Hépatite E
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
L’hépatite E est une infection virale du foie causée par un virus. Même si, dans plus de 70 % des cas, elle ne provoque pas de symptômes, cette infection touche des millions de personnes à travers le monde, avec une répartition géographique et une transmission fortement influencées par les conditions sanitaires et alimentaires locales.
Qu’est-ce que l’hépatite E ?
L’hépatite E est une infection virale du foie causée par un virus. Même si, dans plus de 70 % des cas, elle ne provoque pas de symptômes, cette infection touche des millions de personnes à travers le monde, avec une répartition géographique et une transmission fortement influencées par les conditions sanitaires et alimentaires locales.
Si la contamination de l’eau de boisson est la principale responsable d’épidémies dans les pays en voie de développement, dans les pays industrialisés c’est la consommation de viandes crues issues d’animaux contaminés, en particulier de porcs, mais aussi la consommation d’eau issue de nappes phréatiques contaminées, qui est responsable des cas d’hépatite E.
L’hépatite E est-elle fréquente en France ?
En France, une enquête réalisée en 2011-2012 a montré que 22 % des Français (8 % à 86 % selon la zone géographique) ont eu une hépatite E dans leur vie, souvent sans le savoir. Les régions les plus touchées sont le Sud-Ouest, le Sud-Est (en particulier la Corse) et le Nord-Est de la France. On estime que, chaque année, 60 000 personnes sont contaminées par le virus de l’hépatite E en France, dont 3 000 développent des symptômes.
Quels sont les symptômes de l’hépatite E ?
La caractéristique essentielle de l’hépatite E est la fréquence élevée des formes sans symptômes (plus de 70 %). Dans les pays industrialisés, les formes symptomatiques d’hépatite E aiguë sont plus fréquentes chez l’adulte de plus de 55 ans. Dans ce cas, on observe :
- une perte d’appétit, des nausées et des vomissements pendant quelques jours ;
- des maux de ventre, des démangeaisons ou des douleurs articulaires ;
- des muqueuses jaunâtres, des urines sombres et des selles pâles.
Des formes gravissimes (« hépatites fulminantes ») peuvent survenir chez les personnes qui souffrent d’autres maladies du foie ou chez les femmes enceintes (en particulier au 3e trimestre de grossesse). Elles sont mortelles dans 3 à 10 % des cas.
Les infections chroniques par le virus de l’hépatite E, caractérisées par la persistance du virus dans l’organisme, sont rares. Elles entraînent une atteinte inflammatoire chronique du foie, une cirrhose et peuvent occasionner le décès. Elles concernent essentiellement des personnes immunodéprimées.
Comment est-on contaminé par le virus de l’hépatite E en France ?
En France, la contamination humaine est largement associée à la manipulation et à la consommation de viandes crues ou peu cuites issues du porc, du sanglier et des chevreuils et cerfs, mais aussi des lapins et des lièvres. Le virus de l’hépatite E peut également se retrouver dans les eaux usées, et dans les eaux de surface ou souterraines quand l’assainissement des eaux usées ou le traitement et l’épandage des lisiers sont mal maîtrisés. Dans ce cas, une contamination par l’eau du robinet est possible.
Quelles sont les personnes à risque plus élevé d’hépatite E ?
Les personnes en contact avec les porcs domestiques ou la faune sauvage (sangliers), comme les vétérinaires, les éleveurs, les forestiers, les chasseurs, les personnels d’abattoir ou les bouchers charcutiers, ont un risque d’hépatite E significativement plus élevé que la population générale.
En ce qui concerne le risque de développer une forme symptomatique, les personnes les plus à risque sont :
- celles présentant une autre maladie du foie ;
- les personnes immunodéprimées ;
- les femmes enceintes.
Quels sont les aliments le plus souvent à l’origine de l’hépatite E ?
Dans les principales épidémies étudiées, les aliments incriminés étaient de la viande ou du foie de sanglier ou de porc, des sashimis de viande de chevreuil, de cerf ou de foie de porc, des figatelli ou des saucisses de foie de porc crues, fraîches ou mi-sèches.
En 2011, un plan de surveillance ponctuel, réalisé sur des aliments contenant du foie cru de porc et destinés à être consommés crus, a permis d’estimer une présence du virus de l’hépatite E dans 30 % des figatelli, 29 % des saucisses sèches et fraîches de foie, 25 % des pâtes à quenelles à base de foie et 3 % des foies salés séchés.
Comment traite-t-on l’hépatite E ?
Pour les formes aiguës, les plus fréquentes, il n’existe pas de traitement spécifique et, chez la plupart des personnes en bonne santé, l’hépatite E aiguë guérit spontanément en 2 à 6 semaines. Chez les femmes enceintes, une hospitalisation est parfois nécessaire car la maladie peut être sévère. Chez les personnes immunodéprimées, la maladie est suivie de près pour dépister précocement un éventuel passage à une forme chronique.
Comment prévenir l’hépatite E ?
Il n’existe pas de vaccin contre l’hépatite E en France (un vaccin est disponible uniquement en Chine). Pour les consommateurs, les mesures de prévention sont les suivantes :
- Toutes les personnes ayant été en contact avec la viande de porc, de sanglier ou de chevreuil et cerf (chasseurs, consommateurs) doivent se laver les mains après ce contact.
- L’entretien des surfaces de travail et des ustensiles (grattage, lavage à l’eau chaude et au détergent) doit être rigoureux et s’effectuer immédiatement après chaque utilisation, et en particulier après manipulation de foie de porc cru.
- Tous les aliments contenant du foie de porc/sanglier/chevreuil cru (figatelli, saucisses de foie de porc crues, fraîches ou sèches, quenelles de foie) sont des aliments à risque et ne doivent pas être consommés crus. Ils doivent être cuits à cœur, comme tous les produits issus de cochons de lait et porcelets (le virus est particulièrement présent chez les jeunes porcs).
- Dans les pays à faible niveau d’hygiène ou en régions où cette hépatite est fréquente (Asie du Sud et de l’Est, Afrique subsaharienne et du Nord, Moyen-Orient), il est recommandé de ne consommer que des végétaux cuits ou pelés après lavage. Dans ces pays, l’eau de boisson ou servant à la préparation culinaire (notamment au lavage des végétaux) doit être une eau embouteillée, ou bouillie (10 minutes) ou filtrée puis désinfectée (avec des pastilles chlorées ou dérivés).
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