Morsure et griffure
Article
Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Quels sont les symptômes et les causes des morsures ?
Les morsures et les griffures surviennent fréquemment chez les garçons de trois à neuf ans et, pour la moitié des cas, elles sont dues à un animal vivant au domicile (ou chez un voisin, une fois sur trois).
Les morsures sont souvent graves, surtout chez les enfants : la moitié d’entre elles se produisent au visage et au cou. Chez les adultes, ce sont essentiellement les bras et les jambes qui sont touchés. La plaie est généralement profonde à cause des dents pointues des animaux, en particulier avec les chats. Il peut y avoir arrachage de parties de chair.
Généralement, si un chien ou un chat est agacé, il s’en va. Mais un geste brusque, un coup, un pincement ou une étreinte un peu trop forte peuvent provoquer une réaction de défense de l’animal, d’autant plus importante s’il se sent empêché de fuir.
Caresser un animal inconnu (qui plus est un animal sauvage) peut être aussi dangereux car on ne connaît pas ses réactions.
Quelles sont les complications des morsures ?
Les morsures peuvent causer des dégâts esthétiques à vie et engendrer des problèmes psychologiques graves. Mais le risque immédiat est une infection des tissus car la bouche d’un animal comporte généralement beaucoup de micro-organismes qui entrent profondément dans la peau. La gravité des morsures est fonction de leur taille, de leur localisation (en particulier le visage, le cou ou les organes génitaux), de l'existence d'arrachement ou de fracture, ou des particularités des personnes mordues (elles sont plus graves chez les petits enfants, les personnes âgées ou celles immunodéprimées).
Qu’est-ce que la maladie des griffes du chat ?
Également appelée lymphoréticulose bénigne d’inoculation ou lymphogranulome bénin, la maladie des griffes du chat est une infection bactérienne transmise par une griffure de chat (parfois une morsure). Quelques semaines après la griffure, et alors que la plaie est cicatrisée, l’enfant se plaint de douleurs musculaires, de fièvre, de maux de tête, de fatigue et présente des rougeurs de la peau. Cette maladie guérit spontanément, mais des antibiotiques sont parfois prescrits chez les personnes immunodéprimées.
Que faire en cas de morsure ?
- Nettoyez la plaie le plus rapidement possible avec de l’eau savonneuse puis, après l’avoir bien rincée, avec un antiseptique.
- Les morsures, quelles qu’elles soient, justifient toujours une consultation médicale et, souvent, la prescription d’antibiotiques à titre préventif.
- Vérifiez que la vaccination contre la rage de l’animal et votre vaccination contre le tétanos sont bien à jour.
- Tout chien mordeur doit être soumis à une surveillance vétérinaire pendant deux semaines. Si le propriétaire s’y refuse, faites une déclaration à la gendarmerie ou au commissariat de police en exigeant l’application des mesures légales.
Que faire en cas de morsure de serpent ?
Les symptômes des morsures de serpent sont variables : douleur, malaises, vomissements, maux de tête, sueurs froides, pâleur, contractures musculaires, hallucinations ou troubles respiratoires. En France, la vipère est le seul serpent venimeux et elle est responsable des deux tiers des morsures. Néanmoins, la moitié des morsures se font sans injection de venin (morsure dite sèche) et elles sont exceptionnellement mortelles (un à trois cas en France pour environ 400 morsures chaque année).
- En cas de morsure par un serpent, appelez immédiatement le 15 ou le 112. En attendant les secours, allongez la victime en position latérale de sécurité et immobilisez le membre mordu. Restez à proximité de la personne. Il est possible d’administrer du paracétamol pour soulager la douleur mais mieux vaut éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, kétoprofène, etc.).
- Nettoyez et désinfectez la plaie sans utiliser ni alcool ni éther. Ne posez pas de garrot et enlevez tout objet (bagues, bracelets, etc.) qui pourrait bloquer la circulation sanguine.
- Il est inutile et dangereux de tenter d’aspirer le venin avec la bouche, d’inciser la plaie ou de la compresser. Les pompes aspirantes (kit anti-venin) n’ont pas démontré leur efficacité et retardent souvent la prise en charge médicale.
Comment prévenir les morsures ?
- Ne vous approchez pas d’un animal inconnu.
- Ne vous asseyez ou ne vous couchez jamais devant un chien inconnu et ne lui présentez jamais votre visage en premier, en vous penchant par exemple.
- Ne dérangez pas un animal lorsqu’il dort, mange ou fait ses besoins.
- N’approchez pas votre visage du museau d’un chien et n’essayez jamais de lui retirer un os ou un jouet de la gueule.
- Ne tentez pas de séparer des chiens qui se battent.
- N’empêchez pas un animal de s’enfuir et ne le forcez pas à jouer.
- Ne le taquinez pas ou ne lui tirez pas la queue ou les oreilles.
- Méfiez-vous des vieux animaux perclus de rhumatismes chez qui un geste anodin peut provoquer une vive douleur.
- Prenez garde aux petits chiens ayant pour maîtres des personnes âgées, ils sont souvent très jaloux et agressifs.
- Évitez d’approcher des animaux sauvages paraissant anormalement familiers.
Prévenir les morsures chez les enfants
Les enfants ne prennent pas souvent conscience du danger que représente un animal. Faites-leur prendre les mêmes précautions que vous et apprenez-leur à reconnaître les signaux que l’animal émet pour exprimer son impatience ou sa colère. Pour les chiens, il s’agit des grognements, des babines retroussées et des oreilles en arrière. Pour les chats, la queue qui bat en coups de fouet, les oreilles en arrière et les feulements.
- Ne laissez jamais un nourrisson sur le sol en présence d’un gros chien, même si celui-ci est d’un tempérament calme.
- Tant qu’il est trop petit pour mesurer le danger, surveillez votre enfant dès qu’il s’approche d’un animal. Expliquez-lui que ce n’est pas un jouet mais un être vivant. Apprenez à votre enfant la délicatesse envers les animaux.
Sources
- Griffures de chat, ameli.fr, 09/2017
- Morsure de chien ou de chat, ameli.fr, 07/2017
- Morsure de serpent, ameli.fr, 06/2017
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.