Arrêter de fumer

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Parmi les mesures d'hygiène de vie que l'on peut prendre pour garder la santé, l'arrêt du tabac est probablement celle qui procure le plus de bénéfices. La nicotine étant une substance puissamment addictive, cesser de fumer requiert souvent une motivation importante et des tentatives répétées.

Le tabac, la première cause de mortalité évitable.

En France, le tabac tue environ 66 000 personnes chaque année. Fumer augmente le risque de survenue d'une maladie cardiovasculaire (artérite, accident vasculaire, infarctus du myocarde, etc.) ou d'un cancer (du poumon, de la langue, de la gorge, de l'œsophage, de la vessie et d'autres). C'est un facteur de risque du diabète de type 2. Il est directement responsable de la bronchite chronique et de l'insuffisance respiratoire chronique. De plus, le tabagisme chez les femmes enceintes peut être à l’origine d’un retard de croissance du fœtus.

Arrêter de fumer, un changement difficile qui demande de la motivation.

Il ne faut pas se leurrer, arrêter de fumer demande de gros efforts, car la nicotine est un produit entraînant, dans plus de 50 % des cas, une très forte dépendance à la fois physique et psychologique. Pendant le premier mois, ces symptômes de manque sont essentiellement de l'irritabilité (voire de l'agressivité), de la tristesse (voire une dépression légère), de l'agitation et des difficultés à se concentrer. Ensuite, en général plus de dix semaines après l'arrêt, l'appétit est augmenté et l'envie de fumer est parfois très intense.

On compte cinq à sept tentatives en moyenne, avant l’arrêt définitif — ce qui montre bien qu’il ne faut pas se décourager en cas d’échec, mais au contraire prendre le temps de se remotiver. Faire plusieurs tentatives de sevrage tabagique ne constitue pas un signe de faiblesse de caractère. Cela démontre au contraire une envie sincère, qui finira par aboutir.

En pratique, comment arrêter la cigarette ?

Il n’existe pas de méthode unique pour arrêter de fumer. Les conseils de son médecin généraliste ou d’un tabacologue sont utiles : une tentative a deux fois plus de chances de réussir si elle est accompagnée par un professionnel de la santé (pour trouver un tabacologue près de chez vous, vous pouvez consulter la page de Tabac Info Service Trouver un tabacologue). Par ailleurs, n’hésitez pas à vous faire aider par des professionnels en utilisant, par exemple, la ligne téléphonique gratuite Tabac Info Service (3989).

Voici quelques conseils pour vous aider à en finir avec la cigarette.

  • Réduisez progressivement le nombre de cigarettes. Essayez de ne les fumer qu’à moitié avant de les écraser.
  • Enrôlez un ami non fumeur pour vous encourager et vous soutenir dans votre démarche. Ceux qui ont recours à cette méthode auraient deux fois plus de chance de ne pas se remettre à fumer dans l’année qui suit.
  • Faites du sport. Le sport éloignera le tabac de vos pensées et diminuera la tendance à la prise de poids qui suit souvent l’arrêt de la cigarette.
  • Pour arrêter de fumer sans grossir, souvenez-vous que ce n’est pas l’arrêt de la cigarette qui fait prendre du poids, mais les aliments que l’on mange en plus pour résister à la tentation !
  • Mâchez du chewing-gum ou croquez une pomme quand vous avez un petit creux. Quand le taux de glucose dans le sang diminue, certains fumeurs se ruent sur leur cigarette.
  • Évitez de boire de l’alcool. Celui-ci est le meilleur moyen de saper votre volonté.

S’arrêter de fumer pendant la grossesse

Le tabagisme chez les femmes enceintes peut être à l’origine d’un retard de croissance du fœtus. Pour arrêter de fumer lorsqu’on est enceinte, les autorités de santé recommandent en priorité les méthodes dites cognitivo-comportementales. Il s’agit d’un ensemble de techniques de psychologie appliquée fondées essentiellement sur la discussion avec un professionnel de santé formé à cette approche et sur des exercices simples destinés à préparer une stratégie personnelle à mettre en place si l’envie de fumer devient irrésistible.

Chez les femmes fortement dépendantes de la nicotine, en particulier celles qui ne parviennent pas à arrêter de fumer avec les méthodes comportementales, l’usage d’un substitut nicotinique (patch, gomme à mâcher, etc.) peut constituer une aide, car ces substituts permettent au moins de ne pas exposer le fœtus aux toxiques complémentaires de la nicotine présents dans la fumée du tabac. Leur utilisation doit se faire sous contrôle médical.

Quels traitements pour soutenir l'arrêt de la cigarette ?

Les médicaments disponibles pour accompagner le sevrage tabagique sont de deux types : les substituts de la nicotine, disponibles sans ordonnance, et le bupropion et la varénicline (sur ordonnance). Ces médicaments sont plus efficaces s'ils sont associés à un soutien psychologique et un suivi, par exemple par le médecin traitant.

Les substituts de la nicotine constituent le traitement préconisé en premier lieu. Ils existent sous plusieurs formes : comprimé à sucer, comprimé sublingual, gomme à mâcher, timbre (dispositif transdermique) ou dispositif pour inhalation. L’association de deux substituts de la nicotine (patch et comprimé à sucer, par exemple) est possible.

À posologie équivalente, toutes ces formes ont la même efficacité. Le choix du dosage se fait en fonction du degré de dépendance initiale à la nicotine. Les fumeurs fortement ou très fortement dépendants commencent par les dosages les plus forts. Il faut tenir compte des signes éventuels de sous-dosage (insomnie, irritabilité, agitation, sensation de faim) ou de surdosage (bouche sèche, état nauséeux, maux de tête, tremblements, palpitations) pour adapter la posologie. Soyez vigilants et ne laissez pas traîner ces produits à portée de main des enfants. Une ingestion accidentelle pourrait avoir de graves conséquences.

Plusieurs substituts nicotiniques (comprimés à sucer, gommes, patchs) sont désormais remboursables à 65 % lorsqu’ils sont prescrits par le médecin (y compris médecin du travail) ou un autre professionnel de santé (sage-femme, dentiste, infirmier, masseur kinésithérapeute).

La cigarette électronique ou “vapotage” pourrait avoir un intérêt chez le fumeur dépendant, du fait notamment de l’absence de goudrons et de monoxyde de carbone dans la vapeur. Dans ses recommandations, publiées en janvier 2014, la Haute autorité de santé (HAS) ne la recommande pas « à ce jour » comme outil d’aide à l’arrêt du tabac, car ses bénéfices et son absence de nocivité n’ont pas été totalement établis. Néanmoins, son utilisation dans une tentative de sevrage « ne doit pas être découragée » chez un fumeur qui veut arrêter de fumer et qui a commencé à vapoter.

D’autres méthodes alternatives existent : hypnose, acupuncture, mésothérapie, auriculothérapie. Les études sont encore insuffisantes pour établir leur efficacité, mais ces techniques n’ont pas montré de risque majeur.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé