Hépatite B
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
L'hépatite B est une maladie du foie causée par un virus qui se transmet essentiellement par relations sexuelles ou par contact avec du sang infecté. Cette infection est bénigne dans la plupart des cas. Mais chez environ 10 % des personnes infectées, l'hépatite B devient une infection chronique qui peut provoquer des troubles graves (cirrhose ou cancer du foie). Un vaccin permet de prévenir cette infection.
Qu'est-ce que l'hépatite B ?
L'hépatite B est une maladie du foie causée par un virus qui se transmet essentiellement par relations sexuelles ou par contact avec du sang infecté. Cette infection est bénigne dans la plupart des cas. Mais chez 2 à 10 % des personnes infectées, l'hépatite B devient une infection chronique qui peut provoquer des troubles graves.
En France, ce sont plus de trois millions de personnes qui ont été en contact avec le virus de l’hépatite B. On estime qu’environ 280 000 Français de plus de 18 ans sont atteints d’hépatite B chronique, mais près de la moitié d’entre eux l’ignorent.
Quels sont les symptômes de l'hépatite B ?
Après la contamination, la période d’incubation de l’hépatite B peut durer plusieurs semaines sans qu’il y ait de symptômes. Ensuite, des signes de type grippal (fièvre, courbatures) peuvent apparaître pendant quelques jours puis disparaître.
L’infection reste ensuite souvent sans symptôme. Néanmoins, dans 40 % des cas, une phase dite « d’hépatite aiguë » se déclenche à la suite des symptômes « grippaux » : fatigue importante, jaunisse (coloration jaune de la peau et du blanc des yeux), urines foncées, nausées, perte d’appétit, maux de ventre du côté droit, et parfois démangeaisons.
Cette phase aiguë dure quelques mois. Après six mois, si les prises de sang révèlent que le virus de l’hépatite B est toujours présent dans le sang du patient, on parle d’hépatite B chronique.
Comment évolue l'hépatite B ?
Dans la très grande majorité des cas (98 % des infections), l’évolution de l’hépatite B est sans gravité. Neuf personnes sur dix guérissent spontanément et sont immunisées parce qu’elles ont fabriqué des anticorps contre le virus.
Chez 10 % des personnes infectées (15 % chez les hommes, 5 % chez les femmes), le virus va rester dans le foie où il sera plus ou moins actif. Cette activité entraîne une hépatite chronique. Les personnes dont les défenses immunitaires sont affaiblies (par exemple, chimiothérapie contre le cancer, dialyse, VIH/sida), développent une hépatite chronique plus fréquemment (40 % des cas).
Les personnes qui souffrent d’hépatite B chronique sont porteuses du virus, en général sans problème de santé particulier. Mais chez 20 % de ces personnes, des complications apparaissent en l’absence de surveillance médicale et de traitement : la cirrhose du foie et le cancer du foie (chez 2 % des personnes souffrant de cirrhose).
Comment se transmet l'hépatite B ?
Le virus de l’hépatite B est très contagieux : dix fois plus que celui de l’hépatite C et cent fois plus que celui du VIH/sida. Cette caractéristique s’explique en partie par le fait que le virus de l’hépatite B peut survivre pendant une semaine à l’air libre (donc sur les objets).
Le virus de l’hépatite B se transmet par contact avec le sang d’une personne infectée et ses sécrétions : le sperme, les sécrétions vaginales et le lait maternel. En tout début d’infection par l’hépatite B, le virus est présent également dans la salive. Il existe alors un risque de transmission lors d’un baiser profond.
Il faut éviter de partager brosse à dents, rasoirs, ciseaux, aiguilles, et utiliser des préservatifs en cas de rapports homosexuels masculins.
Il n’y a pas de transmission du virus de l’hépatite B par l’eau, ni par les aliments, le partage des couverts ou encore l’utilisation de toilettes communes. Les contacts physiques (poignées de main, bises, massages, etc.) ne transmettent pas le virus de l’hépatite B.
Qui doit se faire dépister pour l'hépatite B ?
Un test de dépistage de l’hépatite B est obligatoire chez la femme enceinte et chez les donneurs de sang. Il est également recommandé pour les personnes exposées au risque de contact présent ou passé avec le virus de l’hépatite B :
- les personnes ayant bénéficié d’une transfusion sanguine avant 1992,
- les personnes ayant des relations sexuelles non protégées avec plusieurs partenaires,
- l’entourage proche et les partenaires sexuels d’une personne porteuse de l’hépatite B,
- les personnes nées ou ayant vécu longtemps dans des pays étrangers où les hépatites virales sont fréquentes,
- les usagers de drogue qui ont partagé leur matériel avec d’autres usagers,
- les personnes séropositives pour le VIH/sida ou ayant une infection sexuellement transmissible,
- les personnes ayant des tatouages ou des piercings,
- les personnels de santé.
Qui doit être vacciné contre l'hépatite B ?
En France, la vaccination contre l’hépatite B est obligatoire pour tous les nourrissons nés après le 1er janvier 2018, pour les professionnels de santé et les étudiants en filière médicale et paramédicale. Elle est également recommandée :
- dès la naissance pour les nouveau-nés dont la mère est porteuse du virus de l’hépatite B,
- pour tous les enfants et les adolescents avant l’âge de 16 ans dans le cas où ils n’auraient pas été vaccinés auparavant,
- pour les personnes à risque qui ne seraient pas vaccinées : usagers de drogue, personnes vivant dans des pays où l’hépatite B est fréquente, personnes ayant de nombreux partenaires sexuels, personnes souffrant d’autres maladies du foie, etc.
Que faire en cas de grossesse ?
L’hépatite B n’est pas une cause connue de malformations pour l’enfant à naître. Lorsqu’une femme souffre d’hépatite B chronique, il existe un risque élevé de transmission du virus de la mère à l’enfant au moment de l’accouchement (autour de 90 % de risque de transmettre le virus). En l’absence de traitement du nouveau-né, celui-ci peut devenir porteur chronique du virus et développer une maladie du foie. C’est pour cette raison que le dépistage de l’hépatite B est obligatoire chez la femme enceinte.
Un traitement médicamenteux de la mère pendant la grossesse n’est pas nécessaire mais un traitement est administré au nouveau-né dès la naissance afin de prévenir tout risque de transmission du virus de l’hépatite B de la mère à l’enfant.
Quels sont les traitements de l'hépatite B ?
Il n’y a pas de traitement spécifique de l’hépatite B aiguë (celle qui suit la contamination). Le patient doit se reposer, manger des aliments peu gras et éviter toute consommation d’alcool.
Il existe des médicaments indiqués dans le traitement de l’hépatite B chronique. Mais la plupart des personnes atteintes d’hépatite B chronique n’ont pas besoin de ces traitements médicamenteux. Ce n’est que lorsque le virus de l’hépatite B est très actif ou lorsque le foie montre des signes d’inflammation ou de fibrose que le médecin envisage le recours à ces traitements.
Sources
- Hépatite B, OMS, 07/2018
- Prise en charge des personnes infectées par les virus de l’hépatite B ou de l’hépatite C, Ministère des solidarités et de la santé, 2014
- Guide sur les hépatites, SOS hépatites, 2012
- Aide-mémoire hépatite B, Santé publique France, 10/2009
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