Don d'organes : quand et comment se font les prélèvements sur les personnes décédées, en France ?
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Publié le 10/02/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Si le don d’organes sauve des milliers de vies chaque année, il est parfois associé à des rumeurs ou des fausses informations qui peuvent inquiéter. Ces derniers mois, un fait divers américain largement médiatisé a ravivé les interrogations sur le déroulement de la procédure. L’occasion de rappeler que le don d’organes et la greffe sont strictement encadrés par la loi en France, et qu’ils se déroulent selon un protocole médical ultra sécurisé, tout en respectant le défunt et sa volonté.
Quand des organes peuvent-ils être prélevés sur un défunt ?
Le don d’organes ne concerne qu’une très faible part des personnes qui décèdent à l’hôpital chaque année. Le plus souvent, il s’agit de patients en état de mort cérébrale, c’est-à-dire dont le cerveau a été détruit de façon totale et irréversible. Ce peut être consécutif, par exemple, à un accident vasculaire cérébral ou à un traumatisme crânien.
Dans ce cas particulier, le cœur peut continuer à battre grâce à des techniques médicales de réanimation, comme la respiration artificielle et l’administration de médicaments. Cela permet au sang de continuer à circuler jusqu’aux organes de de la personne décédée, pour leur apporter l’oxygène nécessaire afin qu’ils restent fonctionnels, le temps de les prélever.
Comment s’assure-t-on de la mort cérébrale du donneur ?
Il existe en France un protocole strict, encadré par la loi, pour certifier la mort cérébrale d’un patient et signer son avis de décès. Cette procédure doit être menée par deux médecins différents ne faisant pas partie des équipes de transplantation. Eux seuls peuvent certifier la mort du patient, si tous les examens concordent et qu’ils en ont séparément la même lecture.
Pour commencer, les médecins doivent impérativement connaitre avec certitude les causes de la mort (chute, accident, AVC…). Ils recherchent ensuite les facteurs dits « confondants », qui pourraient faire passer un patient inconscient pour une personne en état de mort cérébrale, comme l’hypothermie sévère (accident de montagne par exemple), la prise de médicaments, l’utilisation de produits stupéfiants, etc… Des examens biologiques sont réalisés pour cela.
Quels sont les examens pratiqués ensuite ?
Les deux médecins procèdent ensuite chacun à un examen clinique. Ils valident l’absence de conscience et d’activité motrice. Ils vérifient que tous les réflexes du tronc cérébral (réaction à la lumière, à la douleur, etc.) ont disparu, et ils s’assurent que le patient n’est plus capable de respirer seul, sans l’aide d’une machine .
Enfin, la loi française oblige à les médecins à réaliser 2 électro-encéphalogrammes de 30 minutes, à au moins 4 heures d’intervalle (l’absence d’activité cérébrale doit alors être certifiée par un neurologue), ou à effectuer un angioscanner cérébral, pour vérifier l’absence de circulation sanguine dans le cerveau.
Ce n’est que si l’ensemble de ces examens sont concordants que l’avis de décès pourra être signé par les deux médecins séparément, et ensuite seulement qu’un don d’organes pourra être envisagé.
Et la volonté du défunt dans tout ça ?
En France, nous sommes toutes et tous présumés donneurs d’organes et de tissus, sauf si nous avons exprimé un refus de notre vivant . Pour savoir si le patient décédé était opposé au don de ses organes, l’équipe hospitalière commence donc toujours par consulter le Registre national des refus.
Si ce n’est pas le cas, l’équipe s’entretient avec les proches du défunt, pour rechercher son éventuelle opposition au don. Celle-ci peut en effet avoir été formulée par écrit, ou à l’oral – auquel cas les proches devront en préciser les circonstances et signer une retranscription par écrit. Les organes ne seront alors pas prélevés.
Si aucune opposition au don n’est retrouvée – ou, mieux, si le défunt avait clairement exprimé sa volonté de donner auprès de ses proches – alors les équipes médicales peuvent, avec l’appui opérationnel de l’Agence de la biomédecine , entamer la procédure de transplantation : évaluation de la qualité des organes, identification des receveurs, acheminement des greffons, etc. Pour le donneur, les actes chirurgicaux se font exactement dans les mêmes conditions et avec le même soin que pour une personne en vie. Le corps du défunt est ensuite restauré, avant d’être rendu à la famille pour les obsèques. Le don d’organes est compatible avec tous les rites funéraires.
Le don d’organes, c’est si important que ça ?
Oui, c’est même essentiel pour les près de 22 000 personnes qui attendent une greffe en France. Chaque jour, ce sont 2 à 3 personnes qui décèdent dans notre pays, faute d’organes disponibles. A l’inverse, on estime qu’un donneur peut sauver jusqu’à 7 patients en attente de greffe, car 7 organes vitaux peuvent être transplantés. C’est un geste altruiste et solidaire, dont il faut absolument parler à ses proches : un mot suffit pour sauver des vies !
Pour en savoir plus, rendez-vous sur dondorganes.fr
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
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