Choisir la solution la mieux adaptée à chacun : les examens d'infertilité
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Publié le 01/07/2025
Information proposée par Agence de la Biomédecine
Pour définir la technique d’AMP la plus adaptée, le médecin prescrit un certain nombre d’examens.
Si vous avez déjà réalisé ces examens au préalable, la plupart d’entre eux ne devraient pas être à refaire.
Augmenter ses chances de grossesse en AMP
La fertilité peut être affectée par de multiples facteurs. En premier lieu, l’âge de la femme qui, à partir de 35 ans, influe sur sa fertilité naturelle et sur ses taux de succès en assistance médicale à la procréation fortement diminués. Interviennent aussi l’âge de l’homme, les maladies génétiques, diverses pathologies ou leurs traitements, les expositions à certains produits toxiques (tabac, excès d’alcool, prise de drogue), l’excès de poids ou la maigreur excessive, les traumatismes, les infections, les facteurs environnementaux, parfois psychologiques… Sans vous demander d’être plus exemplaire que les autres, le médecin attirera votre attention sur certains comportements susceptibles de diminuer les chances de succès d’avoir un enfant ou d’augmenter les complications durant la grossesse.
Art. L.2141-10 du Code de la santé publique. La loi française requiert que la mise en oeuvre de l’assistance médicale à la procréation soit précédée de plusieurs entretiens particuliers du couple ou de la femme célibataire avec les membres de l’équipe médicale clinicobiologique pluridisciplinaire du centre.
Les examens du bilan de fertilité
Après un examen clinique, le médecin prescrit au couple ou à la femme célibataire les examens les plus simples et les moins invasifs avant d’envisager des examens plus sophistiqués si nécessaire.
Examens concernant la femme
L’analyse de la durée et de la régularité des cycles menstruels de la femme permet à votre médecin d’évaluer la qualité de l’ovulation et ainsi de fixer les dates des examens à faire.
La prise de sang
Permet de mesurer les taux hormonaux. Votre médecin indiquera le jour du cycle où elle doit être réalisée. Elle permet de préciser certaines anomalies du fonctionnement ovarien.
L'échographie pelvienne
Est pratiquée habituellement par voie vaginale, vessie vide. C’est un examen indolore et sans risque particulier. Il permet de visualiser les ovaires et l’utérus.
L’analyse des trompes
Pour choisir la technique d’AMP la plus adaptée (insémination ou fécondation in vitro), il faut savoir si les trompes sont bien perméables. En effet, les trompes sont le lieu de la fécondation naturelle. Différentes techniques existent pour cela, dont l’hystérosalpingographie.
Des examens complémentaires
Pourront être prescrits dans certains cas (IRM, hystérosonographie, coelioscopie…).
Examens concernant l'homme
Avant toute chose, un point important à préciser : contrairement aux idées reçues, l’infertilité masculine n’a rien à voir avec l’impuissance sexuelle. Le premier examen à vous être proposé pourra être un examen clinique andrologique.
Les analyses du sperme
Le spermogramme est généralement prescrit dès le début du bilan. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire pour éviter l’altération des spermatozoïdes pendant le transport. Au préalable, deux à cinq jours d’abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d’épisodes de fièvre ou de prises de médicaments pouvant interférer avec la fabrication de
spermatozoïdes.
L’analyse du sperme permet de connaître les caractéristiques des spermatozoïdes : leur nombre, leur mobilité, leur aspect (présence d’anomalies de la tête ou du flagelle du spermatozoïde). Des spermatozoïdes trop peu nombreux, trop peu mobiles ou d’aspect trop atypique auront du mal à cheminer dans l’utérus puis dans les trompes ou à pénétrer dans l’ovocyte au moment de la rencontre. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées.
La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d’assistance
médicale à la procréation.
Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant la réalisation de l’assistance médicale à la procréation. Il permet parfois de mieux préciser des anomalies éventuelles du spermogramme.
Les examens complémentaires
Si les anomalies du spermogramme sont confirmées, des examens complémentaires sont prescrits : échographie des organes génitaux, dosages hormonaux, caryotype ou autres examens génétiques.
Le choix de la technique adaptée à votre cas par l'équipe pluridisciplinaire
Le bilan de fertilité est essentiel. Il est analysé au sein d’une équipe pluridisciplinaire. Il permet d’évaluer le délai souhaitable pour
la prise en charge, les chances de grossesse naturelle pour les couples composés d’un homme et d’une femme, le taux de succès escompté après AMP et aussi les risques des différents traitements. Votre médecin vous en informe. Le parcours qu’il vous propose est adapté à votre cas.
Concernant les couples hétérosexuels, il peut arriver que le bilan ne révèle aucune cause évidente d’infertilité compte tenu des connaissances actuelles. On parle d’infertilité inexpliquée. Une assistance médicale à la procréation peut néanmoins vous
être proposée.
