Maladie de Raynaud

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Qu'est-ce que la maladie de Raynaud ?

La maladie de Raynaud est un trouble de la circulation sanguine qui affecte les doigts, plus rarement les orteils : le froid déclenche une contraction prolongée des vaisseaux sanguins qui provoque pâleur, froideur et perte de sensibilité pendant une durée allant de quelques minutes à quelques heures. Dans 90 % des cas, la maladie de Raynaud est sans gravité et disparaît après quelques années. Parfois, elle est la conséquence d’une autre maladie, le plus souvent auto-immune. Elle peut également être une maladie liée aux activités professionnelles.

On estime que 3 à 12 % des hommes et 6 à 20 % des femmes souffrent de maladie de Raynaud. Elle est particulièrement fréquente chez les jeunes femmes de moins de 30 ans, chez qui elle tend à disparaître après quelques années (ou pendant la grossesse).

Quels sont les facteurs de risque de la maladie de Raynaud ?

Différents facteurs peuvent favoriser ou déclencher la maladie de Raynaud.

Outre le fait d’être une jeune femme (75 à 90 % des cas), d’autres situations peuvent augmenter la probabilité de souffrir d’une maladie de Raynaud :

  • vivre dans une région froide et humide ;
  • pratiquer des activités de plein air en période de grand froid ;
  • avoir subi des engelures au niveau des extrémités ;
  • avoir un apparenté du premier degré (parent, frère, sœur, enfant) qui souffre d’une maladie de Raynaud primitive (augmentation de 30 % du risque) ;
  • fumer du tabac ou du cannabis ;
  • prendre certains drogues comme la cocaïne, les amphétamines ou le LSD ;
  • avoir un métier qui demande d’utiliser ses mains comme un marteau (par exemple, carreleur ou carrossier) ou d’avoir les poignets posés sur une surface en permanence (taper sur un clavier, pratiquer le piano de manière intensive, par exemple) ;
  • avoir un métier qui expose les mains et les bras à des vibrations (par exemple, utiliser un marteau-piqueur) ou au froid (par exemple, les poissonniers qui manipulent de la glace pilée) ;
  • travailler dans une usine qui emploie du chlorure de vinyle ;
  • prendre certains médicaments, par exemple contre les maladies cardiaques, le rhume, les cancers ou les migraines ;
  • chez les femmes, utiliser un mode de contraception hormonal contenant des estrogènes et de la progestérone (pilule, implant, etc.) ;
  • enfin, dans certains cas, le stress ou les émotions fortes peuvent déclencher une crise.

Les maladies responsables de maladie de Raynaud secondaire

Plusieurs maladies peuvent induire une maladie de Raynaud dite secondaire. Ces maladies sont :

  • la sclérodermie, une maladie auto-immune qui se traduit par un épaississement et un durcissement de la peau et de certains organes,
  • la connectivite mixte, ou syndrome de Sharp, une maladie du tissu qui relie les cellules (tissu conjonctif),
  • le lupus systémique ou le lupus érythémateux disséminé, des maladies auto-immunes,
  • le syndrome de Gougerot-Sjögren, qui se traduit par une sécheresse des muqueuses de la bouche, des yeux et du vagin,
  • la polyarthrite rhumatoïde, qui touche les articulations ;
  • la dermatomyosite et la polymyosite (des inflammations de certains muscles et zones de la peau).

D’autres maladies peuvent augmenter le risque de développer une maladie de Raynaud secondaire : syndrome du canal carpien, troubles de la thyroïde, athérosclérose (dépôt de plaques de cholestérol dans les artères), etc.

Peut-on prévenir la maladie de Raynaud ?

Il n’existe que deux mesures générales pour prévenir la maladie de Raynaud :

  • éviter les expositions des extrémités au froid ;
  • arrêter de fumer.

Les personnes particulièrement exposées par leur activité professionnelle peuvent adopter des mesures spécifiques destinées à éviter les fortes pressions et les vibrations au niveau des paumes et des poignets, ou réduire leur exposition au chlorure de vinyle.

Enfin, les femmes en âge d’avoir un enfant peuvent opter pour une forme de contraception qui ne les expose pas aux estrogènes ou à la progestérone (diaphragme, stérilet au cuivre, par exemple).

Que faire en cas de crise de maladie de Raynaud ?

Pendant une crise, réchauffez vos doigts en faisant couler de l'eau tiède sur vos mains ou en les plongeant dans l’eau tiède (jamais chaude). Vous pouvez également les réchauffer en les plaçant sous vos aisselles ou… dans votre bouche.

Vous pouvez également effectuer des rotations rapides des mains ou des mouvements de balancement des bras.

Les conseils pour éviter le déclenchement des symptômes de la maladie de Raynaud

Lorsqu’on souffre de maladie de Raynaud, des mesures simples peuvent réduire la fréquence des crises :

  • dès qu’il fait froid, porter des moufles qui permettent aux doigts de se réchauffer mutuellement et sont beaucoup plus efficaces que des gants, c’est la première mesure à prendre ;
  • ne pas fumer ;
  • lorsque l’on doit aller dehors par temps très froid, utiliser des sachets chauffe-mains dans ses moufles (disponibles dans les pharmacies, les magasins de chasse et de pêche, et ceux d’articles de sport) ;
  • éviter les changements brusques de température du chaud vers le froid ;
  • porter des gants isolants pour manipuler des aliments ou des objets froids ;
  • éviter les bijoux serrés (bagues, bracelets), ainsi que les chaussures serrées ;
  • éviter de porter des charges à la main (qui coupent la circulation dans les doigts) ;
  • consulter la notice des médicaments que l’on prend pour identifier si la maladie de Raynaud est un de leurs effets indésirables ;
  • éviter les boissons riches en caféine (qui font se contracter les petits vaisseaux sanguins) comme le café, le thé, le chocolat, les colas, etc. si vous constatez qu’elles déclenchent des crises ;
  • éviter de prendre des médicaments contre le rhume, disponibles sans ordonnance, contenant de la pseudoéphédrine ;
  • faire régulièrement de l’exercice (pour activer la circulation sanguine et lutter contre le stress).

Si votre maladie de Raynaud est liée à votre activité professionnelle, parlez-en à votre médecin du travail : une adaptation de votre poste de travail peut être nécessaire.

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
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