Infection à cytomégalovirus (CMV)
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
L'infection à cytomégalovirus, qu'est-ce que c'est ?
L’infection à cytomégalovirus (CMV) est due à un virus de la famille des Herpèsvirus. Elle est le plus souvent bénigne. Les personnes dont le système immunitaire est affaibli par une maladie chronique ou par un traitement médicamenteux ont un risque plus élevé de développer des symptômes sévères d’infection à CMV.
L’infection à cytomégalovirus chez la femme enceinte peut entraîner des troubles du développement graves chez le fœtus.
Comment est-on contaminé par le CMV ?
La contamination par le CMV se fait par contact avec des sécrétions contenant du virus : échange de salive, rapport sexuel ou dépôt sur les mains de gouttelettes contaminées (salive, éternuement, urine, larmes, etc.). Une personne souffrant d’infection aiguë par le CMV est contagieuse pendant plusieurs jours à plusieurs semaines.
Les enfants nés avec une infection à CMV peuvent sécréter du virus pendant plusieurs années. De fait, les enfants de moins de trois ans représentent la source d’infection la plus fréquente, par leur salive, leurs larmes, leur urine et leurs sécrétions nasales.
L'infection par le CMV est-elle une maladie fréquente ?
Chaque année, en France, on observe environ 300 infections materno-fœtales par le cytomégalovirus, ce qui est très peu en regard des quelque 800 000 grossesses annuelles.
Chez les femmes enceintes non immunisées, une infection à CMV pendant la grossesse est observée dans environ 1 % des cas.
Quels sont les symptômes de l'infection à CMV ?
Chez 90 % des personnes adultes non immunodéprimées, l’infection par le cytomégalovirus passe inaperçue. Lorsque des symptômes apparaissent, la personne infectée souffre de fièvre et de fatigue, ainsi que de maux de tête, de douleurs musculaires, d’une perte de poids et, parfois, de pharyngite.
Lorsque le CMV traverse le placenta, le fœtus peut présenter ou non des symptômes dans l’utérus. Dans 90 % des cas, l’infection est inapparente chez le fœtus, mais des séquelles peuvent néanmoins apparaître après la naissance. C’est fréquemment le cas lorsque l’infection se produit au cours du troisième trimestre de grossesse.
Lorsque le fœtus présente des symptômes, ceux-ci sont graves dans la moitié des cas environ : des anomalies du développement peuvent être décelées par échographie ou IRM. Dans un tiers des cas d’infection sévère du fœtus, une naissance prématurée ou une fausse couche peut se produire, ce dernier cas étant provoqué par son décès dans l’utérus.
Quelles sont les complications de l'infection à CMV pour le nouveau-né ?
Les enfants nés d’une mère contaminée par le cytomégalovirus pendant la grossesse peuvent souffrir de séquelles durables et handicapantes.
Lorsque le fœtus n'a souffert d'aucun symptôme lié au CMV
Après la naissance, 5 à 15 % de ces enfants ont des séquelles tardives, le plus souvent une surdité, parfois un retard d’apprentissage.
Lorsque le fœtus a développé des symptômes liés au CMV
Dans ce cas, on observe le plus souvent : jaunisse, convulsions, paralysie, retard de croissance, etc. Lorsque ces symptômes sont importants, le risque de séquelles neurologiques durables est élevé (environ 60 %). Lorsque l’intensité des symptômes est modérée, des séquelles de type surdité ou retard psychomoteur peuvent être observées chez environ un tiers des enfants. Les deux autres tiers récupèrent de l’infection et ont un développement normal.
Comment prévient-on l'infection à CMV pendant la grossesse ?
Il n’existe pas de vaccin contre l’infection à CMV. En l’absence de traitement sûr pendant la grossesse, le dépistage systématique de l’infection à CMV n’est pas recommandé chez la femme enceinte. Par ailleurs, être positive au CMV (avoir des anticorps) ne protège pas d’une réactivation lors d’un nouveau contact avec les mêmes risques pour le fœtus.
Il est donc essentiel de suivre des mesures de prévention simples :
- éviter (si possible) d’entrer en contact avec des enfants de moins de trois ans fréquentant une crèche, ou des personnes qui viennent de faire une infection à CMV ;
- lorsqu’on est mère d’un ou de plusieurs enfants de moins de trois ans qui fréquentent une collectivité, mieux vaut (ainsi que son conjoint) :
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- éviter de les embrasser sur la bouche,
- bien se laver les mains au savon après s’en être occupé (notamment après avoir changé les couches) ou utiliser une solution hydro-alcoolique,
- laver régulièrement leurs jouets,
- ne pas goûter les biberons ou sucer leurs couverts,
- ne pas partager d’affaires de toilettes,
- éviter de prendre un bain avec eux (risque de contamination par l’urine).
Quels traitements lorsqu'une femme enceinte attrape le CMV ?
Lorsque le médecin a diagnostiqué une infection par le cytomégalovirus pendant la grossesse, l’état de santé du fœtus est suivi par des échographies régulières, voire une IRM, à la recherche de symptômes de l’infection. Parfois, une amniocentèse est également prescrite.
En France, environ la moitié des 300 cas annuels de transmission materno-fœtale du CMV entraînent la décision d’interrompre la grossesse du fait des séquelles graves de cette infection sur le développement nerveux du fœtus.
Sources
- Avis du CNGOF sur le dépistage systématique en prénatal du CMV, Collège national des gynécologues et des obstétriciens français (CNGOF), 2018
- CMV : Fiche d’information pour les patientes, Collège national des gynécologues et des obstétriciens français (CNGOF), 2018
- CMV et grossesse : que faire ?, Collège national des gynécologues et des obstétriciens français (CNGOF), 2010
- Brochure « Protégez votre bébé. Connaissez-vous le CMV ? , Association Pour les Yeux d’Emilie
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