Hypothyroïdie

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Publié le 18/11/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Qu'est-ce que l'hypothyroïdie ?

femme gorge

L'hypothyroïdie correspond à un dérèglement de la glande thyroïde qui s'accompagne d'une diminution de la sécrétion d'hormones thyroïdiennes. Elle se caractérise par un ralentissement de la majorité des fonctions de l'organisme, ce qui entraîne notamment une fatigue chronique, une sensibilité au froid augmentée, une prise de poids, un rythme cardiaque anormalement lent, une peau sèche, de la dépression ou des troubles de la mémoire.

Il est assez fréquent que l’hypothyroïdie soit modérée et ne produise pas de symptômes notables, en particulier chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les enfants. Son traitement consiste à prendre des hormones thyroïdiennes de remplacement tout au long de la vie.

Qui est touché par l'hypothyroïdie ?

Dans les pays industrialisés, les personnes les plus susceptibles d’être atteintes d’hypothyroïdie sont :

  • les femmes de plus de 60 ans ;
  • les femmes ayant accouché dans l’année : entre 5 et 8 % d’entre elles seraient touchées de manière transitoire par une inflammation de la thyroïde, ou thyroïdite « post-partum », qui provoquerait une hypothyroïdie durable dans 20 % des cas ;
  • les personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde ;
  • les personnes souffrant de maladies auto-immunes comme, par exemple, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, la maladie de Gougerot-Sjögren, le psoriasis, etc.

Quelles sont les complications de l'hypothyroïdie ?

Il semblerait qu’une hypothyroïdie fruste (sans symptôme) non soignée puisse augmenter le risque d’accidents cardiovasculaires (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, etc.). Chez les enfants, une hypothyroïdie non soignée entraîne des complications graves : petite taille (nanisme) et retard mental important (le « crétinisme »).

Les causes de l'hypothyroïdie

Dans 50 % des cas, l’hypothyroïdie est une maladie auto-immune, c’est-à-dire due à une réaction du système de défense de l’organisme, ou système immunitaire, contre les cellules de la thyroïde. La plus fréquente des hypothyroïdies auto-immunes est la thyroïdite de Hashimoto qui touche préférentiellement les femmes de plus de 40 ans mais peut également toucher les enfants. Cette maladie pourrait être déclenchée par le stress, une infection virale ou une prédisposition génétique. La thyroïdite de Hashimoto justifie un traitement hormonal à vie.

Environ 40 % des hypothyroïdies surviennent à la suite du traitement d’une hyperthyroïdie, soit par iode radioactif, soit par chirurgie, ou encore par médicaments antithyroïdiens de synthèse. Dans ce cas, l’hypothyroïdie a été recherchée car il est plus facile et plus sûr de vivre avec une hypothyroïdie traitée qu’avec une hyperthyroïdie, potentiellement dangereuse.

Dans les pays en voie de développement, l’hypothyroïdie est essentiellement due à une carence alimentaire en iode et on estime que deux milliards de personnes ont une alimentation trop pauvre en iode. Cette cause, fréquente autrefois chez nous, est devenue très rare dans les pays industrialisés du fait de l’ajout systématique d’iode dans le sel de table.

L'hypothyroïdie pendant la grossesse

Une hypothyroïdie non traitée chez la femme enceinte peut avoir de graves conséquences pour la mère (augmentation du risque de fausse-couche, d’hypertension, etc.) et pour l’enfant. Consultez votre médecin traitant.

Le traitement de l'hypothyroïdie

Si l'on ne peut pas guérir d'une hypothyroïdie, il est tout à fait possible de la compenser en prenant chaque jour des hormones thyroïdiennes de remplacement. Une fois le traitement instauré, les symptômes vont diminuer progressivement en quelques semaines et les taux sanguins d’hormones thyroïdiennes vont revenir à la normale. Une fois la posologie efficace identifiée, le traitement est poursuivi à vie.

Parce que les hormones thyroïdiennes augmentent le travail du cœur, le médecin va d’abord s’assurer de l’absence de risque de maladie cardiaque (en particulier, de risque d’angine de poitrine ou d’infarctus du myocarde) afin d’éviter que les hormones thyroïdiennes ne déclenchent ce type d’accident.

Quelques conseils lorsqu'on souffre d'hypothyroïdie

  • Suivez scrupuleusement votre traitement, même si vous vous sentez mieux.
  • Faites-vous expliquer par votre médecin les signes d’hyperthyroïdie qui pourraient apparaître en cas de surdosage du traitement.
  • Un bilan sanguin est pratiqué chaque année afin de vérifier si les doses d’hormones de substitution que vous prenez sont bien adaptées.
  • Signalez à votre médecin des symptômes évocateurs d’une hypothyroïdie qui persisteraient alors que vos examens de sang sont normaux.
  • Prenez votre médicament chaque jour à la même heure, idéalement trente à soixante minutes avant votre petit-déjeuner.
  • Évitez de prendre votre médicament avec des aliments ou des boissons à base de soja ou de café qui diminueraient l’absorption des hormones thyroïdiennes.
  • Ayez une alimentation saine et variée, qui apportera une quantité suffisante d’iode, et d’autres oligo-éléments.

Source :

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