Hépatite C

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

 

L'hépatite C est une infection du foie d'origine virale principalement transmise par le sang. Elle peut rester longtemps sans provoquer de symptômes et dans 80 % des cas évolue vers une hépatite chronique. Son dépistage a pour objectif de proposer un traitement aux personnes infectées.

Qu'est-ce que l'hépatite C ?

L'hépatite C est une infection chronique du foie causée par un virus qui se transmet par le sang. L’analyse génétique du virus de l’hépatite C (VHC) montre qu’il en existe six types (les « génotypes »). La connaissance du génotype est importante pour la mise en place du traitement.

Si cette infection guérit spontanément chez 20 % des personnes infectées, l'hépatite C devient une maladie chronique dans 80 % des cas. Lorsque cette maladie n'est pas diagnostiquée et traitée à temps, elle peut provoquer une cirrhose, voire un cancer du foie.

En France, 120 000 personnes atteintes d’hépatite C restent à traiter, plus de la moitié n'étant pas dépistés, l’hépatite C pouvant passer inaperçue pendant des dizaines d’années.

Quels sont les symptômes de l'hépatite C ?

Après la contamination, une phase dite « d’hépatite aiguë » survient quatre à douze semaines après la contamination et dure quelques mois. Elle passe le plus souvent inaperçue ou peut être accompagnée, dans un tiers des cas, de symptômes évoquant la grippe.

Seulement deux personnes infectées sur dix parviennent à éliminer le virus sans traitement. Pour les huit autres, l’hépatite C devient une maladie chronique : le virus continue à se multiplier plus ou moins intensément dans le foie. Le plus souvent, cette phase chronique ne provoque aucun symptôme pendant des dizaines d’années : plus de la moitié des personnes qui souffrent d’hépatite C chronique ne présentent pas de problèmes de santé grave, même si l’on constate une tendance à une fatigue durable, voire des troubles de l’humeur.

Quelles sont les complications de l'hépatite C chronique ?

Chez une personne atteinte d’hépatite C chronique sur cinq, des complications peuvent apparaître en l’absence de surveillance médicale et de traitement : cirrhose du foie et, plus rarement, cancer du foie. Chaque année, 1800 à 2000 personnes décèdent des suites d’une hépatite C.

Comment se transmet le virus de l'hépatite C ?

Le virus de l’hépatite C se transmet uniquement par contact avec du sang humain infecté. Une personne peut être contaminée par :

  • le partage de matériel qui a été en contact avec le sang d’une personne infectée ;
  • l’échange de matériel utilisé lors d’injection de drogues ou de leur inhalation ;
  • les soins médicaux avec effusion de sang ;
  • les tatouages, le piercing ou une séance d’acupuncture, s’ils sont réalisés sans respecter les règles d’hygiène indispensables ;
  • la transmission de la mère à l’enfant, essentiellement lors de l’accouchement (néanmoins, celle-ci reste rare) ;
  • les relations sexuelles non protégées, uniquement si le sang est présent : période de règles, petites plaies des organes génitaux dues à des infections sexuellement transmissibles ou à des abrasions, pratiques sadomasochistes, etc.

Il n’y a pas de transmission du virus de l’hépatite C par l’eau, ni par les aliments, le partage des couverts ou encore l’utilisation de toilettes communes. Les contacts physiques (poignées de main, bises, massages, etc.) ne transmettent pas le virus de l’hépatite C.

Peut-on prévenir l'hépatite C ?

Il n'existe aucun vaccin contre le virus de l'hépatite C.

La prévention repose sur les mesures pour limiter le risque de transmission du VHC (tels que éviter les transfusions sanguines dans les pays en voie de développement ou vérifier que le matériel est stérilisé ou à usage unique pour les tatouages ou des piercings, etc.), la politique de réduction des risques chez les usagers de drogues injectables. Le dépistage des personnes à risque, notamment des personnes ayant reçu des produits sanguins avant 1992, constitue également un élément important de la lutte contre cette infection.

Qui doit se faire dépister pour l'hépatite C ?

