Les vaccins contre la Covid-19 sont-ils dangereux pour les femmes enceintes et celles qui souhaitent l'être?

12/01/2026 4 mins de lecture

Parce que les vaccins contre la Covid-19 ont été développés plus rapidement que les autres vaccins, les femmes enceintes ont pu légitimement s’inquiéter de leurs effets sur leur grossesse et sur la santé de leur futur enfant. Aujourd’hui, avec le recul dont nous disposons grâce à la vaccination de millions de femmes enceintes, il est possible d’affirmer que les vaccins à ARN messager, qui sont ceux recommandés pour ces femmes, sont sûrs et efficaces lorsqu’ils sont administrés avant, pendant ou après la grossesse. 

Quels sont les risques liés à la Covid-19 chez la femme enceinte et le fœtus ?

Comme l’âge ou l’obésité, la grossesse est un facteur de risque de gravité de la Covid-19.  

Les femmes enceintes présentant une infection Covid-19 ont un risque plus grand que les femmes non infectées d’être admises en réanimation et de nécessiter une assistance respiratoire. Par exemple, dans les études conduites en 2020 et 2021, elles avaient un risque 4 fois plus élevé d’être admises en soins intensifs que les femmes enceintes non infectées (1). Ce risque augmente au fil de la grossesse et il est plus important chez les femmes enceintes qui souffrent de certaines autres maladies (« comorbidités ») comme le diabète, l’hypertension artérielle ou l’obésité.

Pour ces raisons, les autorités sanitaires recommandent aux femmes enceintes de se faire vacciner.  

De plus, le Covid-19 peut avoir des effets négatifs sur le fœtus. Cela peut causer un retard de croissance et le risque de naissance prématurée est plus de 2 fois plus important (1). Il y a également un risque de mort fœtale in utero (c’est-à-dire durant la grossesse) près de 3 fois plus important (1).  

La vaccination pendant la grossesse protège la mère et l’enfant

Les études montrent que la vaccination des femmes enceintes les protège efficacement contre l’infection et contre les formes graves de la maladie (1).  

L’ARNm (le principe actif) du vaccin est éliminé par le corps de la mère quelques jours après l’injection du vaccin et ne peut pas traverser le placenta : seule la réponse immunitaire persiste. Les anticorps neutralisant le virus du Covid-19, produits par le système immunitaire de la mère traversent, eux, le placenta (1). Cela débute au cours du 2e trimestre de grossesse et devient maximal lors du 3e trimestre. Ainsi, lorsque la mère est vaccinée, l’enfant est protégé contre le Covid-19 dès la naissance et dans les premiers mois de la vie.  

Pour rappel, les vaccins contre la Covid-19 ne provoquent pas d'infection par le coronavirus, y compris chez les femmes enceintes ou leurs bébés. Aucun de ces vaccins ne contient de virus vivant.  

Pour toutes ces raisons, la Haute Autorité de santé recommande la vaccination systématique contre le Covid-19 chez toutes les femmes enceintes, pendant le 1er trimestre (ou avant la mise en route d’une grossesse) (2). La vaccination simultanée de la Covid-19 est possible avec le vaccin de la grippe, le vaccin de la bronchiolite ou celui de la coqueluche.

La vaccination contre la Covid-19 est-elle sans danger pour les femmes enceintes ? 

Un suivi spécifique des effets indésirables des vaccins contre le Covid-19 chez les femmes enceintes et allaitantes a été mis en place dans le cadre du dispositif global de surveillance renforcé de l’Agence nationale de surveillance des médicaments et des produits de santé (ANSM), en lien avec les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV). Ce suivi est effectué à partir des déclarations réalisées par les professionnels de santé ou par les personnes vaccinées. À ce jour, aucune conséquence des vaccins à ARN messager n’a été signalée sur le déroulement de la grossesse et chez les femmes qui allaitent (3)

De plus, en octobre 2025, les résultats d’une grande étude de suivi des grossesses ont été publiés (4), incluant tous les nouveau-nés vivants en France issus de grossesses débutées entre le 1er avril 2021 et le 31 janvier 2022. Les données de suivi étaient disponibles jusqu’en décembre 2024.

Parmi les 527 564 nouveau-nés éligibles, 130 338 (25 %) avaient été exposés à au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 au cours du premier trimestre de grossesse. Les mères des nouveau-nés exposés étaient légèrement plus âgées que celles des non-exposés (30,4 ans contre 30,1 ans), moins souvent en situation de précarité sociale et présentaient un peu plus fréquemment des comorbidités. La fréquence des malformations congénitales majeures était de 176,6 cas pour 10 000 parmi les enfants exposés au vaccin pendant la grossesse et de 179,4 cas pour 10 000 parmi les non-exposés. Ainsi, aucun surrisque global de malformation congénitale n’a été observé, pour aucune des 75 malformations recherchées. 

J’envisage une grossesse. Dois-je me faire vacciner contre la Covid-19 ?

Les femmes qui envisagent une grossesse ont tout intérêt à se faire vacciner contre la Covid-19. Ainsi, elles seront protégées dès le 10e jour après la première injection et davantage encore après la deuxième injection. Aucun délai particulier n’est à respecter entre cette vaccination et le début de la grossesse.  

Si vous découvrez que vous êtes enceinte juste après une vaccination contre la Covid-19, cela n’est pas un problème. Vous pourrez faire les éventuels rappels selon le calendrier vaccinal habituel. 

Les femmes qui allaitent peuvent-elles se faire vacciner contre la Covid-19 ?

Dans le suivi des effets indésirables de ces vaccins fait l’ANSM (3), aucun effet indésirable n’a été observé chez les nourrissons recevant un allaitement maternel. Au vu de ces éléments, une vaccination contre la Covid-19 est possible chez une femme qui allaite. 

En conclusion, les femmes enceintes ou qui envisagent une grossesse devraient se faire vacciner contre la Covid-19, avec un vaccin à ARN messager, au 1er trimestre, selon le même calendrier vaccinal que les autres adultes. Cette vaccination est sûre pendant la grossesse et elle est particulièrement recommandée chez les femmes qui, à cause de leur âge ou de leur état de santé, sont davantage à risque de développer des formes sévères de cette maladie.  

Cette vaccination contribue également à protéger le fœtus et le nouveau-né, du fait de la présence d’anticorps maternels dans le sang de l’enfant. Les femmes qui allaitent leur enfant peuvent également se faire vacciner sans conséquences pour leur nourrisson. 

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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