#EnBref - Oui, le paracétamol présente de vrais risques en cas de surdosage
Article
Publié le 04/06/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
D’après les données de l’Assurance maladie, plus de 415 millions de boîtes de paracétamol ont été délivrées sur prescription médicale en 2024, ce qui en fait le médicament le plus utilisé par les Français. Il s’agit d’un médicament tout à fait sûr et efficace... mais qui présente aussi de vrais risques en cas de surdosage. Voici ce qu’il faut savoir pour qu’il reste sûr et efficace.
Dans quels cas le paracétamol est-il indiqué ?
Le paracétamol (Doliprane, Dafalgan, Efferalgan…) est indiqué pour diminuer les douleurs d’intensité légère à modérée et/ou pour faire chuter la fièvre. Il ne permet pas de guérir la cause de la douleur, mais il en soulage les symptômes. Il s’agit d’un antalgique.
Quelles sont les règles à respecter ?
Le paracétamol doit toujours être pris à la dose la plus faible possible, tant qu’elle est efficace, et sur la durée la plus courte possible.
Respectez bien :
- la dose maximale par prise (1 gramme),
- la dose maximale quotidienne (3 à 4 grammes chez l’adulte),
- l’intervalle minimum entre les prises (4 heures),
- la durée maximale de traitement recommandée (3 jours en cas de fièvre, 5 jours en cas de douleur, en l’absence d’examen par un médecin).
A quoi d’autre dois-je être attentif ?
Vérifiez la présence de paracétamol dans les autres médicaments que vous prenez (ils peuvent être indiqués pour la douleur, la fièvre, les allergies, réduire les symptômes du rhume ou un état grippal).
Si vous avez une maladie des reins, du foie (insuffisance hépatique, cirrhose), si vous souffrez d’alcoolisme chronique ou si vous pesez moins de 50 kg : consultez un professionnel de santé avant de prendre du paracétamol.
Si vous êtes enceinte : en règle générale, la prise de médicament doit être évitée pendant cette période. Toutefois votre professionnel de santé (pharmacien sage-femme, médecin…) pourra si besoin vous conseiller de prendre du paracétamol, mais toujours à la dose efficace la plus faible possible et pendant la durée la plus courte possible.
Pour les jeunes enfants (moins de 27 kg) : la recommandation dépendra du poids de l’enfant. Il existe des médicaments à base de paracétamol qui sont adaptés aux enfants : demandez conseil à votre pharmacien ou à votre médecin.
Quels sont les risques en cas de surdosage ?
La transformation du paracétamol par votre foie produit des molécules toxiques. A faible dose, celles-ci sont éliminées rapidement et n’ont pas d’impact sur votre santé. Mais si vous prenez trop de paracétamol, vous risquez de causer des dommages graves et irréversibles à votre foie. Avec, dans les cas les plus graves, une insuffisance hépatique aiguë (hépatite fulminante) pouvant entrainer la mort.
De fait, le surdosage de paracétamol constitue la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France. Un surdosage peut également provoquer des lésions des reins et du pancréas.
Quels sont les signes qui doivent alerter ?
Il n’est pas toujours simple de déceler une intoxication au paracétamol. En cas de surdosage important, il peut y avoir des nausées, des vomissements, des maux de ventre, des diarrhées ou des sueurs.
Parfois, les patients ne présentent au départ aucun symptôme, mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas d’intoxication ou qu’elle n’est pas grave. Le foie peut se détruire en silence et les symptômes n’apparaître qu’au bout de quelques jours, avec notamment un jaunissement de la peau et du blanc des yeux (jaunisse), ainsi que des saignements (sous la peau, nez, gencives).
Si l’intoxication est due à la prise de doses réduites sur une longue période, les premiers symptômes peuvent être ceux d’une insuffisance hépatique (jaunisse et saignements).
Comment réagir en cas de soupçon de surdosage ?
En cas de soupçon de surdosage de paracétamol, il ne faut pas attendre d’observer des symptômes pour réagir. Vous devez appeler immédiatement un centre antipoison ou un service d’urgence : 15 (Samu), 18 (pompiers) ou 112 (toutes urgences médicales, incendie, sécurité). Ceux-ci évalueront la gravité de l’intoxication et détermineront la conduite à tenir.
Pour en savoir plus : le paracétamol (Agence nationale de sécurité du médicament)
Source :
- https://www.ameli.fr/paris/pharmacien/sante-prevention/paracetamol-securisation-de-la-dispensation
- https://ansm.sante.fr/dossiers-thematiques/le-paracetamol
- https://ansm.sante.fr/actualites/paracetamol-attention-aux-intoxications-volontaires-par-des-enfants-et-des-adolescents
- https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/les-faits-en-bref-lésions-et-intoxications/intoxication/intoxication-par-le-paracétamol
- https://www.cap.chu-lille.fr/paracetamol/#1602747997936-9d6cfc75-8aab
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.