En hiver et face aux intempéries, attention au monoxyde de carbone
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Publié le 17/01/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Il ne se voit pas, n’a pas d’odeur, n’est pas irritant… et pourtant il provoque chaque année en France près de 3 000 intoxications. Lui, c’est le monoxyde de carbone : un « tueur silencieux » qui sévit principalement en hiver et lors des intempéries, à cause d’une combustion incomplète au sein des appareils de chauffage, cuisinières ou encore groupes électrogènes. Voici ce qu’il faut savoir pour ne pas vous mettre en danger.
A l’origine du monoxyde de carbone, les appareils « thermiques »
Les appareils « thermiques », c’est-à-dire non-électriques, fonctionnent grâce à de la chaleur. Pour produire celle-ci, on fait brûler un combustible : gaz naturel, butane, propane, bois, charbon, essence, fuel, pétrole etc. Mais parfois cette combustion n’est pas complète, et produit ce gaz dangereux qu’est le monoxyde de carbone.
Cela arrive lorsque les appareils sont défectueux, ou qu’ils sont mal utilisés comme par exemple les chaudières, les cuisinières et chauffe-eaux, les chauffages d’appoint non-électriques, les poêles ou les cheminées, les braseros et barbecues, les groupes électrogènes, les motopompes ou les moteurs thermiques (voitures, motos…).
Le froid et les catastrophes climatiques sont des facteurs de risque
Par conséquent, certains moments de l’année et certaines situations sont plus à risque que d’autres. C’est le cas en particulier des saisons froides où, lorsque la température baisse, on rallume les appareils de chauffage. Ceux-ci n’ont pas forcément été bien entretenus et, s’il s’agit d’appareils thermiques, leur mauvaise utilisation peut occasionner des intoxications.
L’utilisation prolongée d’un chauffage d’appoint (non-électrique), voire le recours à un brasero, ou un appareil de cuisson pour se chauffer sont à risque d’intoxication.… tout cela particulièrement est risqué, d’autant plus si la situation dure trop longtemps et/ou que la pièce est mal ventilée ou trop peu aérée, comme souvent en hiver.
Les catastrophes naturelles telles que les tempêtes ou inondations sont aussi un facteur de risque. De plus en plus fréquentes et intenses avec le réchauffement climatique, elles nécessitent souvent l’utilisation de groupes électrogènes pour rétablir le courant, voire de motopompes pour évacuer l’eau des habitations. Or ces appareils dégagent du monoxyde de carbone : ils ne doivent jamais être placés en intérieur, ni dans une véranda, un garage ou une cave.
Maux de tête, fatigue et nausées, des signes qui doivent vous alerter
Il n’est pas toujours simple de détecter une intoxication au monoxyde de carbone, car les premiers symptômes sont peu spécifiques. Il s’agit le plus souvent de maux de tête, de fatigue et de nausées (envie de vomir).
L’intoxication peut aussi provoquer vertiges, sensations de faiblesse, malaises, troubles de la vision ou du comportement, difficultés de concentration… Les animaux de compagnies peuvent aussi être affectés : une anomalie de comportement chez eux doit alerter.
Concrètement, lorsque vous respirez du monoxyde de carbone, celui-ci passe dans votre sang et vient se fixer sur les globules rouges… à la place de l’oxygène. Il agit donc comme un gaz asphyxiant. En cas de forte concentration dans une pièce, le coma survient en quelques minutes.
Si elles ne sont pas repérées à temps, ces intoxications peuvent laisser des séquelles à vie. Voire aboutir au pire : sur les près de 3 000 personnes concernées chaque année en France, on enregistre en moyenne une centaine de décès.
Entretenir, vérifier, aérer : nos conseils pratiques pour réduire les risques
En cas de suspicion d’intoxication, la première chose à faire est d’ouvrir les portes et les fenêtres pour aérer, d’arrêter les appareils de chauffage et de cuisson, puis de sortir du logement pour appeler les secours (le 15, le 18, le 112, ou le 114 pour les personnes malentendantes).
Mais le mieux reste d’agir en prévention. Pour cela, le plus simple est si possible de :
- Faire vérifier chaque année avant l’hiver vos appareils de chauffage par un professionnel. Demandez-lui une attestation d’entretien, ou une attestation de conformité avant sa mise en service.
- Vérifiez également la bonne utilisation de vos appareils : ne mettez que du bois (sans vernis ni peinture) dans votre poêle à bois, ne laissez pas le moteur de votre voiture thermique allumé dans le garage, ou encore n’utilisez pas un chauffage d’appoint plus de 2 heures de suite, a fortiori s’il est dans une pièce sans aération.
- Ne faites pas fonctionner un groupe électrogène à l’intérieur ou devant les bouches d’aération de votre logement,
- N’utilisez jamais un brasero ou barbecue à l’intérieur.
- D’une façon générale, veillez à ce que les aérations de votre logement soient fonctionnelles et permettent à l’air de circuler. Prenez également l’habitude d’ouvrir les fenêtres 10 minutes par jour pour aérer, même l’hiver : en plus de vous éviter une intoxication, c’est bon pour la qualité de l’air intérieur… et donc pour votre santé !
Pour aller plus loin :
- Les intoxications au monoxyde de carbone (ministère de la Santé)
- Les intoxications au monoxyde de carbone peuvent concerner chacun de nous et avoir des conséquences dramatiques - Ministère de la santé et de l'accès aux soins
- Guide pratique : comprendre les dangers du monoxyde de carbone (Santé Publique France)
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.