Dermatite atopique (eczéma atopique)

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Publié le 05/05/2025

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Qu'est-ce que la dermatite atopique ?

La dermatite atopique (eczéma atopique) est une maladie non contagieuse mais très récidivante, qui se caractérise par des rougeurs mal délimitées qui démangent, et par l’apparition de toutes petites vésicules qui évoluent en croûtes.

La dermatite atopique évolue sous la forme d’épisodes aigus de durée variable, les « poussées d'eczéma », durant lesquelles les symptômes s’aggravent. Elles sont entrecoupées de périodes de rémission. D’origine allergique, la dermatite atopique est souvent liée à d'autres manifestations d’allergie, comme l'asthme et la rhinite allergique (« rhume des foins »).

La dermatite atopique est-elle fréquente ?

La dermatite atopique est la plus fréquente des maladies de la peau. Elle peut commencer très tôt dans la vie et s'observe même chez les nourrissons. Elle touche de 10 à 20 % des nourrissons et des petits enfants, près de 10 % des adultes jeunes (entre 20 et 30 ans) pour atteindre moins de 3 % des patients âgés de plus de 50 ans. Elle est un peu plus fréquente chez les femmes.

Quelles sont les causes de la dermatite atopique ?

La dermatite atopique est due à la conjonction de différents facteurs : un terrain génétique, des substances allergisantes et des facteurs environnementaux qui fragilisent la couche supérieure de la peau. On sait aujourd’hui que certains gènes favorisent l’apparition de dermatite atopique. En effet, entre la moitié et les trois-quarts des enfants nés de parents souffrant de dermatite atopique sont eux-mêmes touchés par l’eczéma.

Peut-on prévenir la dermatite atopique ?

Il n’existe pas de moyen de prévention clairement identifié contre la dermatite atopique. Néanmoins, les poussées d’eczéma semblent moins fréquentes chez les personnes qui prennent soin de leur peau : bains et douches tièdes, usage de savons ou gels sans savon, application systématique de crèmes ou de lotions émollientes (qui hydratent la couche supérieure de l’épiderme) après la toilette, etc.

Les symptômes de la dermatite atopique chez l'adulte

Les symptômes de la dermatite atopique évoluent selon quatre phases typiques de l’eczéma :

  • des taches rouges et chaudes apparaissent, plus ou moins étendues, dont les bords sont mal délimités, et qui démangent fortement ;
  • quelques heures après l’apparition des taches rouges, de petites vésicules (de la taille d’une tête d’épingle) apparaissent, pleines d’un liquide clair, et les démangeaisons persistent ;
  • le grattage des lésions provoque des suintements après la rupture des vésicules, puis de petites croûtes jaunâtres se forment, qui tombent en quelques jours ;
  • les lésions, rouges et lisses, se couvrent de petites pellicules (squames).

À l’issue de cet épisode, les lésions peuvent disparaître temporairement, récidiver ou persister sous une forme chronique, avec une sécheresse anormale de la peau. Petit à petit, la peau lésée s’épaissit et devient plus foncée (c’est la « lichénification »). Les démangeaisons persistent, même en l’absence de vésicules ou de suintements. On parle de dermatite atopique lorsque les symptômes persistent plus de six mois d’affilée.

Les symptômes de la dermatite atopique chez le nourrisson

Chez le nourrisson, les lésions de dermatite atopique apparaissent de manière symétrique essentiellement sur le visage (sur les joues, ainsi que sur le front) et le cuir chevelu. Ensuite, elles s’étendent sur les bras (sur la face où se trouve le coude) et les jambes (sur le devant), ainsi que sur le tronc. Outre les signes classiques de l’eczéma, on observe des griffures, le nourrisson cherchant à apaiser les démangeaisons en se grattant.

Au-delà de l’âge de deux ans, les lésions de dermatite atopique se voient surtout dans les plis de flexion des coudes et des genoux, sur les mains et les pieds, ainsi qu’à la base des poignets. Dans les cas les plus sévères, la dermatite atopique nuit fortement à la qualité de vie de l’enfant et peut même parfois entraîner un retard de croissance.

Quels sont les traitements de la dermatite atopique ?

Le traitement de la dermatite atopique vise trois objectifs :

  • la guérison des lésions et la prévention du risque de surinfection lors des poussées ;
  • la prévention des rechutes précoces et de la sécheresse de la peau ;
  • l’amélioration de la qualité de vie.

Le traitement de la dermatite atopique repose à la fois sur des mesures préventives (éviter les substances allergènes et renforcer la résistance de la peau) et sur des traitements destinés à soulager les symptômes (médicaments corticoïdes ou immunomodulateurs, exposition à des rayons ultraviolets, etc.).

Les traitements sont plus efficaces lorsque la dermatite est débutante : n’hésitez pas à consulter rapidement votre médecin si vous présentez des signes qui évoquent ce type de problème.

Choisir un émollient adapté (produit d'hydratation de la peau)

Appliquer régulièrement une lotion hydratante sur la peau fait partie de la prise en charge de la dermatite atopique. Quelques conseils pour optimiser les effets de cette mesure :

  • choisissez un produit émollient adapté à votre peau : évitez ceux qui contiennent des parfums ou des conservateurs chimiques. Privilégiez ceux qui contiennent de la vaseline, de l’huile minérale (cold cream, baby oil) ou de l’acide linoléique (un acide gras essentiel).
  • appliquez généreusement le produit émollient et renouvelez fréquemment son application ;
  • appliquez-le systématiquement après le bain ou après vous être lavé les mains, quand la peau est encore légèrement humide ;
  • continuez à appliquer un produit émollient tous les jours, même pendant un traitement par des médicaments, même lorsque les symptômes ont disparu ;
  • pour éviter d’avoir la peau grasse, utilisez un produit facilement absorbé le jour et un produit plus gras la nuit.

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

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