Qu’est-ce que le régime paléo ?

02/09/2025 6 mins de lecture

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Le régime paléolithique (ou « paléo ») est un régime alimentaire qui repose sur le principe que notre corps serait davantage adapté à ce que mangeaient nos ancêtres il y a plus de 10 000 ans qu’à notre alimentation moderne, si tant est que nous puissions vraiment imiter ce qu’ils mangeaient. Sur cette base relativement imprécise, certaines personnes recommandent de s’inspirer de ces habitudes alimentaires pour contrôler son poids et prévenir les maladies cardiovasculaires. Que penser de ces promesses ?

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Quels sont les principes du régime paléo ?

Selon les partisans du régime paléo, nous devrions nous nourrir uniquement :

  • de viandes et d’abats issues d’animaux nourris avec de l’herbe et du fourrage (les aliments pour bétail ou les céréales agricoles n’existaient pas encore il y a 10 000 ans !) ;
  • de poissons et de fruits de mer ;
  • de racines ;
  • de noix et de noisettes (les seuls fruits secs comestibles disponibles à cette époque-là) ;
  • de baies diverses ;
  • de salades sauvages ;
  • occasionnellement, de miel ;
  • éventuellement, d’œufs d’oiseaux nourris à l’herbe (mais les œufs n’étaient disponibles qu’au printemps).

Les céréales sous toutes leurs formes, les légumineuses (haricots secs, lentilles, etc.), les pommes de terre, les légumes et les fruits tels que nous les connaissons, les huiles, le sucre, les produits laitiers ou le café doivent être évités, car ils n’existaient pas au paléolithique. Les aliments sont consommés cuits ou crus. Ce régime est naturellement sans gluten et sans lactose.

Imiter le régime paléolithique, une entreprise difficile

Difficile de parvenir à respecter les principes du régime paléo lorsqu’on sait que :

  • la plupart des animaux que nous mangeons ont été sélectionnés relativement récemment et nourris pour la plupart avec des céréales ou des sous-produits de la production d’huiles végétales. Par exemple, les viandes d’aujourd’hui sont bien plus grasses et bien plus riches en acides oméga-6 que le gibier sauvage, maigre et plus riche en acides gras oméga-3. À moins de ne manger que du gibier, difficile de reproduire ce que mangeaient nos ancêtres chasseurs ;
  • les légumes et les fruits disponibles de nos jours n’existaient pas il y a 10 000 ans : la plupart sont d’obtention relativement récente et de provenance lointaine (Asie pour les pommes, les poires, les prunes, les agrumes, etc. ; Amérique pour les tomates, les pommes de terre, les poivrons, les aubergines, etc.). Idem pour les amandes (qui étaient toxiques il y a 10 000 ans) ou les fruits secs autres que les noix et noisettes (beaucoup, comme les arachides ou les noix de cajou, sont issus de pays lointains) ;
  • nous avons perdu l’habitude de manger les abats (y compris le contenu des panses des ruminants qui apportaient des glucides et des vitamines à nos ancêtres).

Dans ces conditions, difficile d’imiter ce que mangeaient nos ancêtres. D’autant plus que, durant les 2,5 millions d’années du paléolithique, il a dû exister de très nombreuses habitudes alimentaires selon les ressources locales, les pratiques culturelles, les exigences du climat, la domestication du feu, etc.
Par ailleurs, les promoteurs du régime paléo oublient  que :

  • au paléolithique, l’espérance de vie était de 30 ans (donc avec un faible risque de maladie cardiovasculaire ou de cancer) ;
  • nos ancêtres étaient des nomades et des chasseurs-cueilleurs, obligés d’effectuer une dépense physique quotidienne importante ;
  • si nos aliments ont énormément évolué en 10 000 ans, notre physiologie aussi : par exemple, nous sommes devenus, adultes, capables de digérer de plus ou moins grandes quantités de lactose, une chose impossible au paléolithique.

Quels sont les bénéfices du régime paléo ?

À défaut de fidélité absolue à l’alimentation du paléolithique, les études cliniques sur ce régime ont adopté le principe de l’absence de céréales, d’huiles, de produits laitiers, de sucre ou de pommes de terre, et celui d’une grande quantité d’aliments d’origine animale, de noix, de végétaux verts, etc.
Globalement, ces études ont montré que, sur le court terme, un tel régime s’accompagne d’une réduction du poids et des facteurs de risque des maladies cardiovasculaires (hypertension artérielle, tour de taille, insensibilité au glucose, insulinémie élevée, pourcentage d’hémoglobine glyquée élevé, etc.). L’effet de ce régime sur les taux de cholestérol sanguin n’est pas consensuel : dans certaines études, les taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol) ont augmenté, mais diminué dans d’autres. En revanche, le taux de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol qui protège les artères) a diminué dans quasiment toutes les études, ce qui est inquiétant. Pour l’instant, on ne sait pas si cette réduction des facteurs de risque se traduit véritablement en une diminution du nombre de maladies cardiovasculaires.
Aucun effet positif du régime paléo n’a été montré vis-à-vis des maladies chroniques de l’intestin. Enfin, à ce jour aucune étude ne permet de confirmer que le régime améliore la performance des athlètes.

Quels sont les dangers du régime paléo ?

Les personnes qui adoptent un régime paléo de manière durable s’exposent à un risque de carence en calcium. Si l’apport de calcium peut être enrichi avec certains fruits secs, il reste limité car les principales sources végétales de calcium (céréales et légumineuses, fruits, graines, légumes, etc.) sont écartées du régime paléo. Dans les études sur ce régime, l’apport de calcium était inférieur à 50 % des besoins quotidiens.
De plus, la consommation de grandes quantités de viandes peut être dangereuse pour le fonctionnement des reins, augmenter le taux de cholestérol LDL et favoriser le cancer colorectal. Attention, choisir de ne consommer que de la viande maigre (pour diminuer le risque de cholestérol élevé) n’est pas une bonne idée : la digestion des protéines exige de l’énergie et nos ancêtres consommaient des abats gras (foie, graisse, moelle osseuse et cervelle) pour avoir un apport calorique suffisant. En quasi-absence de glucides (céréales, légumineuses, pommes de terre), les matières grasses sont la source principale d’énergie, indispensable pour digérer les protéines.

Les autres inconvénients du régime paléo

Au-delà des risques pour la santé (surtout en cas d’adoption prolongée), le régime paléo présente d’autres inconvénients :

  • la viande est un produit cher et qui exerce un impact non négligeable sur les ressources de la planète et le réchauffement climatique ;
  • comme tous les régimes, le régime paléo demande du temps, de l’énergie et une bonne connaissance des principes de la nutrition pour parvenir à avoir une alimentation équilibrée en dépit des contraintes. De plus, il expose au risque d’isolement social (il n’est pas facile d’aller manger à l’extérieur lorsqu’on opte pour le régime paléo) ;
  • la perte de poids observée ne dure pas lorsqu’on reprend une alimentation normale, avec le risque d’un effet yoyo (un poids final supérieur au poids d’avant le régime).

En conclusion, le régime paléo, s’il semble efficace à court terme sur la perte de poids, présente les mêmes inconvénients que tous les régimes alimentaires restrictifs : risque important de déséquilibre nutritionnel, effet limité exposant au risque de reprise de poids rapide et importante, coût financier et social important, et absence d’amélioration durable des habitudes alimentaires. Dans notre monde moderne, manger comme un homme ou une femme des cavernes n’est ni idéal, ni facile à faire, ni…nécessaire !

Mise à jour le 02 septembre 2025 : la phrase concernant le régime paléo chez les sportifs a été modifiée afin de corriger une imprécision et garantir l’exactitude des informations. Il est précisé que à ce jour, aucune étude ne permet de confirmer que ce régime améliore les performances des athlètes.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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