Endoscopie, Fibroscopie et Coloscopie
Article
Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Qu'appelle-t-on endoscopies digestives ?
Les endoscopies digestives sont des examens d’imagerie médicale destinés à visualiser et à explorer la paroi interne du tube digestif (la « muqueuse ») par le biais d’un câble souple introduit par la bouche ou l’anus, et équipé d’un système d’éclairage et d’une caméra vidéo miniaturisée.
Destinées au diagnostic ou à des interventions chirurgicales mineures, les endoscopies digestives nécessitent fréquemment une anesthésie générale légère et une hospitalisation d’une journée. L’endoscopie digestive basse (« coloscopie ») demande une préparation rigoureuse au cours des deux journées précédant l’examen.
L'anesthésie lors d'une endoscopie digestive
En règle générale, la moitié des endoscopies digestives hautes est pratiquée sous anesthésie générale légère. Parfois, une anesthésie générale plus profonde est nécessaire, en particulier quand une petite intervention chirurgicale est prévue. Dans l’autre moitié des cas, une anesthésie locale est préférée. Dans plus de 95 % des cas, la coloscopie nécessite une anesthésie générale (l’examen du rectum peut éventuellement se faire sans anesthésie générale).
L'endoscopie digestive haute en pratique
Lorsqu’elle se fait sous anesthésie générale, l’endoscopie digestive haute exige un séjour de quelques heures à l’hôpital ou en clinique (chirurgie ambulatoire). Une endoscopie digestive haute nécessite d’être à jeun de la veille au soir (au moins six heures avant l’examen) : ni nourriture, ni boisson, ni tabac.
Le gastro-entérologue introduit l’endoscope par la bouche (plus rarement par le nez). Via le câble souple, il envoie de l’air ou du dioxyde de carbone (gaz carbonique) pour écarter les parois de l’estomac afin de les observer. Il introduit progressivement le câble jusqu’à l’endroit le plus bas qu’il souhaite examiner (estomac ou intestin grêle). Ensuite, il retire progressivement et lentement l’endoscope et, grâce à la caméra, il examine l’intérieur de l’intestin grêle (le cas échéant), de l’estomac puis de l’œsophage. Si nécessaire, il effectue des prélèvements et des soins.
L'endoscopie digestive basse ou coloscopie en pratique
La coloscopie s’effectue sous anesthésie générale. Une fois le patient endormi et placé sur le côté gauche ou sur le dos, le médecin gastro-entérologue introduit le coloscope dans le rectum par l’anus. Ensuite, le médecin le fait remonter le long du rectum puis du côlon, jusqu’au point où l’intestin grêle (le « petit intestin ») s’abouche au côlon (là où se trouve l’appendice). Il visualise la progression sur un écran vidéo et peut s’aider en injectant un peu d’air ou de gaz carbonique. Cette étape prend dix minutes en moyenne.
Une fois le coloscope parvenu à destination, l’examen visuel du côlon peut commencer. Il se déroule donc en retirant progressivement et lentement le coloscope. À ce stade, le médecin insuffle une plus grande quantité d’air pour déplisser le côlon et voir ainsi ses parois. C’est cet air qui provoque les sensations de ballonnement ressenties après une coloscopie. L’usage de dioxyde de carbone (gaz carbonique) plutôt que d’air réduit les ballonnements après l’examen.
En l’absence de lésions de la paroi intestinale, l’examen complet du côlon et du rectum prend entre 20 et 30 minutes. Ainsi, une coloscopie complète dure entre 30 et 40 minutes environ.
Quels sont les risques de la coloscopie ?
La coloscopie est un geste technique sûr. Chaque année, en France, plus d’un million de coloscopies sont réalisées.
Néanmoins, dans 2 % des cas, une hospitalisation pour complication est nécessaire. Ces complications concernent plutôt les personnes âgées de plus de 60 ans, celles qui souffrent d’une maladie cardiaque ou respiratoire, celles qui prennent des médicaments anticoagulants ou anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène, par exemple), ou celles chez lesquelles un polype volumineux (plus de 2 cm de diamètre) est enlevé.
Hors complications, les personnes qui ont subi une coloscopie peuvent, dans les heures qui suivent l’examen, ressentir des maux de ventre (dans 5 % des cas), des saignements digestifs (dans 2 % des cas), de la fatigue, etc.
La préparation de la coloscopie
Parce que la coloscopie est un examen visuel de la paroi interne du côlon (gros intestin) et du rectum, elle nécessite que l’intestin soit vidé de son contenu et que cette paroi soit propre. Pour « laver » son côlon et son rectum, il est nécessaire de suivre un régime particulier dit « sans résidus » pendant un jour ou deux, et d’ingérer un produit destiné à éliminer les matières fécales (la « préparation colique »).
Le régime alimentaire dit « sans résidus » est destiné à diminuer, voire éliminer, les fibres de l’alimentation, en particulier les fibres d’origine végétale : fruits, légumes, y compris les peaux, graines et pépins. Ce régime appliqué 24 à 48 h avant la coloscopie réduit le volume des selles et ralentit le transit intestinal. Sa nature exacte et sa durée seront précisées par le médecin lors de la consultation pré-coloscopie.
Plusieurs produits existent pour « laver » le côlon avant une coloscopie. Ils sont regroupés dans deux familles selon leurs ingrédients :
- les préparations coliques à base de PEG (polyéthylène glycol ou macrogol) ;
- les préparations coliques à base de laxatifs osmotiques ou stimulants.
Dans les deux cas, associées à la prise de grandes quantités d’eau, elles sont destinées à provoquer des diarrhées non douloureuses qui vont vider le côlon de ses résidus.
Comment rendre la préparation colique moins pénible ?
Les patients qui font régulièrement des coloscopies ont développé quelques astuces qui pourront vous être utiles :
- mélanger les produits de préparation avec de l’eau fraîche, mais pas glacée, pour diminuer la perception du goût, et les garder au réfrigérateur ;
- boire la préparation avec une ou plusieurs grosses pailles pour « court-circuiter » le passage sur la langue et donc diminuer la perception du goût ;
- se pincer le nez en buvant, de nouveau pour réduire la perception du goût ;
- se rincer la bouche à l’eau ou se brosser les dents sitôt la préparation avalée ;
- faire précéder la prise de deux ou trois cuillerées d’huile d’olive pour « masquer » les papilles gustatives.
De plus, il peut être utile d’acheter des lingettes pour les fesses de bébés pour éviter les irritations de l’anus avec le papier toilette.
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.