Cancers et fatigue : causes de la fatigue

Article

Publié le 31/10/2022

Information proposée par Institut national du cancer

Les causes de la fatigue en cancérologie sont complexes. Elle peut être provoquée par plusieurs facteurs :

  • La maladie elle-même ;
  • Le type de cancer et son stade d’évolution ;
  • Une hospitalisation ;
  • Les traitements ;
  • Certains effets secondaires des traitements comme une anémie, un manque d’appétit, des nausées, des vomissements, une infection, de la fièvre ;
  • Une appréhension des examens et des traitements ;
  • Une douleur et son traitement ;
  • Des déplacements (occasionnels ou quotidiens) ;
  • L’attente avant les consultations ;
  • Une perte de poids ;
  • Des troubles du sommeil ;
  • Des soucis occasionnés par la maladie, l’opération, l’angoisse de l’avenir, le stress ;
  • Une dépression ;
  • Des problèmes sociaux (perte d’emploi, déséquilibre familial, etc.) ;
  • Un logement inadapté.

 

La maladie

La fatigue touche la personne malade de manières diverses. Elle peut survenir à différents moments de la maladie.

AVANT LES TRAITEMENTS

Il arrive qu’une fatigue soit le signal d’alarme qui amène à consulter un médecin. Certains patients reconnaissent que l’importante fatigue qu’ils ressentaient avant la découverte de leur cancer était sans doute liée à la maladie, mais qu’ils l’avaient attribuée à autre chose : surmenage professionnel ou personnel, activités diverses, tâches quotidiennes.

Au début de la maladie, la fatigue physique n’est pas toujours présente.

Lors de l’annonce de la maladie, l’anxiété et le stress peuvent s’ajouter à une fatigue physique existante.

PENDANT LES TRAITEMENTS

Pendant les traitements, la fatigue est très présente. Elle varie selon le type de traitement (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie).

Les examens et les périodes d’hospitalisation sont souvent très fatigants. Les prises de sang, les biopsies, la pose d’un cathéter, les pansements sont des gestes agressifs. Ils sont répétitifs, génèrent du stress, augmentent la fatigue et sont souvent appréhendés par les patients même si tout est mis en place pour qu’ils ne soient pas douloureux.

La plupart des douleurs peuvent être soulagées à l’aide de médicaments. Le patient ne doit pas hésiter à signaler à l’équipe soignante ce qu’il ressent.

APRÈS LES TRAITEMENTS

Au fur et à mesure que l’on s’éloigne des traitements, la fatigue ressemble à celle des personnes qui ne sont pas atteintes de cancer. Cependant, la fatigue peut persister plusieurs mois, voire plusieurs années après la fin des traitements.

La période de rémission n’est pas toujours une période sans traitement. En effet, certains cancers nécessitent parfois des traitements au long cours.

Quelle que soit l’étape de la maladie, lorsque la fatigue est présente, les personnes malades signalent souvent qu’elle est intense dès le matin au réveil. Pour d’autres, elle se manifeste plutôt en fin de journée, le soir après le travail ou après une activité importante. Une fatigue permanente peut entraîner une dépression.


Les médicaments

Différents types de traitements à base de médicaments peuvent être utilisés seuls ou associés entre eux pour traiter un cancer : une chimiothérapie, une hormonothérapie, une immunothérapie.

Les effets secondaires varient suivant les traitements, l’âge et le sexe de la personne malade. Ils sont le plus souvent modérés et transitoires. Ils retentissent plus ou moins sur la qualité de vie, parfois de façon durable.

Vous ne devez pas hésiter à en parler à l’équipe soignante : des traitements spécifiques peuvent vous soulager et vous aider à faire face à la fatigue.

LA FATIGUE LORS D’UNE CHIMIOTHÉRAPIE

Une fatigue est fréquente lors d’une chimiothérapie. Elle s’intensifie dans les quatre à dix jours qui suivent les cures, puis diminue ensuite progressivement jusqu’à la cure suivante.

La fatigue varie en fonction du type de chimiothérapie et de la façon dont le patient vit chaque cure. Chacun réagit différemment.

Les patients évoquent souvent une fatigue qui s’accumule au fil des cures. La fatigue devient chronique et persiste parfois plusieurs mois après la fin du traitement.

La personne malade doit être informée sur la fatigue qu’elle peut rencontrer pendant et après un traitement de chimiothérapie. Mieux préparée, elle est alors plus à même de modifier sa vie quotidienne et ses activités.

POURQUOI LA CHIMIOTHÉRAPIE FATIGUE ?

Certains composants du sang diminuent pendant et parfois après une chimiothérapie. Une chimiothérapie agit sur la moelle osseuse où sont fabriqués les globules rouges, les globules blancs et les plaquettes.

Cette diminution entraîne souvent des effets secondaires : perte de cheveux, nausées, vomissements, mucites, diarrhées ou constipation, etc. Ces effets sont responsables d’une fatigue physique et morale. Ils doivent être traités.

La diminution des globules rouges et donc, du taux d’hémoglobine dans le sang s’appelle une anémie. L’anémie est l’une des principales causes de la fatigue.

