Dérives sectaires et santé

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Publié le 24/06/2019

Information proposée par Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)

Les promesses et recettes de guérison, de bien-être et de développement personnel sont au cœur des pratiques à risque de dérives sectaires, qu’elles émanent de groupes structurés à dimension transnationale ou de la multitude de mouvements isolés, constitués le plus souvent autour d’un gourou thérapeutique et d'une poignée d’adeptes.

Ce phénomène est préoccupant par son développement exponentiel au regard de l’augmentation du nombre de praticiens, de techniques non conventionnelles à visée thérapeutique et de formations débouchant sur des qualifications non validées et d’avenir incertain. L’offre psychothérapeutique est particulièrement concernée par ce constat.

Aujourd’hui :

  • 4 Français sur 10 ont recours aux médecines dites alternatives, dont 60 % parmi les malades du cancer,
  • il existe plus de 400 pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique,
  • on dénombre 1 800 structures d’enseignement ou de formation « à risques » dans le domaine de la santé,
  • 4 000 « psychothérapeutes » autoproclamés n’ont suivi aucune formation et ne sont inscrits sur aucun registre.
  • on évalue à près de 200 le nombre de "bio-décodeurs", à plus de 800 le nombre de kinésiologues, à environ 3 000 le nombre de médecins qui seraient en lien avec la mouvance sectaire.

Les dangers et les dérives du marché alternatif de la guérison et du bien-être tiennent notamment à l’absence d’évaluation indépendante et rigoureuse des méthodes et des formations qui excluent explicitement ou de fait les traitements médicaux conventionnels.

Le dynamisme aguerri de ces groupes s’affirme : promotion par le recours à Internet, participation à de nombreuses manifestations (colloques, séminaires, salons de "bien-être"…), diffusion de produits complémentaires thérapeutiques par le système des ventes pyramidales, protection des labels, invention d’ « ordres » pseudo-professionnels…

De nouvelles tendances à risque répondant aux critères de l’emprise sectaire apparaissent, opportunément liées aux préoccupations d’ordre environnemental ou écologique.

Cette offre complexe et évolutive génère des situations humainement douloureuses et peut conduire à des poursuites pénales ou ordinales.

A ce jour, les dérives sectaires dans le domaine de la santé représentent près de 40 % de l’ensemble des signalements reçus à la Miviludes.

La Miviludes a conclu un certain nombre de partenariats pour mieux prévenir et protéger les usagers des dérives thérapeutiques à caractère sectaire. Cliquez ici pour en savoir plus.

De plus, afin de sensibiliser un certain nombre de professionnels dans le domaine de la santé, la Miviludes et l'Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) ont mis en place une session de formation continue intitulée "Comment faire face aux dérives sectaires". Sa première session s'ouvrira en février 2016.

Pour en savoir plus, consulter le site de l'EHESP.

À retrouver sur https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire/o%C3%B9-la-d%C3%A9celer/sant%C3%A9

La Miviludes est une mission interministérielle instituée auprès du Premier ministre par décret présidentiel du 28 novembre 2002.

  • Elle mène une action d’observation et d’analyse du phénomène sectaire à travers ses agissements attentatoires aux droits de l’homme, aux libertés fondamentales et autres comportements répréhensibles.
  • Elle coordonne l’action préventive et répressive des pouvoirs publics à l’encontre des dérives sectaires et contribue à la formation et l’information de ses agents.
  • Elle informe le public sur les risques voire les dangers auxquels il est exposé et facilite la mise en œuvre d’actions d’aide aux victimes de dérives sectaires.
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (MIVILUDES)