La luminothérapie est-elle efficace contre la dépression saisonnière ?

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Service Public d'Information en Santé

03/04/2025 4 mins de lecture

Vous sentez-vous parfois triste ou sans énergie quand les journées raccourcissent et que la lumière se fait rare ? Il se pourrait que vous souffriez de dépression saisonnière. Cette forme particulière de dépression peut être soulagée par un traitement particulier qui fait appel à une lumière blanche particulièrement puissante : c’est la luminothérapie. Quelles sont les personnes qui peuvent bénéficier de ce traitement ? Quels en sont les effets indésirables ? 

Qu’est-ce que la dépression saisonnière ? 

La dépression saisonnière, également appelée SAD pour Seasonal Affective Disorder, touche entre 1 et 3 % des personnes, principalement au cours de l’automne et de l’hiver, lorsque la lumière naturelle diminue. Ce trouble peut apparaître à tout âge, mais il est plus courant entre 20 et 40 ans. Il touche surtout les femmes (elles représenteraient environ 75 % des cas) et les personnes qui vivent dans des régions où l’hiver est peu lumineux (plus près des pôles).

Les symptômes typiques incluent de la tristesse, de l’anxiété, des difficultés à se concentrer, de la fatigue, une envie irrésistible de dormir plus longtemps (hypersomnie) et des fringales d’aliments sucrés. Ces signes se répètent généralement chaque année à la même période et s’atténuent quand les beaux jours reviennent.

Pour poser un diagnostic de dépression saisonnière, il faut qu’il y ait :

  • une relation régulière entre la survenue des épisodes dépressifs et une période particulière de l’année ;
  • la présence d’au moins 2 épisodes dépressifs au cours des 2 dernières années, avec disparition des symptômes à l’entre-saison ;
  • au cours de la vie entière du sujet, les épisodes dépressifs saisonniers doivent être nettement plus nombreux que ceux non saisonniers. 
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Qu’est-ce que la luminothérapie ? 

Quand sortir davantage à la lumière du jour et bouger régulièrement ne suffisent pas, la luminothérapie est souvent le premier choix de traitement contre la dépression saisonnière. On estime que 60 à 90 % des personnes ressentent une amélioration grâce à ce procédé. Comparée aux médicaments antidépresseurs, la luminothérapie semble agir plus vite, sans causer de dépendance, avec très peu d’effets indésirables. 

Une séance de luminothérapie consiste à s’exposer, dans les 2 heures qui suivent le réveil, à une lampe d’une puissance de 10 000 lux à une distance d’environ 30 centimètres durant 30 minutes. La durée d’exposition est proportionnelle à l’intensité de la lampe. Durant la séance, le patient peut effectuer différentes activités, comme lire ou utiliser son smartphone. Bien qu’il arrive que les symptômes s’atténuent après seulement 2 à 4 jours de séance matinale quotidienne, les effets thérapeutiques sont généralement observés après 1 à 2 semaines. Le traitement dure en général 2 ou 3 semaines. Si les symptômes persistent, un traitement antidépresseur ou une thérapie cognitivo-comportementale peuvent être associés à la luminothérapie.

La luminothérapie se pratique surtout en milieu hospitalier, dans des services spécialisés, sous surveillance par des professionnels de santé formés à son utilisation. Des cures à domicile sont également possibles, mais les lampes anti-déprime « grand public » sont chères et d’efficacité mal établie. Attention, les simulateurs de l’aube ne sont pas des appareils de luminothérapie ! 

Quels sont les effets indésirables de la luminothérapie ? 

Les effets indésirables de la luminothérapie sont rares et bénins : maux de tête, fatigue des yeux, hyperactivité, somnolence ou insomnie. Ces petits désagréments disparaissent souvent après quelques jours. Afin de les limiter, il est possible de débuter le traitement avec une puissance lumineuse modérée (2500 à 5000 lux) ou d’effectuer des séances courtes (5 à 10 minutes par jour) durant les premiers jours. La puissance de la lampe et la durée des séances sont ensuite progressivement augmentées. Si les effets indésirables persistent, il est conseillé de faire des pauses durant la séance ou d’éloigner la lampe de quelques centimètres. 

Est-ce que tout le monde peut bénéficier de la luminothérapie ? 

Une lampe de luminothérapie projette une lumière blanche sans ultraviolet. Elle ne provoque pas de coup de soleil et est compatible avec les médicaments dits « photosensibilisants » (qui réagissent avec les ultraviolets). Néanmoins, par prudence, les personnes qui prennent ce type de médicament (doxycycline, antibiotiques de la famille des quinolones, isotrétinoïnes, fluoxétine, lithium, millepertuis, par exemple), ainsi que celles qui souffrent de porphyrie (une maladie génétique) ou d’urticaire solaire, doivent avoir un avis médical avant de suivre un traitement par luminothérapie.

De plus, il est conseillé de consulter au préalable un ophtalmologue en cas de maladie des yeux comme le glaucome, la dégénérescence maculaire de la rétine (DMLA), la rétinopathie ou la cataracte.

Enfin, les personnes qui souffrent de troubles bipolaires ne doivent l’utiliser qu’après avis médical, car la lumière intense pourrait déclencher des épisodes d’hyperactivité (épisodes maniaques). 

En conclusion, la luminothérapie semble efficace contre la dépression saisonnière. Ses effets sont variables selon les patients mais, lorsqu’elle apporte un bénéfice, celui-ci apparaît en quelques jours. Plus récemment, la luminothérapie a été étudiée, avec un certain succès, comme traitement d’appoint dans les dépressions non saisonnières, en association avec les médicaments antidépresseurs et les traitements psychothérapeutiques.

La luminothérapie est un traitement médical qui nécessite une consultation préalable et qui doit être supervisé par des professionnels. Mieux vaut donc résister à la tentation de l’automédication et éviter les lampes non médicales vendues dans le commerce. 

Auteur : Service Public d'Information en Santé

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