Drepanocytose

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

La drépanocytose (parfois appelée « anémie falciforme ») est une maladie génétique qui touche l’hémoglobine, la protéine contenue dans les globules rouges qui sert à transporter l’oxygène à travers le corps. La drépanocytose est une maladie chronique.

Qui est touché par la drépanocytose ?

La drépanocytose touche essentiellement les personnes qui ont des origines africaines, antillaises, maghrébines, moyen-orientales ou indiennes. Selon l’Organisation mondiale de la santé, il y aurait environ 5 millions de personnes atteintes de drépanocytose dans le monde. En moyenne, en France, il naît chaque année environ 450 enfants atteints de drépanocytose, dont environ 80 % en France métropolitaine et 50 % en région parisienne. Le nombre total de personnes souffrant de drépanocytose en France est mal connu. On estime que ce nombre se situe entre 7 et 8 000 personnes.

Quelles sont les causes de la drépanocytose ?

La drépanocytose est due à la mutation d’un gène impliqué dans la synthèse de l’hémoglobine, la protéine des globules rouges chargée de transporter l’oxygène dans le corps. En raison de cette mutation, l'hémoglobine des personnes atteintes de drépanocytose a tendance à devenir moins soluble lorsque la concentration d'oxygène dans le sang diminue (hypoxie), lorsque la personne est déshydratée ou lorsqu’elle souffre de fièvre.

Peut-on prévenir la drépanocytose ?

Lorsque le risque génétique de transmission est important, un diagnostic prénatal peut être proposé. En présence d’un fœtus atteint de drépanocytose, les parents peuvent alors décider d’interrompre la grossesse. Il est également possible de réaliser un diagnostic préimplantatoire (DPI) sur des embryons obtenus par fécondation in vitro, mais ce procédé est lourd et très encadré juridiquement.

Quels sont les symptômes de la drépanocytose ?

La drépanocytose se manifeste par des signes variés : anémie aiguë ou chronique, plus grande sensibilité aux infections, crises douloureuses (« crises vaso-occlusives ») causées par une mauvaise circulation sanguine (en particulier dans les os), etc. Les manifestations de la drépanocytose sont très variables d’une personne à l’autre. En outre, des complications graves peuvent survenir, dont le diagnostic précoce nécessite un suivi médical rapproché tout au long de la vie.

Lorsqu’elles se répètent, les crises vaso-occlusives vont endommager les organes où elles se produisent : le manque d’oxygène dû à la crise entraîne la mort de cellules par asphyxie. Avec la répétition de ces crises, de petites zones de tissu mort (cicatricié) se forment et l’organe touché finit par être moins efficace. Selon l’organe affecté, les symptômes de ces complications chroniques varient : arthrose, fragilité des os, insuffisance rénale, hypertension artérielle pulmonaire, ulcères des jambes, calculs de la vésicule biliaire, mauvais fonctionnement du foie, etc.

Les enfants souffrant de drépanocytose peuvent également présenter un léger retard de croissance.

Comment prévenir les complications de la drépanocytose ?

La prévention des complications de la drépanocytose repose sur un suivi médical régulier (au moins une fois par an chez les adultes, tous les 2 à 3 mois chez les enfants) au cours duquel le médecin effectue une batterie d’examens (prise de sang, échographies, radiographies, bilan ophtalmologique, examen des dents et des gencives, etc.).

De plus, les patients adultes et les parents d’enfants atteints sont formés pour savoir réagir en cas de signes pouvant suggérer une complication :

  • douleur rebelle aux traitements classiques (paracétamol, par exemple) ;
  • fièvre supérieure à 38,5°C ;
  • signes d’anémie aiguë (pâleur, fatigue, essoufflement) ;
  • augmentation soudaine du volume du ventre ou de la rate ;
  • érection qui persiste ;
  • gêne respiratoire soudaine ;
  • vomissements répétés ;
  • maux de tête soudains et violents ;
  • difficultés à parler, troubles de la vision ou d’un autre sens ;
  • troubles soudains de l’équilibre ;
  • anomalie neurologique d’apparition soudaine ;
  • tout symptôme soudain et inhabituel.

De plus, pour prévenir la survenue de crises vaso-occlusives, il est essentiel de maintenir une bonne hydratation du corps (au moins 1,5 l d’eau par jour pour un adulte, entre 1 et 2 l par jour pour un enfant). Des mesures d’hygiène de vie sont également indispensables pour prévenir les complications.

Comment soigne-t-on la drépanocytose ?

La prise en charge médicale de la drépanocytose consiste à surveiller l’anémie, prévenir les crises vaso-occlusives et les infections, et détecter rapidement les complications pour les traiter au plus vite. Cette prise en charge médicale s’est considérablement améliorée depuis que la majorité des diagnostics se font à la naissance. Néanmoins, la drépanocytose est directement responsable d’une cinquantaine de décès chaque année en France.

Chez certains patients adultes atteints de drépanocytose, les crises vaso-occlusives sont si fréquentes et si sévères qu’il devient nécessaire de mettre en place un traitement de fond visant à les prévenir. Ce traitement de fond repose sur les transfusions et/ou les échanges transfusionnels, mais également sur la prescription d’un médicament qui agit en stimulant la production, par la moelle osseuse, d’une hémoglobine particulière au fœtus (l’hémoglobine F) qui disparaît après la naissance. Ce médicament est réservé aux personnes hospitalisées plus de 3 fois par an à cause d’une crise vaso-occlusive (ou de ses complications), ou celles qui ont présenté un syndrome thoracique aigu grave ou récidivant plusieurs fois en 12 mois.

La thérapie génique, source d’espoir pour les patients

Dans le contexte de la drépanocytose, la thérapie génique consisterait à insérer, dans les cellules de la moelle osseuse d’un patient, le gène codant pour l’hémoglobine normale et que ce gène devienne fonctionnel de manière durable.

Après des essais prometteurs sur des animaux, ce type de thérapie génique a été appliqué à 22 patients souffrant d’une maladie de l’hémoglobine proche de la drépanocytose, la bêta-thalassémie. En 2018, les résultats de cette étude ont été publiés. Deux ans après le traitement, sur les 22 patients traités, 15 n’avaient plus besoin de recevoir de transfusions sanguines mensuelles (le traitement classique de la bêta-thalassémie) et 6 avaient réduit leurs besoins annuels en termes de transfusion de 73 % en moyenne. Ces résultats, certes préliminaires, semblent prometteurs. Des études similaires sont en cours sur des patients atteints de drépanocytose.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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