MICI : manger en période de rémission

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Publié le 04/04/2022

Information proposée par Association François Aupetit - Crohn RCH France

Rémission : période « sourde » de la maladie (MC ou RCH) de durée variable. Si durant cette période, la muqueuse digestive ne présente pas de signes inflammatoires, elle peut en revanche présenter des cicatrices des inflammations précédentes. A noter qu’une muqueuse cicatricielle est susceptible de générer des inconforts digestifs.

C’est la période la plus favorable à une alimentation variée et équilibrée, elle doit impérativement être conseillée. En effet, étant donné l’absence d’inflammation, un retour à une alimentation variée permet de couvrir l’ensemble des besoins nutritionnels et de recouvrer un statut nutritionnel satisfaisant.

Etant donné la chronicité des MICI, il est fondamental de maintenir un bon état de santé dans la perspective, malheureuse, du retour d’une poussée inflammatoire.

 

Elargir et diversifier son alimentation

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Voici quelques règles de réintroduction pratiques pour la reprise d’une alimentation « normale » et une rééducation progressive du transit :

  • Être à la maison
  • Attendre la fin de poussée, dès le retour de selles normales, moulées
  • Introduire un aliment nouveau à la fois associé aux aliments habituels
  • Débuter par de petites quantités (1 à 2 cuillères à soupe) puis augmenter progressivement

Demandez de l’aide aux professionnels : médecin, gastroentérologue, diététicien… Ce dernier pourra vous délivrer de nombreux conseils personnalisés en fonction de vos goûts et habitudes alimentaires, y compris culinaires.

LEes fibres, des bienfaits ! 

En dehors des périodes de poussée, il est important de maintenir une alimentation variée et notamment riche en fibres. En effet, une alimentation riche en végétaux et contenant des céréales complètes, dans la mesure du possible, est bénéfique pour la santé de votre microbiote, la régulation de votre transit et votre état nutritionnel.

Les troubles fonctionnels intestinaux (TFI)

Les TFI sont fréquents et concernent environ 1/3 des malades. Ils peuvent faire croire à une poussée inflammatoire en raison des symptômes digestifs (ballonnements, douleurs, diarrhée, constipation, …) similaires à ceux d’une poussée inflammatoire. Ils demandent à être pris en considération, notamment à travers l’alimentation.

TFI et pistes alimentaires :

  • Recherche d’une intolérance au lactose avec le gastroentérologue : éviter une alimentation sans lactose inutile. Une diminution est souvent suffisante.
  • Test de la diminution du gluten dans l’alimentation en choisissant les sources alimentaires.
  • Test de l’alimentation sans FODMAPs, très contraignante et restrictive, elle doit être menée avec l’aide d’un diététicien spécialement formé.

Que penser des régimes ?

La proposition de régimes divers est relativement facile à constater et la tentation de les suivre est grande et trouver une issue. Mais qu’en est-il réellement ? Si la mise en place d’une alimentation particulière permettait la guérison totale des MICI, l’information serait passée chez les malades. Or, si chez certains l’adoption d’une alimentation particulière s’est avérée fructueuse, chez d’autres il n’est est rien. Méfions-nous des solutions simples à des problèmes complexes.

Il est assez facile de constater que ces régimes n’apportent pas de solution rapide et efficace aux malades atteints de MICI. Une éviction temporaire de certains aliments peut s’avérer justifiée après des examens biologiques, donc au cas par cas et cela se détermine avec un professionnel de santé. Si vous mettez en place certains conseils, gardez toujours à l’esprit que vous gagnerez en confort de vie mais en aucun cas, ces éléments n’agiront sur l’évolution de votre maladie.

L’alimentation en période de poussée peut être une alimentation pauvre en fibres et en dehors des poussées, il est nécessaire d’élargir progressivement le choix des aliments pour tendre vers une alimentation diversifiée, en respect avec la tolérance de chacun tout en évitant au maximum les interdits.

Il est important de toujours garder à l’esprit qu’actuellement aucun élément nous permet d’affirmer qu’un aliment guérit ou provoque une poussée mais certains peuvent améliorer les symptômes.

 

Les différents types de régimes

Bien se nourrir en rémission 

Suivre une alimentation suffisante en quantités pour couvrir votre besoin énergétique et variée en vue d’assurer un apport nutritif adéquat.

Retrouver la diversité alimentaire, le plaisir de manger et la convivialité des repas d’avant la poussée.

De plus, il est primordial de lutter contre la dénutrition, favoriser la reprise de poids en limitant les restrictions inutiles et en favorisant les apports énergétiques bien digerés, limiter les déséquilibres et carences alimentaires nuisibles à votre organisme et donc à votre rémission en réintroduisant les aliments évités et/ou limités.

Il ne faut pas vouloir suivre un régime équilibré à la lettre, une alimentation normale axée sur le plaisir gustatif est recommandée comme pour toute personne n’ayant pas de problème digestif. Les malades atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin n’ont en général pas de problème de cholestérol, ni de tendance au surpoids (sauf lors de corticothérapie importante).

De plus, l’alimentation n’a pas besoin d’être équilibrée à tous les repas, l’équilibre énergétique et nutritionnel s’établit  sur plusieurs semaines.

Pour finir, attention à la frustration engendrée par trop de restrictions alimentaires, elle peut être mal tolérée et entrainer des craquages « indigestes » (pris trop vite, pas assez mastiqué, …).

Consultez nos fiches pratiques sur l'alimentation :

À retrouver sur https://www.afa.asso.fr/alimentation-et-mici/adapter-son-alimentation/manger-remission-mici/

L’afa est aujourd’hui l’unique organisation française, reconnue d’utilité publique, à se consacrer aux Maladies Inflammatoires Chroniques Intestinales (MICI), maladie de Crohn et rectocolite hémorragique.

L’association s’est donnée plusieurs missions :

  • guérir en soutenant des programmes de recherche fondamentale et clinique, en proposant des améliorations dans le parcours de soins et en produisant des connaissances sur nos maladies ou sur le "vivre avec" ;
  • informer et soutenir les malades et leurs proches via un réseau de professionnels et de bénévoles formés répartis sur 22 régions et nos outils internet ;
  • partager son expérience avec les autres malades et leurs proches sur internet ou lors de rencontres locales ;
  • représenter tous les malades ainsi que leurs proches, porter leurs voix auprès des décideurs politiques et de santé ;
  • former et informer les professionnels de santé sur le quotidien avec la maladie ;
  • communiquer sur nos maladies encore beaucoup trop méconnues et tabous ;
  • agir en tant qu'acteur de santé publique dans la démocratie sanitaire.

 

Association François Aupetit - Crohn RCH France