Diarrhée et gastro-entérite de l’enfant

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Les enfants souffrent assez fréquemment de diarrhée. La plupart du temps, il ne s’agit que d’un mauvais moment à passer pour peu que l’on veille à ce qu’ils ne se déshydratent pas. Le traitement consiste essentiellement à faire boire l’enfant, notamment en lui donnant des solutés de réhydratation.

Quels sont les symptômes de la diarrhée chez l'enfant ?

La diarrhée est une évacuation inhabituellement fréquente de selles liquides de couleur variée (vertes, noires, jaunes, etc.). On y trouve parfois des restes d’aliments non digérés. Les selles contiennent parfois des glaires et du sang. Une forte diarrhée peut être accompagnée de fièvre et de douleurs abdominales.

Quelles sont les complications éventuelles des diarrhées chez l'enfant ?

Chez le nourrisson, une diarrhée abondante peut rapidement provoquer une déshydratation et une perte de sels minéraux. Chez le petit enfant, la déshydratation sévère se manifeste par une grande fatigue, des yeux creux et cernés, une perte de poids et des troubles psychiques (désorientation, torpeur, somnolence anormale, etc.). Dans le cas d’une diarrhée chronique, l’état général de l’enfant se détériore progressivement et s’accompagne d’un amaigrissement important.

Les causes de la diarrhée chez l'enfant

Les causes les plus courantes de la diarrhée sont :

  • le plus souvent, une infection par des virus (comme les gastro-entérites à rotavirus), parfois par des bactéries, des parasites ou, plus rarement, par des champignons microscopiques.
  • une intoxication alimentaire à partir d’aliments avariés.
  • une intolérance vis-à-vis de certains aliments (par exemple, ceux contenant du lactose ou du gluten) ou encore une allergie alimentaire.

Lorsqu’un enfant fait ses dents avec difficultés, ou lors d’otites ou de rhinopharyngites, il peut parfois souffrir brièvement de diarrhée.

Que faire en cas de diarrhée chez un enfant ?

Ce que vous pouvez faire en cas de diarrhée chez un enfant

  • Dès les premiers signes de diarrhée, pesez votre bébé. Cette mesure de base permettra de dépister et d’évaluer une éventuelle déshydratation.
  • Si les premiers signes de diarrhée sont modestes (les selles sont un peu plus liquides que d’habitude), continuez son alimentation habituelle et surveillez l’évolution de la diarrhée.
  • Si la diarrhée est aiguë, compensez les pertes en eau et en sels minéraux avec des boissons contenant des sels minéraux et du sucre : les solutés de réhydratation. Il ne faut jamais réhydrater un enfant avec de l’eau pure.

Chez le nourrisson : donnez-lui seulement des solutés de réhydratation à volonté pendant six heures. S’il a plus de deux mois, vous pouvez ensuite alterner les solutés de réhydratation et le lait (allaitement ou lait artificiel). S’il a moins de 2 mois, l'utilisation d'un aliment lacté diététique (contenant un hydrolysat de protéines) est préconisée par certains experts.

Chez l’enfant plus grand : veillez à ce qu’il boive suffisamment (boissons sucrées, bouillons de légumes, jus de pomme ou solutés de réhydratation). Évitez certains aliments difficiles à digérer (légumes verts, tomates, viandes, œufs, fruits acides, par exemple). Proposez-lui des aliments antidiarrhéiques : riz (ou eau de riz), pommes de terre, pommes râpées ou en compote, bananes, gelée ou compote de coing. Lorsque la diarrhée cesse, réintroduisez les aliments habituels progressivement, en trois à quatre jours.

Limitez-vous aux médicaments prescrits par votre médecin. Chez les jeunes enfants, mieux vaut ne pas utiliser les médicaments antidiarrhéiques disponibles sans ordonnance.

Quand faut-il consulter un médecin en cas de diarrhée de l'enfant ?

Consultez un médecin dans la journée :

  • dans tous les cas, lorsqu'il s'agit d'un bébé de moins de trois mois.
  • si votre bébé vomit de manière répétée et ne boit plus.
  • si votre enfant ne mange plus et ne boit plus.
  • s’il présente des signes de déshydratation.
  • si la diarrhée persiste plus de deux jours.
  • si elle s'accompagne d'une forte fièvre.
  • si les selles contiennent des glaires ou du sang.

Consultez un médecin dans les jours qui viennent :

  • si vous ou votre enfant revenez d'un pays tropical.

La prévention des diarrhées de l'enfant

Respectez les règles d’hygiène de base (se laver les mains après être allé aux toilettes ou en rentrant à la maison, par exemple) pour limiter le risque de contamination. Les collectivités d’enfant (crèches, maternelles, etc.) sont des lieux propices à la propagation des épidémies de diarrhées.

Deux vaccins (Rotarix et Rotateq) sont disponibles contre les infections à rotavirus, responsables de la majorité des gastroentérites virales chez l’enfant de moins de 2 ans. Ils sont recommandés pour tous les nourrissons de 6 semaines à 6 mois pour limiter les formes graves de gastro-entérites.

Les traitements de la diarrhée de l'enfant

Lorsqu’un enfant souffre de diarrhée, le plus important est d’éviter la déshydratation et la perte de sels minéraux. Il existe en pharmacie des solutés de réhydratation équilibrés et adaptés aux besoins des nourrissons. La solution préparée doit être conservée au réfrigérateur vingt-quatre heures au plus. On peut l’administrer froide car cela calme les vomissements. Attention, avant l’âge de dix-huit mois, tous les autres types de boisson (eau nature ou sucrée, sodas à base de cola, ou autres) sont inadaptés.

Les traitements médicamenteux peuvent inclure :

  • du paracétamol en cas de fièvre,
  • des médicaments antispasmodiques pour calmer les douleurs abdominales,
  • des antidiarrhéiques (antisécrétoires intestinaux ; leur utilisation n'est pas systématique),
  • des médicaments contenant de la diosmectite (argile) chez les enfants de plus de 2 ans.

Les antibiotiques ne sont utiles que dans le traitement des gastro-entérites d’origine bactérienne.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé