Prévenir l’obésité

Dossier

Publié le 22/11/2019

Dossier constitué avec : Le Ministère de la Santé et de la Prévention, Santé Publique France, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le Collectif National des Associations d'Obèses (CNAO), l'Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA), l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ObéCentre, Ameli, cancer-environnement.fr, mangerbouger.fr

Caractérisée par un excès de graisse corporelle, l’obésité est une maladie dont les causes sont complexes. Elle a des conséquences négatives sur la santé. 

Pour prévenir l’apparition de l’obésité, il importe d’adopter une bonne hygiène de vie, notamment en termes d’alimentation, d’activité physique et de sommeil.

L’obésité, qui est concerné ?

L’obésité est une maladie chronique qui se manifeste par une accumulation excessive de graisse corporelle entraînant des inconvénients pour la santé. L’obésité est une pathologie qui nécessite d’être prise en compte dans une approche globale. Modifier certaines habitudes de vie peut fortement contribuer à sa prise en charge. En France, elle concernerait 17 % des adultes.

Le diagnostic de l’obésité passe notamment par la mesure d’un indicateur : l’indice de masse corporelle (IMC). Pour calculer son IMC, il faut diviser le poids (en kg) par le carré de la taille (en mètres). Par exemple, une personne mesurant 1,64 m et pesant 85 kg a un IMC de 85 / (1,64 x 1,64) = 31,6. 

Une personne avec un indice situé entre 25 et 30 est en surpoids. On parle d’obésité pour les personnes ayant un indice de masse corporelle égal ou supérieur à 30.



Il faut toutefois rester prudent dans l’interprétation de cet indice car pour un même IMC, la composition corporelle peut varier d’un individu à l’autre. Ainsi, un sportif de haut niveau a un IMC élevé sans pour autant présenter d’excès de masse grasse (les muscles pèsent plus lourd que la graisse). Les femmes enceintes sont également un cas particulier où l’IMC est élevé sans qu’il y ait forcément surpoids.

Indépendamment de l’IMC, un autre critère est également pris en compte pour estimer si une personne souffre d’obésité : le tour de taille. Lorsqu’il est supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme (en dehors de la grossesse), on parle d’obésité abdominale.



Pour toutes ces raisons, au-delà du calcul de l’IMC et de la mesure du tour de taille, il est nécessaire de consulter son médecin traitant pour confirmer une obésité.

Diagnostic du surpoids et de l’obésité chez l’enfant

Le rôle du médecin traitant est essentiel dans le dépistage de l’obésité chez les enfants : grâce à un suivi régulier de la courbe de corpulence, il peut repérer précocement un enfant qui présente des signes de surpoids.



La surveillance de l’IMC est recommandée 3 fois par an avant 2 ans, puis au minimum 2 fois par an. 

En cas de diagnostic positif, l'objectif pour l’enfant sera de continuer à grandir, tout en gardant le même poids pendant un certain temps. Ainsi, il s'affinera et sortira de la situation de surpoids ou d’obésité. 

 

Quelles sont les causes de l’obésité ?

Les origines de l’obésité sont multiples : au-delà de la nutrition et de la génétique, de nombreux facteurs environnementaux semblent en effet impliqués dans le développement et l’installation de cette maladie chronique. 

La cause principale de l’obésité est un déséquilibre entre l’alimentation (les apports énergétiques) et l’activité physique (les dépenses énergétiques). 



Côté alimentation, la richesse des aliments en énergie (calories) et la quantité d’aliments consommés ont un impact direct sur la prise de poids.

Pour cette raison, la prévention de l’obésité passe par l’adoption d’habitudes alimentaires favorisant l’équilibre : préférer les fruits, légumes et céréales complètes aux aliments gras et sucrés, ne pas grignoter entre les repas, choisir des aliments dont le NutriScore est favorable, mais aussi résister aux sirènes de la publicité et des promotions en supermarchés ou aux excès festifs.



Côté activité physique, les loisirs sédentaires tels que la télévision ou les jeux vidéo, l’utilisation de la voiture et des transports en commun dans les déplacements du quotidien entraînent une diminution de l’activité physique quotidienne.



Néanmoins, alimentation et activité physique ne sont pas les seuls facteurs en jeu. Certaines personnes prennent plus de poids que d’autres, alors qu’elles ont la même alimentation et les mêmes modes de vie. Il y a donc d’autres facteurs qui peuvent influencer la prise de poids : une prédisposition génétique, la prise de certains médicaments, un déséquilibre hormonal, ou encore la composition de la flore intestinale, 



De plus, les circonstances de la vie qui génèrent du stress ou de l’anxiété peuvent contribuer à la prise de poids en augmentant la quantité d’aliments consommés : soucis personnels ou professionnels, maltraitances physiques ou psychologiques, arrêt du tabac, manque de sommeil, par exemple.



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Comprendre les mécanismes de la prise de poids

Nutrition et santé

Les risques associés à l’obésité 

Chez l’enfant et l’adolescent

Un enfant ou un adolescent obèse risque davantage de le rester une fois arrivé à l’âge adulte et de développer des maladies telles que le diabète de type 2 à un âge plus précoce. La prévention de l’obésité chez l’enfant et l’adolescent doit donc intervenir le plus tôt possible, dès qu’il est en surpoids.Chez l’adulte



L’obésité chez l’adulte est un facteur de risque pour de nombreuses maladies, notamment le diabète de type 2, les problèmes articulaires au niveau des jambes, l’insuffisance respiratoire et le syndrome d’apnée du sommeil, ainsi que l’ensemble des cancers.



De plus, les personnes obèses souffrent plus fréquemment d’hypertension artérielle et d’excès de cholestérol sanguin qui, comme le diabète de type 2, favorisent la survenue de maladies du cœur et des vaisseaux (infarctus, AVC, artérite des jambes, par exemple).



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Les maladies associées à l’obésité

 

Des conséquences sur la santé mentale

Les personnes en situation d'obésité font fréquemment recours à des régimes toujours plus restrictifs, qui peuvent provoquer ce que l'on appelle le syndrome «yo-yo».  L'échec des régimes peut augmenter les sentiments de frustration et de culpabilité, tout en renforçant le besoin de compensation. L'inefficacité des régimes repose sur la présence des troubles du comportement alimentaire.

Cette frustration augmente le risque de dépression et d’anxiété. 



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Comment prévenir l’obésité

Une alimentation équilibrée

Le risque de développer l’obésité peut être réduit en suivant les recommandations nutritionnelles nationales. Voici l’essentiel à retenir : 

Les aliments à manger plus souvent et en plus grande quantité

  • Fruits et légumes au moins 5 portions (80-100 g) chaque jour. Limiter sa consommation de jus de fruits (pas plus d’un verre par jour) et de fruits secs.
  • Des légumineuses au moins 2 fois par semaine : lentilles, fèves, pois chiches, haricots secs… Ce sont des sources de protéines utiles, en particulier lorsqu’elles sont associées aux céréales.
  • Une petite poignée de fruits à coque sans sel ajouté (amandes, noix, noisettes, pistaches, etc.).
  • Privilégier les plats cuisinés à la maison aux plats préparés industriellement

Les aliments à continuer à consommer régulièrement

  • 2 portions de produits laitiers (une portion correspond à 125 g de yaourt ou 30 g de fromage) en privilégiant les produits demi-écrémés
  • Au moins un féculent complet par jour, de préférence complet ou peu raffiné (riz, pâtes, pain, céréales, etc.) 
  • Poisson et fruits de mer : 2 portions par semaine, dont une de poisson gras (sardine, maquereau, thon, saumon). 
  • Matières grasses ajoutées : privilégier les matières grasses végétales, et notamment les huiles de colza, noix et olive.

Les aliments à manger moins souvent et en moins grande quantité

  • Viande : privilégier la volaille et limiter la consommation de viande rouge (porc, veau, bœuf, mouton, agneau, abats) à 500 g par semaine maximum.
  • Pas plus de 150 g de charcuterie par semaine
  • Produits sucrés : viennoiseries, gâteaux, bonbons, boissons sucrées/énergétiques, etc.
  • Aliments gras, sucrés, salés ou ultra-transformés
  • Boissons alcoolisées (maximum 2 verres par jour et pas tous les jours)
  • Sel

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Des outils pour identifier les bons produits

Pour faciliter le repérage des produits alimentaires bons pour la santé, il existe des outils efficaces, par exemple la repérage via le NutriScore, indiqué sur l’emballage de certains aliments.

 

Une activité physique régulière

L’adulte

Pour prévenir l’obésité — mais aussi pour rester en bonne santé en général — il est recommandé de pratiquer au moins 30 minutes d’activité physique dynamique par jour y compris les activités du quotidien ou de loisirs. Pour plus de bienfaits pour la santé, il est recommandé de faire deux fois par semaine des activités de renforcement musculaire, d’assouplissement et d’équilibre. De plus, mieux vaut ne pas rester assis trop longtemps et se lever pour marcher un peu au moins toutes les 2 heures.

L’enfant

Il est conseillé d’encourager les jeux en plein air dès le plus jeune âge, et de limiter les loisirs de type sédentaire (télévision, jeux vidéos, par exemple). En effet, une étude de l’Inserm a montré que, dès l’âge de 2 ans, le nombre d’heures passées chaque jour à pratiquer une activité physique est déterminant dans la prévention du surpoids et de l’obésité chez l’enfant.

Pour un enfant, il est recommandé de pratiquer des activités physiques pour arriver à 60 minutes d’activité modérée à intense chaque jour. La durée de temps passée à pratiquer des loisirs sédentaires (télévision, jeux vidéos, etc.) doit être réduite.  Les activités physiques à pratiquer en priorité sont celles qui motivent durablement l’enfant, selon ses goûts : par exemple les jeux d’eau et la natation, le cyclisme, la marche et la randonnée, la gymnastique douce, la danse, etc.



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L’adolescent

Quand on a entre 12 et 17 ans, il est recommandé de faire au moins 1 heure par jour d’activités physiques dynamiques comme par exemple faire du vélo ou de la trottinette, marcher d’un bon pas, monter des escaliers… Autre recommandation : pratiquer un jour sur deux des activités qui renforcent les muscles et les os et qui améliorent la souplesse (danse, gymnastique…).

Pour prévenir l’obésité, il est également important de ne pas rester assis ou allongé plus de 2 heures d’affilée (en dehors des temps de repas et de sommeil) et de limiter à 2 heures par jour le temps passé devant un écran.

Les bénéfices d’une activité physique régulière chez l'enfant et l’adolescent en surpoids 

L’activité physique :

  • améliore les capacités musculaires et respiratoires à l'effort ;
  • diminue la masse grasse et stabilise ou augmente la masse musculaire ;
  • est associée à une image positive du corps et engendre un mieux-être général ; 
  • diminue le risque de diabète de type 2.

Profiter des jeux en plein air, utiliser le vélo, descendre du bus, du tram ou du métro une station plus tôt, privilégier les escaliers à l’ascenseur…autant de trucs et astuces pour faire de l’activité physique au quotidien.

Qui consulter en cas de risque d’obésité ?

En cas de surpoids, il convient d’en parler à son médecin traitant ou à un professionnel de santé dans lequel on a confiance. Pour une prise en charge en cas d’obésité, le médecin traitant est l’interlocuteur privilégié. Ce dernier fixera les objectifs pour éviter de prendre du poids en adoptant un mode de vie plus favorable à la santé.

Si nécessaire, il orientera vers d’autres professionnels de santé, en particulier un diététicien et/ou un psychologue. Il pourra faire le lien avec un CSO (centre spécialisé obésité).