganglions nerveux situés le long de la colonne vertébrale. Souvent bénin, le zona peut avoir des formes graves chez des personnes immunodéprimées. Lors de zona, pendant la phase aiguë, le VZV peut être transmis d’une personne atteinte de zona à une personne qui n’a jamais contracté la varicelle, ni reçu de vaccin contre celle-ci.
Rappels sur le zona
Le zona est une affection virale causée par la réactivation du virus varicelle-zona (VZV), qui appartient à la famille des herpèsvirus. Après une infection par la varicelle, souvent pendant l’enfance, le virus persiste à l’état latent dans les ganglions sensitifs des nerfs rachidiens ou crâniens. Sous l’influence de divers facteurs (âge avancé, immunodépression, stress, fatigue, etc.), il peut se réactiver et provoquer une éruption cutanée douloureuse localisée sur le territoire innervé par un nerf spécifique : c’est le zona. Cette réactivation est observée chez environ 20 % des personnes qui ont eu un jour la varicelle, le plus souvent après 50 ans ou lorsque le système immunitaire est affaibli.
Les symptômes du zona varient selon le nerf touché. Le plus souvent, celui-ci innerve un seul côté du corps. Sur cette zone, la peau devient plus sensible aux frottements, avec une sensation de brûlure. En 1 à 2 jours, de petits boutons contenant un peu de liquide clair apparaissent : ce sont les vésicules. Elles sèchent et se couvrent de croûtes qui tombent après une dizaine de jours. La zone infectée reste douloureuse pendant 3 à 4 semaines. Dans certains cas, ces douleurs persistent plusieurs mois (ce sont les « douleurs post-zostériennes »).
Dans la très grande majorité des cas, les personnes touchées par le zona ne connaîtront qu’un seul épisode au cours de leur vie, mais dans 1 % des cas, un ou plusieurs autres épisodes peuvent survenir.
Quelles sont les personnes les plus à risque de zona ?
La réactivation du VZV peut survenir lorsque le système immunitaire est affaibli. La baisse d’immunité peut avoir différentes origines : une maladie (par exemple, la mononucléose ou l’infection par le VIH/sida) ou un traitement immunosuppresseur (par exemple, un traitement contre le cancer ou contre une maladie auto-immune). Dans certains cas, la seule cause identifiable d’une poussée de zona est un stress prolongé, de la fatigue chronique ou, simplement, l’âge (au-delà de 50 ans, avec un risque plus élevé après 65 ans).
Les personnes qui ont un zona sont-elles contagieuses ?
Le liquide clair présent dans les vésicules du zona contient du VZV. Celui-ci peut être transmis à une personne qui n’a jamais contracté la varicelle, ni reçu de vaccin contre celle-ci. Cette transmission se produit exclusivement par contact direct avec le liquide des vésicules, qui contient des particules virales infectieuses. La transmission entraîne une varicelle chez la personne réceptive, et non un zona. Une fois les vésicules asséchées et recouvertes de croûtes, la contagiosité disparaît. À noter, lors de zona, le virus ne se propage pas par voie aérienne, contrairement à ce qui peut se passer lors de varicelle.
Pour éviter la transmission, après avoir nettoyé les vésicules, mieux vaut se laver les mains pour éviter de contaminer une personne qui n'aurait jamais eu la varicelle. On peut également couvrir les lésions avec un pansement jusqu’à ce qu’elles sèchent. Ces précautions sont particulièrement importantes lorsqu'on côtoie une femme enceinte, un nouveau-né ou une personne dont le système immunitaire est diminué par une maladie ou un traitement. Les personnes qui ont déjà eu la varicelle ou le zona ne courent aucun risque.
Peut-on prévenir le zona ?
Il existe un vaccin pour prévenir le zona et les douleurs qui surviennent après un zona. Il est utilisable chez les adultes à partir de 50 ans, ainsi que chez les adultes présentant un risque accru de zona, à partir de 18 ans. Il s’administre selon un schéma à 2 doses espacées de 2 mois. Une dose de rappel n’est pas nécessaire.
La Haute autorité de santé (HAS) recommande la vaccination de toutes les personnes de 65 ans et plus, y compris les personnes ayant déjà présenté un ou plusieurs épisodes de zona, ainsi que la vaccination des personnes âgées de 18 ans et plus ayant un déficit immunitaire (VIH, traitement immunosuppresseur, par exemple). Le vaccin actuellement disponible (SHINGRIX) permet de prévenir l’apparition d’un zona chez 79 % des personnes vaccinées, et chez les personnes vaccinées qui ont néanmoins un zona, le risque de douleurs post-zostériennes est réduit de 87 %. Attention, le vaccin contre la varicelle ne protège pas contre le zona !
La vaccination peut être réalisée lors d’une consultation médicale ou infirmière, en même temps que le vaccin contre la grippe saisonnière, le vaccin diphtérie-tétanos-polio ou le vaccin antipneumococcique 23-valent. Son coût est pris en charge chez les adultes :
- de 65 ans et plus ;
- de 18 ans et plus ayant un risque accru de zona.
Ce vaccin n’est pas remboursé chez les sujets de 50 à 64 ans sans risque accru de zona.
La prévention du zona repose également sur des mesures simples pour lutter contre le stress et la fatigue : repos suffisant, alimentation équilibrée et activité physique régulière.
En conclusion, le zona est une maladie due à la réactivation du virus varicelle-zona. Ce virus est présent dans les vésicules pendant la phase aiguë de la maladie. Pendant cette période, il peut être transmis à une personne non immunisée ou non vaccinée contre la varicelle et provoquer cette maladie. Mais il ne peut pas provoquer un zona chez une personne déjà immunisée contre la varicelle.