Gonorrhée (blennorragie)

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

La gonorrhée, également connue sous les termes de gonococcie, blennorragie, chaude-pisse ou "chtouille", est une infection sexuellement transmissible provoquée par la bactérie Neisseria gonorrhoeae. Principalement présente chez les jeunes, en particulier les hommes, cette infection peut entraîner des complications importantes en l'absence de diagnostic et de traitement.

Qu'appelle-t-on gonorrhée ?

Également appelée gonococcie, blennorragie, chaude-pisse ou "chtouille", la gonorrhée est une infection sexuellement transmissible due au gonocoque (Neisseria gonorrhoeae). Elle touche surtout les moins de trente ans, en particulier les hommes.

Parmi les infections sexuellement transmissibles, la gonorrhée est la plus fréquente après celle due aux chlamydies. Une recrudescence des cas diagnostiqués est observée depuis quelques années en France (entre 15 et 20 000 nouveaux cas chaque année dont plus de la moitié chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes).

Quels sont les symptômes de la gonorrhée ?

La gonorrhée se traduit par des symptômes qui touchent les organes génitaux, mais aussi le rectum, la gorge et, parfois, les yeux. Quelques jours après la contamination, les symptômes de la gonorrhée apparaissent.

Chez certains hommes, la gonorrhée ne produit pas de symptômes (mais ces personnes restent contagieuses). Lorsque des symptômes apparaissent, les hommes infectés se plaignent de picotements ou de brûlures en urinant, ou d’écoulements blanchâtres au niveau du pénis ou du rectum. Parfois, les testicules sont enflés ou douloureux.

Chez les femmes, la gonorrhée est plus rarement symptomatique (elle l’est dans moins de 25 % des cas). Lorsque c’est le cas, les femmes infectées souffrent de sensation de brûlures en urinant ou pendant les rapports sexuels, d’écoulements vaginaux jaunâtres ou sanguinolents et de maux de ventre.

Quelles sont les complications possibles de la gonorrhée ?

Chez l’homme, une gonorrhée non traitée peut provoquer une inflammation de la prostate ou de l’épididyme (le cordon situé au-dessus de chaque testicule). Ces complications peuvent être à l’origine de problèmes d’infertilité.

Chez la femme, les complications sont plus fréquentes car la gonorrhée est souvent sans symptôme. Après quelques mois à quelques années, une gonorrhée non traitée peut provoquer des maux de ventre chroniques et une inflammation de l’utérus et des trompes de Fallope à l’origine d’infertilité ou de grossesses ectopiques (hors de l’utérus). Pendant la grossesse, la gonorrhée peut être transmise de la mère à l’enfant au cours de l'accouchement et provoquer une infection des yeux chez le nouveau-né.

La gonorrhée expose également à un risque accru d’infection par le VIH/sida.

Comment se transmet la gonorrhée ?

La gonorrhée est due à une bactérie, Neisseria gonorrheae. Cette bactérie se transmet lors de rapports sexuels non protégés. Tous les types de rapports sexuels peuvent être contaminants, y compris les rapports buccogénitaux (fellation et cunnilingus) qui seraient à l’origine de la moitié des cas de gonorrhée en France.

La gonorrhée peut également être transmise pendant la grossesse.

Les réinfections peuvent être fréquentes car le gonocoque n'entraîne pas d'immunité.

Comment prévenir la gonorrhée ?

Comme toutes les infections sexuellement transmissibles, la prévention de la gonorrhée repose sur l’utilisation systématique de préservatifs (même pour la fellation).

Avec le préservatif, le dépistage est également un moyen de lutter contre la gonorrhée. En cas de résultat positif, le médecin peut prescrire un traitement antibiotique adapté permettant de réduire les risques de contamination et de complications.

Le dépistage peut être effectué suite à une consultation chez son médecin traitant, son gynécologue ou un dermatologue, ou encore gratuitement dans les Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic (CeGIDD) et les centres de planification ou d'éducation familiale.

Il n’existe pas de vaccin contre la gonorrhée.

Comment diagnostique-t-on la gonorrhée ?

Le dépistage est l’unique moyen d'établir le diagnostic de la gonorrhée. Il se fait à partir d’un prélèvement fait en passant un coton-tige (écouvillon) sur les organes touchés (urètre, vagin, rectum, gorge).

En cas de résultat positif, la personne infectée est invitée à contacter ses partenaires sexuels récents pour un dépistage et, le cas échéant, un traitement afin d’éviter d’autres contaminations.

La recherche d'infections associées est systématique : syphilis, VIH, condylomes, herpès génital et hépatite B.

Comment soigne-t-on la gonorrhée ?

Le traitement de référence de la gonorrhée repose sur une injection unique d’une dose d’antibiotiques (ceftriaxone). Un traitement en une prise orale unique est également possible. Dans certains cas particuliers, un traitement plus long peut être indiqué. De plus, les personnes ayant présenté une gonorrhée sont systématiquement traitées contre les chlamydies car ces deux infections sexuellement transmissibles sont souvent associées.

Si les symptômes persistent au 3e jour après l’administration de l’antibiotique, il faut consulter à nouveau son médecin pour une adaptation éventuelle de son traitement.

De plus, la personne traitée doit s’abstenir de tout rapport sexuel dans la semaine qui suit le début de son traitement.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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