Parfois, la quantité de globules blancs diminue également pendant une chimiothérapie. On parle de neutropénie. Les globules blancs servent à la défense de l’organisme. Cette diminution entraîne donc un risque d’infection.

Afin de freiner la chute des globules blancs, le médecin peut prescrire des facteurs de croissance. Ces substances ont pour but de stimuler la moelle osseuse pour qu’elle fabrique plus de globules blancs. Le risque d’infection ainsi limité évite une fatigue supplémentaire.

Ces médicaments sont injectés sous la peau (piqûre sous-cutanée) les jours qui suivent la chimiothérapie et pendant une durée variable. Ils sont administrés en une seule injection ou en une injection pendant quatre à dix jours. Ils sont parfois responsables d’une légère fièvre et de douleurs musculaires et articulaires. Si ces symptômes apparaissent, le médecin prescrit des médicaments pour les combattre.

La quantité de plaquettes peut également diminuer pendant ou après une chimiothérapie. On parle de thrombopénie. Lorsque les plaquettes diminuent, il existe un risque d’hémorragie, même si une hémorragie importante est rare. Le taux de plaquettes dans le sang est régulièrement surveillé. Si cela est nécessaire, le médecin envisage une transfusion de plaquettes.

La quantité de globules rouges, de globules blancs et de plaquettes peut baisser en même temps. Cette baisse est une source de fatigue supplémentaire.

Lorsque cette baisse est importante, on parle d’aplasie. Si une fièvre apparaît à ce moment-là, des antibiotiques permettent d’éviter ou de traiter des complications infectieuses. Une hospitalisation est souvent nécessaire pour mieux surveiller la personne malade.

> Lire le dossier sur la chimiothérapie.

LA FATIGUE LORS D’UNE HORMONOTHÉRAPIE

Une hormonothérapie est un traitement qui empêche l’action des hormones susceptibles de stimuler la croissance des cellules cancéreuses. Les effets secondaires d’une hormonothérapie sont généralement moins importants que ceux d’une chimiothérapie. Ils entraînent notamment moins d’effets secondaires sur les composants du sang.

En agissant sur les hormones, une hormonothérapie peut provoquer des nausées, des bouffées de chaleur, une prise de poids, des troubles des règles ou une diminution du désir sexuel (baisse de la libido). Ces effets indésirables sont souvent source de fatigue physique et psychologique.

Lorsqu’une hormonothérapie a un trop fort retentissement sur la qualité de vie du patient, le médecin peut interrompre ou modifier le traitement.

LA FATIGUE LORS D’UNE IMMUNOTHÉRAPIE

Une immunothérapie est un traitement qui vise à stimuler les défenses immunitaires de l’organisme contre les cellules cancéreuses. Les médicaments utilisés sont administrés par piqûre sous la peau (injection sous-cutanée).

Après l’injection, les symptômes les plus fréquents ressemblent à ceux d’une grippe : courbatures, fièvre. Ces symptômes entraînent souvent une fatigue qui augmente avec la durée du traitement.

Lorsque le patient est trop fatigué, il peut être nécessaire de diminuer les doses ou d’arrêter le traitement.


L'anémie

L’anémie est une cause importante de fatigue. Elle peut être traitée et améliorée. Un examen de sang est proposé au patient pour vérifier une éventuelle anémie.

L’anémie se manifeste par une baisse des globules rouges dans le sang. Cette baisse entraîne une diminution du taux d’hémoglobine, et donc de l’apport d’oxygène dans toutes les parties du corps. Lorsque les globules rouges sont insuffisants, l’apport d’oxygène est moins régulier, ce qui entraîne une grande fatigue physique.

LES SYMPTÔMES

La personne malade doit signaler rapidement au médecin l’apparition de certains symptômes afin qu’ils puissent être rapidement pris en charge par l’équipe soignante. Ils ne sont pas tous spécifiques de l’anémie.

Ce peut être :

- Une fatigue ;

- Un essoufflement au repos et à l’effort ;

- Des vertiges ;

- Des maux de tête ;

- Une baisse de l’audition ou de la vue ;

- Des frissons ;

- Une pâleur des ongles et des lèvres ;

- Un rythme cardiaque rapide ;

- Des troubles digestifs (diarrhée ou constipation) ;

- Des problèmes d’équilibre ;

- Des difficultés à dormir ;

- Des difficultés à se concentrer, à se souvenir, à lire ;

- Un manque de motivation, d’entrain ;

- Une baisse du désir sexuel (baisse de la libido) ;

- Des difficultés à mener ses activités habituelles ;

- Des difficultés à entretenir ses relations sociales ou familiales ;

- Un épuisement physique, émotionnel ou psychologique.

LES TRAITEMENTS

Les traitements de l’anémie dépendent du taux d’hémoglobine dans le sang et des symptômes que présente le patient. Il existe plusieurs degrés d’anémie :

- Lorsque le taux d’hémoglobine est en dessous de 8 g/100 ml, l’anémie doit être traitée assez rapidement. En effet, elle peut entraîner des conséquences importantes. Le plus souvent, une transfusion de sang est envisagée.

