Les amyotrophies spinales proximales (ASA, ASI, SMA)
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Qu’appelle-t-on amyotrophies spinales proximales ?
Les amyotrophies spinales proximales sont un groupe de maladies héréditaires qui se caractérisent par une faiblesse et une fonte des muscles, en particulier ceux du tronc, des épaules et des hanches (les muscles dits « proximaux », d’où le nom de la maladie), mais aussi parfois ceux des jambes, du visage et de la gorge.
Les amyotrophies spinales proximales regroupent plusieurs formes qui varient selon l’âge d’apparition, le degré de sévérité des symptômes musculaires et le pronostic. On parle également d’ « amyotrophie spinale 5q », de « maladie de la corne antérieure (de la moelle épinière) », d’ « amyotrophies spinales antérieures » (ASA) ou de « spinal muscular atrophy (SMA) ». Les trois premiers types (qui touchent les enfants) sont regroupés sous le terme d’ « amyotrophies spinales infantiles » (ASI).
Quels sont les symptômes des amyotrophies spinales proximales ?
Les symptômes des amyotrophies spinales proximales varient selon le type de maladie, sa sévérité et l’âge de la personne. Globalement, les symptômes des amyotrophies spinales proximales sont une faiblesse et une fonte des muscles du tronc (muscles du dos, abdominaux, muscles respiratoires, etc.), des épaules et des hanches, éventuellement des membres (surtout des jambes) ou du visage ou de la gorge.
Les conséquences de ces faiblesses musculaires sont diverses : difficultés à se tenir assis, debout ou à marcher, difficultés à respirer ou à avaler, démarche anormale, tremblements des mains, perte de réflexes, paralysies, etc. Chaque cas est particulier. Chez les enfants, les problèmes de scoliose (déviation et torsion de la colonne vertébrale) sont fréquents.
Les amyotrophies spinales proximales sont-elles fréquentes ?
On estime le nombre d’enfants atteints d’amyotrophie spinale infantile (types I, II ou III) à 1 sur 6 000 à 10 000 naissances. L’amyotrophie spinale de type IV est plus rare, elle concerne une personne sur 300 000 environ. L’amyotrophie spinale proximale touche aussi bien les filles que les garçons.
Quelles sont les causes des amyotrophies spinales proximales ?
Pour survivre, les cellules nerveuses qui stimulent les muscles (motoneurones) ont besoin d’une protéine qui est codée par un gène appelé SMN1 situé sur le chromosome 5. Lorsque ce gène est absent ou présente une mutation qui l’empêche de fonctionner, cette protéine est absente ou non fonctionnelle et les motoneurones meurent. Les muscles qui étaient innervés par ces motoneurones ne réagissent plus, s’affaiblissent et s’atrophient.
Dans certaines formes d’amyotrophie spinale proximale, la maladie est moins sévère parce qu’il existe un autre gène, SMN2, qui peut produire une protéine de survie. Ce gène ne s’active qu’en l’absence de gène SMN1 fonctionnel, c’est un gène « de secours ». Mais il n’est pas toujours capable de compenser complètement l’absence de gène SMN1 fonctionnel.
Comment se transmettent les amyotrophies spinales proximales ?
L’amyotrophie spinale proximale est une maladie génétique héréditaire dite « autosomique récessive ». C’est-à-dire qu’il faut que les gènes SMN1 situés sur chacun des chromosomes 5 soient absents ou mutés pour que la maladie apparaisse. Si un seul gène est défectueux, la personne ne présente pas de symptômes d’amyotrophie spinale.
Le risque de transmettre la maladie dépend du nombre de copies défectueuses chez les parents. Seuls les enfants ayant reçu le gène défectueux à la fois de leur père et de leur mère sont atteints.
Dans 2 % des cas, la maladie est due à la survenue par hasard d’une mutation du gène SMN1 chez l’enfant, sans que les parents soient porteurs du gène muté. Dans ce cas, le risque, pour les parents, de donner naissance à un autre enfant atteint est identique à celui de tout couple non porteur de copies mutées de SMN1, c’est-à-dire extrêmement réduit.
Peut-on prévenir les amyotrophies spinales proximales ?
Les parents qui ont eu un enfant atteint d’amyotrophie spinale proximale, ou les couples qui sont chacun porteur d’une copie défectueuse de SMN1, peuvent néanmoins s’assurer que leur futur enfant ne sera pas atteint de la maladie. Pour cela, il faut rechercher une éventuelle anomalie génétique chez l’embryon. Trois méthodes existent.
- L’amniocentèse permet d’examiner les cellules embryonnaires flottant dans le liquide entourant l’embryon (le liquide amniotique) afin de rechercher l’anomalie du gène SMN1.
- Une biopsie des villosités choriales consiste à prélever une très petite quantité de tissu à proximité du placenta.
- Il est également possible de réaliser un diagnostic préimplantatoire (DPI). Après une fécondation in vitro, deux cellules sont prélevées sur les embryons âgés de 3 jours pour y rechercher l’anomalie génétique. Par sélection, le DPI permet de n’implanter dans l’utérus que des embryons non porteurs de la mutation.
À la différence des deux méthodes précédentes, le DPI n’oblige pas à pratiquer une interruption de grossesse si l’embryon est porteur de l’anomalie génétique.
Quels sont les traitements des amyotrophies spinales proximales ?
À l’heure actuelle, il n’existe pas de traitement permettant de guérir définitivement les patients ayant une amyotrophie spinale proximale. Néanmoins, des mesures existent pour limiter, voire prévenir, certaines conséquences de la maladie sur la posture et les mouvements, pour prévenir les infections respiratoires et pour favoriser au mieux la croissance et le confort des personnes malades.
Récemment, un premier traitement médicamenteux a été mis sur le marché pour les formes infantiles, qui augmente la production de protéine de survie par le gène SMN2, avec des résultats variables selon les patients.
Quelles sont les ressources disponibles pour mieux vivre avec une amyotrophie spinale proximale ?
Les personnes atteintes d’amyotrophies spinales proximales sont suivies dans des consultations pluridisciplinaires spécialisées dans les maladies neuromusculaires. Leurs coordonnées sont disponibles sur le site d’Orphanet ou en appelant Maladies Rares Info Services au 01 56 53 81 36 (appel non surtaxé).
En France, l’amyotrophie spinale proximale est prise en charge à 100 % par l’Assurance maladie en ce qui concerne le remboursement des frais médicaux. Les familles ont droit à une allocation d’éducation spéciale pour les enfants atteints en déposant une demande auprès de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Quant aux adultes, ils ont droit à une allocation d’adulte handicapé (AAH) dont la demande doit être faite auprès de la MDPH.
Les patients et les proches touchés peuvent trouver information, soutien et solidarité auprès de deux associations de patients :
- Familles SMA France (FSMA)
- l’Association française des myopathies - Téléthon
- Les Services régionaux d’aides et d’informations (SRAI) de l’AFM - Téléthon aident et accompagnent les familles dans les démarches quotidiennes
Sources
- Spinal muscular dystrophy, Genetics Home Reference, National Institutes of Health, 01/2013
- Spinal muscular dystrophy, Muscular Dystrophy Association, 2009
- L’amyotrophie spinale proximale, Orphanet, 08/2007
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