Tendinopathies (tendinites)
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Tendinopathie ou tendinite ?
L’appellation courante de « tendinite » n’est pas totalement correcte. En effet, sauf lorsque la gaine d’un tendon est enflammée, il n’y a pas à proprement parler d’inflammation. Or le suffixe « ¯ite » signale l’inflammation d’un organe (comme dans « hépatite », l’inflammation du foie).
Le terme de « tendinopathie » (« maladie du tendon ») est désormais préféré car l’examen microscopique d’un tendon douloureux montre une dégénérescence et non une inflammation.
Les symptômes des tendinopathies
En cas de tendinopathie, des douleurs apparaissent au niveau du tendon. Elles peuvent survenir lors de l’étirement passif ou de la mise en tension par contraction musculaire, ou lors de la palpation par le médecin.
Parfois, on entend et on sent le frottement du tendon dans sa gaine (crépitements). La douleur peut être très vive.
Quelles sont les causes des tendinopathies ?
Une tendinopathie survient en général à la suite d’une sollicitation prolongée (utilisation intensive d’un clavier d’ordinateur ou de piano, tricot, jardinage, marche prolongée ou entraînement sportif trop intense) ou à cause du frottement du tendon sur un os ou dans une gaine trop serrée.
Les tendinopathies apparaissent souvent chez les personnes non entraînées. Les personnes âgées de plus de 40 ans et les femmes sont un peu plus à risque de développer des tendinopathies.
Certaines maladies peuvent se traduire par une plus grande fragilité des tendons : diabète, obésité, excès de cholestérol ou d’acide urique dans le sang, infection dentaire, maladie de Lyme et autres maladies infectieuses transmises par les tiques, brucellose, etc.
De plus, le tabagisme, parce qu’il réduit la vascularisation des tendons, contribue également à l’apparition de tendinopathies.
Enfin, certains traitements sont également susceptibles de provoquer des tendinopathies : antibiotiques (fluoroquinolones, telles que la ciprofloxacine, la lévofloxacine, la moxifloxacine ou l’ofloxacine), infiltrations de cortisone, anabolisants (« stéroïdes »), statines (contre l’excès de cholestérol), par exemple.
Comment prévenir les tendinopathies ?
Avant l’effort, un échauffement est indispensable qui doit être suffisamment long, progressif, adapté et doit devenir un automatisme.
De plus, lorsqu’on commence la pratique d’un nouveau sport, il est indispensable de prendre des conseils et de suivre des cours pour en maîtriser les bons gestes et les postures correctes. Un bon matériel d’entraînement est indispensable pour prévenir les accidents et les maladies liés au sport.
Attention, une hydratation insuffisante avant, pendant et après l’effort peut avoir de nombreuses conséquences, bénignes ou graves : tendinopathies, mais aussi crampe, malaise, coup de chaleur, etc.
Après l’effort, une séance d’étirements caractérisée par des exercices de contraction, de relâchement et d’étirement. Outre le fait d’aider au retour au calme, les étirements après le sport aident à prévenir les problèmes tendineux et musculaires.
Enfin, quelle que soit l’activité que vous pratiquez (sport, jardinage, bricolage, etc.), intercalez des pauses régulières à une activité qui implique des mouvements répétés.
Que fait le médecin face à une tendinopathie ?
La première mesure qu’il prend est de mettre le tendon au repos en l'immobilisant (bandage, attelle, voire plâtre). Cette mesure est habituellement associée à des médicaments antalgiques (antidouleur) et à des méthodes adéquates de kinésithérapie et de rééducation fonctionnelle qui contribuent à la guérison d’une tendinopathie et réduisent le risque de récidive.
Dans certains cas, le médecin peut prescrire des examens complémentaires : échographie, radiographie ou IRM, s’il suspecte une rupture ou des lésions de l’os ou du muscle.
Dans le cadre de la pratique sportive, le médecin cherche également à identifier les causes de la tendinopathie en vue de les corriger : mauvaise posture, mauvais gestes, échauffement bâclé, matériel ou équipement mal adapté, etc.
Le traitement des tendinopathies
La guérison complète d'une tendinopathie peut demander jusqu’à six mois de repos et de traitement. Si elle est due à des mouvements répétés, une tendinopathie nécessite l’arrêt complet de ce mouvement pendant toute la période de cicatrisation.
Le traitement des tendinopathies fait appel à quatre éléments :
- le repos, total pour une courte période, puis relatif avec un travail d’intensité progressivement croissante sous le contrôle d’un kinésithérapeute ;
- la kinésithérapie et la rééducation fonctionnelle, qui dure de trois à six mois ;
- éventuellement des médicaments contre la douleur ou, parfois, des infiltrations de plaquettes sanguines (prélevées chez le patient) pour stimuler la cicatrisation ;
- dans les cas les plus graves, un recours à la chirurgie.
Globalement, si de nombreux traitements ont été testés pour soigner les tendinites, le repos de longue durée et la rééducation fonctionnelle restent ceux qui semblent les plus efficaces pour qu’un tendon douloureux retrouve ses capacités fonctionnelles. Les médicaments anti-inflammatoires (en infiltrations ou en application locale) ne sont utiles que lors d’inflammation avérée de la gaine du tendon.
Le recours à l’ostéopathie est possible, en particulier pour corriger les problèmes de posture.
Sources
- Les tendinites, quels traitements ?, P. Bacquaert, Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé, 2017
- Injections de PRP pour les tendinites, P. Bacquaert, Institut de recherche du bien-être, de la médecine et du sport santé, 2017
- Tendinopathies du sportif : étiologie, diagnostic et traitement, G. Gremion & P. Zufferey, Rev Med Suisse 2015; volume 11. 596-601., 2015
- Problématique des tendinopathies, S. Leal, Hôpitaux universitaires de Genève, 2011
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