- En revanche, si le taux d’hémoglobine est au-dessus de 8 g/100 ml, l’anémie du patient n’est pas considérée comme dangereuse. Dans certaines conditions, un traitement pour la corriger est proposé. Ce taux d’hémoglobine peut en effet avoir un fort retentissement sur la qualité de vie, tant sur le plan physique que psychologique, avec des répercussions sociales et professionnelles importantes pour le patient.

Le traitement de l’anémie a pour objectif de diminuer la fatigue. Ce gain d’énergie procure au patient une meilleure qualité de vie.

L’anémie peut être traitée par :

  • Un apport de fer et d’acide folique ;
  • Une transfusion de globules rouges ;
  • Un médicament qui stimule la moelle osseuse en favorisant la production des globules rouges dans l’organisme : l’érythropoïétine (dénommée EPO). Ce médicament permet d’éviter ou de diminuer les transfusions sanguines.

L’injection d’érythropoïétine provoque parfois une douleur à l’endroit de l’injection, des maux de tête, de légères fièvres ou des douleurs articulaires. Ces effets sont surtout présents en début de traitement. Si ces symptômes apparaissent, le médecin propose des médicaments contre la douleur à chaque injection.

Ces effets secondaires doivent impérativement être pris en charge car la douleur provoquée par le traitement peut être une cause supplémentaire de fatigue et d’anxiété.

Voir la fiche Décrire sa fatigue pour une meilleure prise en charge


La chirurgie

Une chirurgie est un traitement possible du cancer, soit en traitement principal pour enlever la tumeur, soit pour compléter un autre traitement. La chirurgie est plus ou moins importante selon l’endroit où la tumeur est située.

Une opération en elle-même est fatigante. Divers facteurs y contribuent : l’anesthésie, les pertes de sang, les plaies chirurgicales qui peuvent être douloureuses, la cicatrisation, l' anxiété avant et après l’opération, les résultats de cette chirurgie, etc.

La fatigue liée à l’intervention et à l’anxiété est présente quelques jours avant l’opération. Cette fatigue est souvent très importante une semaine après. Elle diminue peu à peu, en un à deux mois, pour disparaître le plus souvent trois mois après l’intervention.

Il n’est pas rare qu’une chimiothérapie ou une radiothérapie complètent une chirurgie. La fatigue se cumule alors.


La radiothérapie

Une radiothérapie consiste à délivrer une dose de rayons sur la tumeur et sa région. Ces rayons entraînent des lésions au niveau des cellules cancéreuses, ce qui provoque leur destruction.

La plupart des radiothérapies n’entraînent aucun impact sur les composants du sang. Seules les irradiations qui touchent une partie importante de la moelle osseuse, comme les irradiations larges du thorax, de l’abdomen, du bassin ou de la colonne vertébrale, nécessitent des précautions et une surveillance particulière. C’est également le cas si une chimiothérapie est associée à la radiothérapie.

Si la quantité de globules blancs, globules rouges ou plaquettes chute de façon trop importante, on parle d’aplasie. Elle est souvent responsable de fatigue.

Des prises de sang sont régulièrement réalisées pour surveiller la quantité des composants du sang et prévenir une aplasie. Cependant, une aplasie est rare lors d’un traitement par radiothérapie.

POURQUOI LA RADIOTHÉRAPIE FATIGUE ?

Une fatigue pendant une radiothérapie est très fréquente. L’annonce de la maladie génère parfois une anxiété, voire une dépression. L’aspect très technique de la radiothérapie peut aussi être en cause.

Les déplacements, le plus souvent quotidiens, entre le domicile et l’hôpital accentuent encore la fatigue. Celle-ci s’installe de manière progressive au fur et à mesure du traitement qui dure généralement entre cinq et sept semaines. Pour certains patients, la fatigue diminue le week-end dans la mesure où il n’y a pas de séance de radiothérapie et pas de déplacement.

La fatigue est plus importante en fin de traitement et peut perdurer deux à trois mois après la fin de la radiothérapie.

LES EFFETS SECONDAIRES DES RAYONS

Les rayons atteignent la tumeur, mais également les tissus et les organes sains. Ils peuvent provoquer des effets secondaires. Ces effets varient en fonction de la région sur laquelle les rayons sont dirigés : tube digestif, vessie, poumon, cerveau.

Ils se manifestent par des nausées, des vomissements, une diarrhée, une cystite, une gêne respiratoire ou une somnolence. La fatigue est aussi liée à la douleur physique lorsque des métastases osseuses se sont développées par exemple.

Les études scientifiques ont montré que la fatigue est plus ou moins intense en fonction de l’endroit où est située la tumeur et de la zone irradiée.

Ces études ont également montré qu’elle est plus importante si la personne malade était déjà fatiguée avant le traitement. C’est pourquoi il est essentiel d’évaluer l’état de fatigue du patient avant de débuter une radiothérapie : cela permet de comprendre les raisons de l’augmentation de la fatigue et d’essayer d’agir dans la mesure du possible. Une prise en charge adaptée peut ainsi être envisagée pendant le traitement.

À retrouver sur https://www.cancer.fr

L’Institut national du cancer est l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie.

Institut national du cancer