Dans cette proposition, il intègre des éléments relatifs à l’âge et la durée de l’infertilité. Vous pouvez bien évidemment en discuter avec lui.
Il peut arriver qu’il n’y ait pas de proposition thérapeutique évidente, ou qu’elle ne vous convienne pas. Dans ce cas, votre médecin examine avec vous les solutions alternatives.
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À VOUS DE DONNER VOTRE ACCORD Enfin, l’article L. 2141-10 indique que le consentement du couple ou de la femme non mariée est confirmé par écrit après l’expiration d’un délai de réflexion d’un mois. |
Il peut arriver que vous ayez encore quelques doutes quant à la décision à prendre. Des psychologues ou psychiatres sont à votre
écoute dans les centres et peuvent vous apporter leur soutien face à la complexité de votre situation.
Dans certains cas, le médecin, après concertation au sein de l’équipe pluridisciplinaire, peut demander au couple ou à la femme célibataire un délai de réflexion supplémentaire avant d’entreprendre le traitement.
D’après l’article L. 2141-10, le médecin a la possibilité de communiquer par écrit les motifs du report (ou du refus) en cas de demandes du couple ou de la femme célibataire.
TÉMOIGNAGE : UN HOMME NOUS PARLE DE LA MANIÈRE DONT IL A VÉCU SON ASSISTANCE MÉDICALE À LA PROCRÉATION.
Ça me paraît presque étrange aujourd’hui de me poser la question de mon engagement tout au long de notre parcours. Parce que ça a toujours été une évidence pour moi. En fait, le problème vient de moi dans notre couple. Alors forcément, dès la seconde où je l’ai compris, j’ai eu envie de tout tenter sans aucune réticence.
J’ai foncé, avec toute mon énergie, pour réparer un peu ce que je vivais comme ma faute. Je n’avais qu’une idée en tête : donner à ma femme la chance de porter notre enfant. Ma femme ne m’a jamais rendu responsable de quoi que ce soit. Elle est merveilleuse de toute façon. Est-ce que je me suis senti exclu ? Non. J’imagine que la manière dont j’ai vécu notre démarche d’assistance médicale à la procréation m’est propre. Je suis allé à tous les rendez-vous avec ma femme. C’était mon choix, ma façon de m’impliquer. Ah ça oui, si j’avais pu prendre les traitements à sa place, je l’aurais fait les yeux fermés ! Pour les piqûres, je m’asseyais à côté d’elle, j’étais là à chaque fois. J’en ai même fait certaines ! Pour moi, l’assistance médicale à la procréation, c’est notre histoire à tous les deux. Et c’est comme ça que j’ai vécu la mienne, aux côtés de ma femme.
Jean-Baptiste, 40 ans, Seine-Saint-Denis
Point de vue d'un professionnel
" Un couple engagé dans une démarche d’assistance médicale à la procréation arrive fréquemment en consultation avec des sentiments très forts, parfois violents. Le membre du couple qui est porteur de l’infertilité peut s’en sentir responsable et s’en vouloir d’entraîner son conjoint dans une spirale médicalisée. D’où un sentiment de tristesse et de blessure narcissique. Les couples peuvent se remettre en question d’un point de vue personnel.
Parfois même, c’est le sens de leur vie en général qu’ils mettent en cause. Ce passage par la révolte s’exprime par le « pourquoi moi ? », auquel il n’y a, le plus souvent, pas de réponse. Le sentiment d’injustice est très présent. Tout cela dépend des personnalités en jeu, car l’assistance médicale à la procréation intervient dans une histoire déjà engagée et une réalité qui lui préexiste. En effet, l’histoire du couple ne commence pas le jour où celui-ci démarre une assistance médicale à la procréation. Chacun des membres du couple a déjà une histoire qui lui est propre. Les modes de réaction se font donc en fonction de ces trois histoires enchevêtrées.
Ce que j’entends souvent de la part des couples c’est que l’expérience d’une assistance médicale à la procréation est une épreuve de vie qui les a rapprochés. Alors elle est vécue comme un moment de grande vérité, de grande authenticité dans le couple. En ce sens, cela peut également être une belle leçon de vie. "
Eva Weil, psychologue
À retrouver sur https://back.agence-biomedecine.fr/uploads/bd_biom24_5_maj_broch_patients_amp_a5_40p_pap_e9b0f05172.pdf
L’Agence de la biomédecine est un établissement public d’État créé par la loi de bioéthique du 6 août 2004, dépendant du ministère de la Santé. Elle exerce ses missions dans les domaines du prélèvement et de la greffe d’organes, de tissus et de cellules, ainsi que de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines.