Allergie alimentaire

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Qu'appelle-t-on allergie alimentaire ?

L’allergie alimentaire est une réaction du système immunitaire à l’ingestion d’un aliment particulier. En France, le nombre de cas d’allergie chez les enfants a doublé ces dix dernières années, atteignant désormais 6 à 8 % des enfants de moins de douze ans.

Ces allergies alimentaires ne doivent pas être confondues avec les intolérances alimentaires, plus répandues mais moins spectaculaires. Les nourrissons peuvent être touchés, par exemple par l’allergie aux protéines de lait de vache.

Quels sont les symptômes des allergies alimentaires ?

Les allergies alimentaires entraînent généralement une réaction immédiate (plus rarement 24 à 48 heures plus tard), parfois très intense :

  • un reflux gastro-œsophagien et des régurgitations anormalement fréquentes chez le nourrisson ;
  • des rougeurs et des démangeaisons au niveau de la bouche ;
  • des nausées ou des vomissements ;
  • des coliques, des diarrhées ou de la constipation ;
  • des manifestations de la peau : démangeaisons, rougeurs, eczéma (chez 80 % des nourrissons souffrant d'allergie alimentaire), urticaire ;
  • des maux de tête ;
  • des symptômes ressemblant à l’asthme ou à un rhume des foins ;
  • un gonflement (œdème) des paupières, des mains, des pieds, voire du visage et de la gorge.

Dans les formes les plus sévères, l’œdème de la gorge peut bloquer la respiration et mettre la vie en danger. On observe parfois une perte de conscience et un coma (choc anaphylactique). Généralement, les allergies alimentaires vont en s’aggravant : la réaction du système immunitaire est de plus en plus intense lors de chaque exposition à l’aliment responsable.

Lorsqu’un enfant souffre de terrain allergique (rhume des foins, asthme, eczéma, etc.), il est essentiel de consulter un médecin dès les premiers signes de réaction inhabituelle suite à l’ingestion d’un aliment. Cette mesure de précaution peut prévenir le risque de complications graves.

Pourquoi les allergies alimentaires sont-elles de plus en plus fréquentes ?

Plusieurs hypothèses sont invoquées pour expliquer la fréquence croissante des allergies alimentaires, en particulier chez les enfants.

  • Une plus grande diversification des aliments. Avec les transports aériens et la mondialisation des denrées alimentaires, nous sommes exposés à de nombreux aliments que nos ancêtres ne connaissaient pas. De plus, chez les nourrissons, une diversification alimentaire trop précoce a été associée à une augmentation des cas d’allergie de ce type.
  • Des végétaux de plus en plus sélectionnés. Les progrès de la sélection de nouvelles variétés de céréales, de fruits et de légumes ont modifié leur composition chimique.
  • Une complexification de la fabrication des aliments. La création continue de nouveaux ingrédients et de nouveaux procédés agroalimentaires entraîne de nouvelles allergies. Par exemple, des enfants qui mangent du pain sans problème peuvent devenir allergiques aux isolats de blé (des protéines de blé rendues plus solubles et utilisées comme liants dans les charcuteries).
  • Une influence négative de la pollution de l’air par des particules de diesel ou des solvants, par exemple, et qui augmenterait la sensibilité allergique en général.
  • Une trop grande hygiène ! Certains scientifiques pensent que, chez les enfants, l’absence d’exposition aux micro-organismes dans l’environnement et l’alimentation favoriserait l’apparition d’un terrain allergique.

Quels sont les aliments responsables d'allergie alimentaire ?

Chez les enfants, les trois quarts des allergies sont dues à six familles d’aliments : les œufs, l’arachide (cacahuète), le lait de vache, la moutarde, les fruits à coque et le poisson.

Chez les adultes, la moitié des allergies est due à sept familles d’aliments :

  • les fruits de la famille des rosacées, par exemple les poires, les pommes, les pêches, les cerises ou les abricots ;
  • les fruits de la famille « latex » : kiwis, bananes, avocats et châtaignes ;
  • les légumes de la famille des ombellifères tels que le céleri ;
  • les fruits à coque comme les amandes, noisettes, noix ou pistaches ;
  • les céréales telles que le blé, l’orge ou le seigle ;
  • l’arachide ;
  • l’œuf.

Les dérivés du soja comme le tofu ou le lait de soja sont également responsables d’allergies alimentaires. Chez certaines personnes, l'anhydride sulfureux ou les sulfites (présents dans les fruits séchés ou le vin, par exemple) peuvent être responsables d'allergie alimentaire. Selon les habitudes alimentaires, d'autres allergies sont possibles : noix exotiques (pécan, macadamia, cajou), sarrasin, millet, quinoa, lait de chèvre et de brebis, fruits exotiques, produits de la ruche (propolis, gelée royale), etc.

Peut-on prévenir les allergies alimentaires ?

  • Pour prévenir l’apparition des allergies alimentaires chez les enfants, il est actuellement recommandé de :
  • poursuivre si possible l’allaitement maternel jusqu’à 6 mois. Si le nourrisson est nourri avec un lait artificiel et qu’il présente un terrain allergique, un lait HA (hypoallergénique) peut être bénéfique dans certains cas ;
  • débuter la diversification alimentaire entre 4 et 6 mois, en commençant avec des légumes crus ou cuits. Après 6 mois, l’alimentation peut comprendre tout type d’aliment, y compris la viande et les aliments réputés allergisants (œuf, poisson, blé, arachide) ;
  • respecter les habitudes alimentaires familiales pour la diversification ;
  • continuer l’allaitement maternel ou artificiel pendant et après la diversification.

L’exclusion des aliments allergisants pendant la grossesse ou l’allaitement ne permet pas de prévenir les allergies alimentaires chez les nourrissons qui ont un parent sujet aux allergies.

Les enfants atteints d’allergie alimentaire peuvent-ils faire du sport ?

Les allergies alimentaires n’empêchent pas les enfants de pratiquer une activité physique ou un sport. Il est préférable que les collations consommées après l’effort soient confectionnées par les parents, afin que l’enfant ne succombe pas à la tentation de partager le goûter d’un de ses camarades.

Peut-on vacciner les enfants atteints d’allergie alimentaire ?

Les enfants qui souffrent d’allergie alimentaire aux protéines de l’œuf peuvent développer une réaction allergique après l’administration d’un vaccin en contenant (rougeole, grippe, fièvre jaune, encéphalite à tiques). Dans ce cas, des tests allergiques mesurant la réaction au vaccin sont réalisés au préalable. Ils aident à établir un protocole de vaccination sous stricte surveillance médicale. Chez les nourrissons souffrant d’une allergie sévère à l’œuf, le vaccin contre la rougeole est généralement repoussé d’une année.

Les enfants atteints d’allergie alimentaire peuvent-ils voyager ?

Pour un enfant présentant une allergie alimentaire, prendre un repas hors de son domicile présente plus de risques. Pour cette raison, il est indispensable d’avoir toujours sur soi sa trousse d’urgence. À l’étranger, il est plus difficile de savoir ce que contiennent les aliments. Renseignez-vous donc sur les habitudes alimentaires du pays de destination. Si votre enfant est allergique à l’arachide (cacahuète), il devra éviter les pays où cet aliment et ses produits dérivés sont omniprésents : Afrique

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé