VIH/sida : 7 idées reçues qui ont la vie dure

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Service Public d'Information en Santé

16/01/2025 5 mins de lecture

Pour faire le point sur l’évolution de l’épidémie en France, ainsi que sur le VIH lui-même, voici pour cela nos réponses à quelques idées reçues qu’il est important de déconstruire pour comprendre la maladie et sa transmission.

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Idée reçue n°1 : « Aujourd’hui le VIH ne circule pratiquement plus en France »

D’après Santé publique France, près de 3 600 personnes ont été contaminées par le VIH en France en 2023. La même année, ce sont environ 5 500 personnes qui ont découvert qu’elles étaient séropositives, c’est-à-dire porteuses du virus. Au total, en 2022, on estime que 180 000 personnes vivaient en France avec le VIH, dont 25 000 qui l’ignoraient.

L’épidémie est donc loin d’être derrière nous, d’autant que le nombre de contaminations ne semble plus baisser ces dernières années… hormis en 2020, où elles avaient nettement diminué en raison de la pandémie de coronavirus, de la limitation des contacts et de la diminution des dépistages.

Idée reçue n°2 : « VIH et sida, c’est la même chose »

Même si les deux sont liés, VIH et sida sont des choses différentes. Le virus de l’immunodéficience humain (VIH) est, comme son nom l’indique, un virus. Il se transmet via le sang, les sécrétions sexuelles, et - si la mère n’est pas traitée et suivie - par le lait maternel et pendant la grossesse. C’est ce virus qui, en se multipliant, va progressivement détruire les défenses immunitaires de la personne infectée.

Toutefois ce n’est qu’après plusieurs années sans traitement que l’on parle de « sida », ou « syndrome d’immunodéficience acquise ». La personne devient alors vulnérable à de plus en plus de maladies et, si rien n’est fait, elle finit par mourir. Heureusement, une personne dépistée à temps peut aujourd’hui bénéficier d’un traitement qui bloque l’évolution de la maladie : être contaminé par le VIH n’est alors plus synonyme de sida, encore moins d’une condamnation à mort. D’où l’importance de se faire dépister.

Idée reçue n°3 : « Aujourd’hui, il existe un médicament qui guérit le sida »

Malheureusement, aucun traitement ne permet à ce jour de guérir définitivement du VIH/sida. Toutefois, grâce aux progrès de la recherche, il est possible de bloquer la progression de l’infection au VIH avant le stade sida : une personne dépistée suffisamment tôt peut aujourd’hui mieux vivre. Son espérance de vie est égale à celle de la population générale, et il n’y a plus d’effets indésirables majeurs. Les personnes vivants avec le VIH ne sont pas considérés « malades », seulement infectés.

Reste que l’infection au VIH n’est pas anodine et requiert un suivi médical tout au long de la vie.

Idée reçue n°4 : « Même traitée, une personne VIH+ reste contaminante »

Aujourd’hui, les traitements contre le VIH permettent de rendre le virus indétectable dans l’organisme. Cela signifie que lorsqu’on réalise un test, on ne trouve plus de virus dans le sang de la personne concernée, ou alors en quantité extrêmement faible. Cela veut également dire que cette personne ne peut plus transmettre le virus, même lors d’un rapport non-protégé. Pour résumer, on utilise parfois la formule « i = i », soit « indétectable = intransmissible ».

Pour autant, le virus n’est pas totalement éliminé de l’organisme. Il reste présent dans des « réservoirs » et, si le traitement est interrompu, il peut se développer à nouveau. Il redevient alors progressivement contaminant. D’où l’importance de continuer à prendre son traitement.

Idée reçue n°5 : « Le virus peut se transmettre par la salive / les moustiques / le siège des toilettes… »

Pour comprendre la transmission du VIH, il faut d’abord savoir que seuls 5 de nos fluides corporels peuvent contenir suffisamment de virus pour permettre une infection : le sang (y compris celui des règles), le sperme, le liquide pré-séminal, les sécrétions vaginales, le lait maternel.

A partir de là, pour que le virus puisse entrer dans notre organisme, il faut que ces liquides contaminés soient en contact avec une muqueuse à travers laquelle il peut passer. A savoir : cela concerne la muqueuse rectale (anus et rectum), les muqueuses vaginale et buccale, ou le gland. Cela permet de dresser une liste restreinte des pratiques à risque.

La salive ne faisant pas partie des liquides contaminants, il est impossible d’être infecté par le VIH en embrassant quelqu’un ou en partageant une boisson. Le virus ne se transmet pas non plus par le siège des toilettes sur lequel on ne fait que poser ses fesses (la peau bloque le passage du virus, et la sueur n’est pas contaminante), ni par l’intermédiaire des moustiques qui ne peuvent pas servir d’hôtes au VIH.

Idée reçue n°6 : « Le préservatif est le seul moyen de se protéger »

S’il reste le principal moyen de se protéger contre le VIH, le préservatif n’est aujourd’hui plus le seul outil pour cela. Il existe en particulier un médicament baptisé PrEP, ou prophylaxie pré-exposition, qui permet d’avoir des rapports sans préservatif. La prise se fait de façon préventive, soit tous les jours en continu à la même heure, soit 2 à 24 heures avant le rapport non-protégé de manière discontinue. Ce traitement s’obtient sur prescription médicale auprès de tout médecin ou en CeGIDD (Centre gratuit d'Information, de Dépistage et de Diagnostic des infections par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles (IST)).

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Idée reçue n°7 : « Faire un test de dépistage, c’est compliqué et ça coûte de l’argent »

En France, le test de dépistage du VIH, c’est facile et gratuit ! Vous pouvez le réaliser gratuitement dans un centre spécialisé (CeGIDD) ou sans avance de frais dans un laboratoire d’analyses médicales (depuis 2022, plus besoin d’ordonnance). Mais aussi dans certains locaux associatifs ou dispositifs mobiles, ou encore chez vous grâce à un autotest que l’on peut acheter en pharmacie.

Pour en savoir plus, parlez-en à votre médecin, ou appelez gratuitement Sida Info Service au 0 800 840 800 (confidentiel et anonyme). C’est aussi l’occasion de faire le point sur vos pratiques, de poser vos questions, et de vous faire dépister pour d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

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Auteur : Service Public d'Information en Santé