La recherche d’anticorps contre le virus de l’hépatite C est recommandée pour :

  • les personnes ayant reçu une transfusion sanguine (ou des produits issus du sang) à la suite d’un accident, d’une opération chirurgicale ou d’un accouchement avant 1992 ;
  • les usagers de drogue qui ont partagé leur matériel d’injection ;
  • les personnes ayant des antécédents d’acte médical invasif dans le cadre d’un diagnostic ou d’un traitement, avant 1997 ;
  • l’entourage familial d’une personne atteinte d’hépatite C ;
  • les personnes qui ont recours à l’hémodialyse (rein artificiel) ;
  • les enfants de mère infectée par le VHC ;
  • les personnes présentant des signes de souffrance des cellules du foie.

Que faire en cas de grossesse ?

L’hépatite C n’est pas une cause connue de malformations pour le fœtus et la grossesse n’aggrave pas la maladie. Le risque principal est celui de la transmission du virus de l’hépatite C (VHC) au nouveau-né au moment de l’accouchement, par les voies naturelles aussi bien que par césarienne. Ce risque est faible puisqu’on l’estime entre 3 et 5 %.

Certains traitements contre l’hépatite C sont contre-indiqués pendant la grossesse. Consultez votre médecin traitant.

Comment soigne-t-on l'hépatite C ?

Le traitement de l'hépatite C a pour objectif d'éliminer le VHC, ce qui est aujourd'hui possible dans plus de 90 % des cas. Tout malade atteint d’hépatite C chronique peut désormais bénéficier d’un traitement antiviral s’il le souhaite.

Jusqu'en 2014, le traitement médicamenteux de l’hépatite C reposait sur diverses substances : interféron, peginterféron, ribavirine, antiprotéases. En 2014, une nouvelle génération d’antiviraux a été mise à disposition des malades. Ces antiviraux dits « à action directe » empêchent le virus d’infecter de nouvelles cellules en bloquant l’action des protéines indispensables à sa multiplication. Ces antiviraux, efficaces et le plus souvent bien tolérés, ont profondément modifié la prise en charge de la maladie.

Le traitement classique de l’hépatite C avec ces antiviraux dure entre 8 et 12 semaines, parfois 16 semaines. Pendant le traitement, le patient est suivi pour s’assurer de la bonne prise de l’antiviral, de l’absence d’effets indésirables gênants et pour éviter les interactions médicamenteuses.

Pour évaluer l’efficacité du traitement antiviral, une prise de sang est effectuée 12 semaines après la fin du traitement anti-VHC. Si aucun virus de l’hépatite C n’est retrouvé dans le sang, la personne est considérée comme guérie (mais elle gardera des anticorps contre le VHC dans son sang, comme témoins de la maladie).

Si son foie était en bon état (peu ou pas de fibrose) au moment du traitement, aucun suivi ultérieur n’est nécessaire (mais la personne doit respecter les conseils de protection pour éviter une réinfection par le VHC, toujours possible).

Si son foie présentait des lésions, ou si elle est à risque de troubles hépatiques (co-infection par l’hépatite B, alcoolodépendance, obésité, syndrome métabolique, par exemple), un suivi régulier est maintenu pour s’assurer de la santé du foie (en particulier pour dépister précocement un éventuel cancer du foie).

Lorsque la cirrhose ou le cancer du foie met en danger la vie du patient, le seul traitement reste la greffe de foie. En France, 30 % des greffes de foie sont pratiquées chez des personnes atteintes d’hépatite C chronique.

Les patients qui nécessitent une greffe de foie sont classés par ordre de gravité décroissante. Ce n’est pas la date d’inscription qui compte mais la gravité de l’insuffisance hépatique. Le délai moyen d’attente pour une greffe de foie est de 6 à 12 mois. Dans certains cas, les patients en attente de greffe sont traités contre le VHC avant la greffe. Après la greffe, tous les patients sont traités contre le VHC pour prévenir une infection du foie greffé par du VHC présent dans l’organisme.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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