Endocardite infectieuse
Article
Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Qu'est-ce qu'une endocardite infectieuse ?
L’endocardite est une maladie grave due à la prolifération sur le revêtement interne du cœur de bactéries présentes dans le sang. Cette prolifération peut altérer le fonctionnement des valves cardiaques et conduire à une infection généralisée de l’organisme (septicémie). C’est une urgence qui doit être soignée en milieu hospitalier.

Les valves du cœur
Qui est à risque de développer une endocardite infectieuse ?
Certaines personnes sont plus à risque de développer une endocardite infectieuse :
- les personnes porteuses d’anomalies congénitales des valves cardiaques ;
- les personnes qui s’injectent des drogues ou qui souffrent d’alcoolisme ;
- les personnes présentant un déficit immunitaire, un diabète, ou un âge avancé.
Quels sont les symptômes de l'endocardite infectieuse ?
Les endocardites infectieuses se traduisent le plus souvent par des symptômes peu spécifiques : fièvre modérée, douleurs des articulations, essoufflement à l’effort, fatigue et toux. Dans certains cas, de petites hémorragies apparaissent sous la peau des paumes des mains et des plantes des pieds, ou un abcès se forme au bout d’un doigt (« faux panaris »).
Lorsque l’endocardite provoque une gêne cardiaque importante, des signes d’insuffisance cardiaque apparaissent : essoufflement marqué, voire perte de connaissance.
Quelles sont les complications de l'endocardite infectieuse ?
Lorsqu’elle n’est prise en charge rapidement, une endocardite infectieuse peut entraîner l’apparition d’une insuffisance cardiaque grave, d’une infection généralisée, de troubles des reins ou du rythme du cœur. Des fragments de la zone cardiaque infectée peuvent se détacher, circuler avec le sang et provoquer des embolies, des AVC ou favoriser des foyers infectieux dans d’autres organes.
Les endocardites infectieuses sont des maladies graves qui entraînent le décès du patient dans 15 à 20 % des cas, en particulier lorsqu’elles apparaissent chez des personnes déjà atteintes de troubles cardiaques.
D'où viennent les germes responsables de l'endocardite infectieuse ?
Dans certains cas, ce sont des bactéries naturellement présentes dans la bouche ou l’intestin. À la suite d’un brossage de dents un peu énergique ou de lésions de la paroi de l’intestin, des bactéries passent dans la circulation sanguine. Dans la très vaste majorité des cas, ces bactéries sont éliminées par le système immunitaire. Chez les personnes dont l’immunité est affaiblie, et en présence de lésions de la paroi interne du cœur, ces bactéries peuvent arriver à se fixer sur une valve cardiaque et se multiplier localement.
Les bactéries responsables des endocardites peuvent également provenir d’autres sources : plaies de la peau, angines, sinusites, infections urinaires, soins dentaires, chirurgie, tatouage, piercing, etc.
Peut-on prévenir les endocardites infectieuses ?
Des mesures destinées à prévenir les endocardites infectieuses sont mises en place chez certains patients dits « à haut risque » :
- ceux qui ont une ou plusieurs prothèses de valve cardiaque ;
- ceux qui ont déjà eu une endocardite infectieuse ;
- ceux qui souffrent d’une maladie congénitale du cœur qui n’est pas parfaitement contrôlée par un traitement.
Lorsque ces patients doivent subir un geste médical qui pourrait provoquer l’entrée de bactéries dans leur sang, un traitement antibiotique préventif leur est prescrit.
Quels traitements contre l'endocardite infectieuse ?
Le traitement des endocardites infectieuses repose sur l’administration de deux antibiotiques complémentaires, généralement à dose élevée, par voie intraveineuse. Une hospitalisation est toujours nécessaire.
Dans certains cas, la valve atteinte a été gravement endommagée par l’infection et une intervention chirurgicale est nécessaire soit pour la nettoyer et la reconstruire, soit pour poser une prothèse de valve.
Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
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