Constipation de l’adulte

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Quels sont les symptômes de la constipation ?

On considère qu’il y a constipation lorsque la fréquence des selles est inférieure à trois par semaine. Mais certaines personnes vont à la selle seulement deux fois par semaine et se sentent parfaitement à l’aise.

La constipation nécessite un traitement si celle-ci entraîne une sensation désagréable de lourdeur, des crampes dans le ventre, des ballonnements, ou des douleurs à la défécation. En effet, lors de ces épisodes, les selles sont souvent dures, sèches et difficiles à évacuer. La présence de sang dans les selles doit être considérée comme un signe d’alerte.

Quoique désagréable, la constipation est généralement anodine. Cependant, les difficultés pour aller à la selle peuvent entraîner des crises d’hémorroïdes. Chez les personnes d’un certain âge, une constipation chronique peut faire redouter une occlusion intestinale.

Quelles sont les causes de la constipation ?

La constipation est souvent le résultat de plusieurs facteurs associés : l’absence d’activité physique, une alimentation pauvre en fibres et une hydratation insuffisante. Elle peut également être liée à un changement de mode de vie ou d’alimentation, à des problèmes psychiques ou au stress (par exemple lorsque l’on arrête de fumer), aux changements hormonaux chez la femme. La constipation survient plus fréquemment après la soixantaine.

Plus rarement, la constipation peut être le symptôme d’une maladie grave. Parfois enfin, elle peut alterner avec des diarrhées. Cette alternance témoigne d’un obstacle dans les intestins (par exemple une accumulation de selles dures) ou d’une inflammation chronique.

Certains médicaments ralentissent le transit intestinal. La constipation liée aux antidouleurs de la famille des opioïdes (codéine, tramadol, oxycodone, morphine…) est très fréquente, notamment chez les personnes atteintes de cancer. Même l’absorption régulière de laxatifs peut constiper s’ils sont utilisés sur une trop longue période.

La constipation pendant la grossesse

Problème courant, on estime que la constipation touche une femme enceinte sur deux, en particulier celles qui souffraient déjà de ce problème avant la grossesse.

La constipation peut provoquer des douleurs du ventre qui inquiètent la femme enceinte. Si vous souffrez de maux de ventre, consultez avant de décider qu’il s’agit d’une constipation. Des solutions existent pour prévenir la constipation et faciliter le transit, même lorsqu'on est enceinte.

Pendant la grossesse, quelques mesures simples peuvent prévenir la constipation :

  • Pensez à vous hydrater suffisamment.
  • Consommez suffisamment d’aliments riches en fibres (légumes, fruits, féculents complets). Pensez aux cinq fruits et légumes par jour ! Attention, l’ajout de son de céréales dans les aliments peut provoquer des symptômes de colite douloureux. De plus, le son peut contribuer à la déminéralisation de la femme enceinte. Préférez les féculents complets.
  • Jusqu’à l’accouchement, veillez à maintenir une activité physique régulière compatible avec la grossesse.

Ne prenez aucun médicament sans avis médical préalable !

Quand faut-il consulter un médecin pour une constipation ?

Consultez un médecin dans la journée :

  • si la constipation s'accompagne de sang dans les selles.
  • si la constipation s'accompagne de douleurs abdominales persistantes, de nausées ou de vomissements.
  • si la constipation s'accompagne d'une impossibilité d'émettre des gaz et des ballonnements importants.
  • si la constipation s'accompagne de fièvre ou de frissons.

Consultez un médecin dans les jours qui viennent :

  • si l'émission de selles est accompagnée d'un mucus abondant (glaires).
  • si l'épisode de constipation est inhabituel, survient inopinément et se prolonge au-delà de 48 à 72 heures.
  • si constipation et diarrhée alternent.
  • si la constipation s'est déclarée en même temps que la prise d'un nouveau traitement.

Comment prévenir la constipation ?

  • Ne repoussez pas à plus tard une envie d’aller aux toilettes.
  • Augmentez vos apports en eau en buvant au moins un à deux litres de liquide par jour, sous forme d’eau, de tisanes, de jus de fruits, de soupe. La prise de liquide favorise la régularité des selles. N’abusez ni du café ni du thé ni des boissons gazeuses (colas).
  • Enrichissez votre alimentation en fibres : fruits, légumes, céréales complètes, noix, pruneaux, son de blé, graines de psyllium ou de lin par exemple.
  • Faites de l’exercice physique, sans oublier de boire pendant et après l’effort. Les personnes alitées pour cause de maladie doivent essayer de se lever et de marcher aussi souvent que le médecin l’autorise, pour stimuler l’envie d’aller à la selle.

Comment soigner la constipation chez l'adulte ?

  • Améliorez la position sur les toilettes pour faciliter l’évacuation des selles : soulevez vos pieds à la hauteur de la cuvette, en les posant sur un marchepied ou sur un coussin.
  • Améliorez l'aménagement des toilettes, même si aucune étude n'a porté sur ce sujet.
  • Enrichissez votre alimentation quotidienne en fibres : fruits, légumes, céréales complètes, noix, pruneaux, etc. Certains produits naturels permettent d’augmenter la teneur en substances de lest des aliments, tels que le son de blé, ou les graines de psyllium ou de lin. Une supplémentation avec des médicaments ou des produits diététiques peut être prescrite. Elle doit se faire de manière progressive sur 2 semaines afin de réduire les effets indésirables de type ballonnement et inconfort digestif.
  • Buvez des eaux riches en minéraux surtout en magnésium, sel minéral qui a un effet laxatif significatif.
  • Vous pouvez prendre un laxatif, à condition que ce traitement soit occasionnel. Les laxatifs recommandés sont les laxatifs osmotiques et les laxatifs de lest ; ils ont démontré leur efficacité et sont dénués de toxicité. Ils agissent en retenant l’eau de façon à ramollir les selles. Les laxatifs par voie rectale et les laxatifs stimulants (même les tisanes à base de plantes comme l’aloès, le cascara ou le séné) sont déconseillés car, à la longue, ils peuvent perturber le transit intestinal.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé