Peut-on booster sa testostérone avec des compléments alimentaires ?
12/01/2026 8 mins de lecture
Certains hommes cherchent à stimuler leur production de testostérone dans l’espoir d’améliorer leurs performances sportives, augmenter leur masse musculaire, accroître leur libido et la qualité de leurs rapports sexuels, ou encore améliorer leur fertilité. Contenant des vitamines, des minéraux ou des plantes, des compléments alimentaires semblent destinés à cet usage. Dans la réalité, peu d’études confirment leurs promesses, en particulier chez les hommes qui ont une alimentation équilibrée et une activité physique régulière.
Le zinc pour booster sa testostérone
Le zinc est indispensable à la production de testostérone et participe au développement des spermatozoïdes. Chez les personnes dénutries, végétariennes/véganes ou atteintes de la maladie de Crohn, une supplémentation en zinc peut contribuer à rétablir un taux de testostérone normal et augmenter la concentration du sperme en spermatozoïdes (1,2,3,4). C’est dans ce cadre que les autorités de santé européennes (EFSA, European Food Safety Authority et la Commission européenne) ont estimé (5) que les compléments alimentaires contenant du zinc peuvent « contribuer à la fertilité et à la reproduction normales » ainsi qu’« au maintien de concentrations normales de testostérone dans le sang », si et seulement si ces produits contiennent au moins 1,5 mg de zinc pour 100 g, 100 ml ou par emballage si le produit ne contient qu’une portion. Mais ils ne peuvent pas prétendre contribuer « aux fonctions et aux performances musculaires. »
Toutefois, lorsque les apports alimentaires en zinc sont suffisants, prendre du zinc est sans effet sur le taux de testostérone. Attention, une supplémentation en zinc peut induire une baisse de l’immunité et une carence en cuivre (6). De plus, mieux vaut éviter de prendre des antibiotiques de la famille des quinolones et des cyclines moins de 2 heures avant ou après la prise de zinc. Idem pour les compléments de fer et les médicaments visant à neutraliser l'acidité de l'estomac (7).
Le magnésium pour booster sa testostérone
Le magnésium est parfois promu pour booster la testostérone, bien que cela n’entre pas dans le cadre de ses allégations autorisées (8). Les preuves de son efficacité dans ce contexte sont assez limitées même si une petite étude suggère qu’il pourrait augmenter la concentration en testostérone chez les personnes qui ont une pratique sportive régulière (9). Le principal effet indésirable d’un excès de magnésium est la diarrhée. Il doit être pris à distance des traitements de l’ostéoporose et des antibiotiques de la famille des quinolones et des cyclines. Il est contre-indiqué chez les personnes qui souffrent d’insuffisance rénale (8).
La vitamine D pour booster sa testostérone
Les données au sujet de la vitamine D sont contradictoires et il est difficile d’en tirer une conclusion même si l’appareil génital masculin possède des récepteurs à la vitamine D. Si une petite étude a pu montrer une augmentation du taux de testostérone chez des hommes en surpoids (10), les preuves manquent. Pour éviter les surdosages, mieux vaut ne pas dépasser 2 000 UI (50 µg) de vitamine D par jour (11).
La DHEA pour booster sa testostérone
Présente naturellement dans l’organisme et diminuant lors du vieillissement, la DHEA (déhydroépiandrostérone) est une hormone qui sert à la synthèse des hormones sexuelles dont la testostérone (en particulier… chez les femmes !) (12). Les compléments de DHEA ont pu montrer une petite efficacité sur le taux de testostérone, sur l’augmentation de la masse musculaire et la fonction érectile, notamment chez des hommes atteints d’hypertension artérielle (13).
Si elle a eu son heure de gloire il y a une vingtaine d’années, il apparaît que les effets indésirables de la DHEA contrebalancent ses bénéfices. Ainsi, en 2001, l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a déconseillé son usage (12).
Le ginseng pour booster sa testostérone
Traditionnellement utilisée pour remédier à la fatigue, la racine de ginseng (Panax ginseng) est proposée pour lutter contre les troubles de l’érection et pour améliorer la libido, quoiqu’elle ne semble pas augmenter la production de testostérone (14). Mais une étude Cochrane (15) publiée en 2021 a montré que la racine de ginseng ne semble pas efficace sur la dysfonction érectile ou sur la satisfaction lors des rapports sexuels. En revanche, elle met en évidence une petite efficacité sur la capacité déclarée à avoir des relations sexuelles, c’est-à-dire une amélioration de la libido.
Si les effets indésirables semblent limités, le ginseng peut néanmoins provoquer, lorsqu’il est consommé à fortes doses, une irritabilité, de la nervosité, des insomnies, des diarrhées ainsi que des palpitations (16). Sans avis médical, il ne doit pas être consommé par les patients souffrant d’hypertension artérielle, de troubles cardiaques ou de diabète. Il doit être manié avec prudence par les personnes qui souffrent d’insomnies, de troubles nerveux ou d’obésité (16).
La rhodiole pour booster sa testostérone
Traditionnellement utilisée pour soulager la fatigue, la rhodiole (Rhodiola rosea) est également proposée pour remédier aux effets du stress (17). Les études montrent que cette plante ne semble pas augmenter ou normaliser les concentrations de testostérone et que ses effets sur les performances sportives sont assez limités (18). Quelques effets indésirables ont été décrits : sécheresse de la bouche et étourdissements, par exemple.
L’ashwaganda pour booster sa testostérone
Aussi appelé « ginseng indien », l’ashwaganda (Withania somnifera) est une plante utilisée dans l’ayurveda (médecine traditionnelle indienne). De petites études suggèrent qu’elle pourrait augmenter le taux de testostérone et la qualité du sperme (19). Parmi ses effets indésirables, on peut citer : des maux d'estomac, des diarrhées et des vomissements. Dans de rares cas, des problèmes hépatiques peuvent survenir, y compris une insuffisance hépatique grave avec nécessité de greffe du foie. En 2024, une expertise de l’Agence nationale de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) a conclu (20) que « compte tenu des suspicions d’effets indésirables sur la thyroïde, le foie, le cœur, le système nerveux central, la fertilité et le développement fœtal, l’Anses recommande aux personnes présentant des pathologies thyroïdiennes, hépatiques, cardiaques, une hyperandrogénie ainsi que les femmes enceintes et les personnes sous traitement sédatif ou ayant une action dépressive sur le système nerveux central, de s’abstenir de consommer des compléments alimentaires contenant Withania somnifera. »
Le tribulus pour booster sa testostérone
Le tribulus (Tribulus terrestris, ou croix de Malte) est une plante proposée contre la douleur, l'inflammation, les problèmes cardiaques et l'hypertension artérielle. Il est également proposé pour améliorer la vitalité et l’humeur. Si des études suggèrent que le tribulus augmente le taux de testostérone chez l’animal, il apparaît que ce n’est pas le cas chez les humains, tout du moins lorsqu’il est utilisé seul (21,22,23). Aucune étude ne permet d’affirmer que cette plante améliore les performances sportives ou sexuelles. En outre, il présente des effets indésirables : crampes d’estomac, nausées, troubles du sommeil, fatigue, palpitations, ainsi que de rares cas de lésions du foie et des reins.
Le tongkat ali pour booster sa testostérone
Plante d’origine malaisienne, le tongkat ali (Eurycoma longofolia) a récemment été popularisé par des influenceurs américains désireux d’augmenter leur masse musculaire. Il est vendu tant aux sportifs qu’aux hommes qui souhaitent améliorer leurs performances sexuelles. S’il est possible qu’il ait un modeste effet sur la masse musculaire, les preuves concernant sa capacité à augmenter le taux de testostérone restent très limitées (24). En outre, le tongkat ali peut avoir des effets indésirables importants. En 2021, l’EFSA (25) a alerté sur le fait qu’elle puisse provoquer des dommages à l’ADN (aux gènes). En outre, les compléments alimentaires qui en contiennent sont souvent trop riches en mercure (26). À éviter.
Le fenugrec pour booster sa testostérone
Le fenugrec (Trigonella fœnum-græcum) est fréquemment recommandé pour stimuler la libido et pour améliorer la vie sexuelle (27). Les études menées sur le sujet sont contradictoires et ne permettent pas de conclure à un effet notamment en termes d’augmentation de testostérone (28,29). En outre, il pourrait avoir des effets toxiques sur le sperme et il a été observé une réduction de la taille des testicules sur les modèles animaux (28).
Le maca pour booster sa testostérone
Le maca (Lepidium meyenii) est un légume-racine proposé pour traiter l’infertilité masculine et pour augmenter le désir sexuel (30). De petites études mettent en évidence une augmentation du taux de testostérone chez le rat. D’autres ont pu montrer, chez l’homme, une augmentation du désir sexuel et de la production de spermatozoïdes (31). Toutefois, ces données sont limitées et contradictoires avec d’autres travaux.
Attention, en 2008, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) alertait (32) sur de possibles effets indésirables du fait de la présence d’alcaloïdes toxiques dans le maca, notamment pour les personnes souffrant d’hypertension et de troubles métaboliques. Si la vente de produits contenant du maca n’est pas interdite en France, il semble plus prudent d’éviter d’en consommer.
Le muira puama pour booster sa testostérone
Aussi connu sous le nom de « bois bandé », le muira puama (Ptychopetalum olacoides) est un arbre originaire du Brésil traditionnellement utilisé comme aphrodisiaque. De petites études montrent une amélioration de la fonction érectile. Ces résultats sont très limités et semblent apparaître uniquement lorsque les compléments à base de muira puama contiennent également d’autres substances actives (33). Il est donc difficile de conclure à un effet spécifique de cet arbre dont les effets indésirables sont par ailleurs mal connus, même si des maux de tête, des insomnies et des brûlures d’estomac ont été décrits.
En conclusion, il existe de très nombreux compléments alimentaires qui prétendent remédier aux troubles sexuels et améliorer les performances sportives en augmentant le taux de testostérone (34). Mais leur efficacité est souvent très limitée et contrebalancée par de nombreux effets indésirables, interactions et contre-indications. On leur préfèrera une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Enfin, si les troubles de la fonction sexuelle persistent, il est préférable de consulter un médecin. Des problèmes d’érection peuvent en effet être le symptôme d’un problème de santé qu’il conviendra de prendre en charge.