Que se passe-t-il lorsqu’un salarié a du mal à reprendre le travail après une maladie ?

Article

Publié le 07/03/2024

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

Lors d’un retour au travail après une absence pour cause de maladie, il arrive que le salarié concerné ait des craintes sur sa capacité à réintégrer son poste. Séquelles visibles ou invisibles de la maladie, décalage avec ses collègues en termes de priorités, fatigue et troubles de la concentration… revenir au travail peut s’avérer compliqué. Que se passe-t-il s’il n’y parvient pas ?

Une bonne préparation pour un retour serein

Pour prévenir les échecs lors de la reprise du travail, il est essentiel de l’avoir préparée. Plusieurs semaines en amont de la date envisagée pour le retour, mieux vaut rencontrer son médecin du travail pour une ou plusieurs visites de pré-reprise au cours desquelles il évaluera les capacités, les attentes et les limites du salarié, ainsi que les contraintes de son emploi.

Préparer le retour au travail fait partie de sa mission, en lien avec le salarié, l’employeur et, éventuellement, le médecin traitant. Si nécessaire, il fera des propositions d’aménagement à l’employeur afin que tout se passe pour le mieux.

 

Un retour accompagné pendant plusieurs semaines

Ce n’est pas parce que l’on est de retour à son poste que l’on doit se débrouiller tout seul ! Le salarié qui reprend le travail bénéficie d’un accompagnement à la fois de la part de son médecin du travail (qui viendra lui rendre visite dans l’entreprise), de son employeur (qui est le garant de la mise en application des mesures d’aménagement du travail qui auront été décidées d’un commun accord), voire d’une assistante sociale de l’entreprise ou de la Caisse régionale d’assurance maladie (CRAM). Le service des ressources humaines de l’entreprise peut également être mobilisé pour accompagner le retour du salarié.

 

Ne pas garder ses difficultés pour soi

Lorsqu’un salarié sent que, malgré les mesures d’aménagement mises en place, il n’est pas en mesure de reprendre son poste, mieux vaut s’en ouvrir rapidement au médecin du travail. Ce cas de figure n’est pas rare et il est courant que l’aménagement du poste de travail nécessite plusieurs tentatives successives pour arriver au bon équilibre entre les capacités du salarié et les attentes de ses collègues et de l’employeur. Le médecin du travail est le bon interlocuteur, éventuellement en lien avec le médecin traitant. Il proposera des modifications des conditions de travail.

 

Savoir accepter que l’on n’est pas prêt

Il n’y a pas de honte à avoir surestimé ses forces avant la reprise du travail. Une maladie grave ou chronique entraîne des conséquences qui ne sont pas toujours prévisibles. Mieux vaut lever le pied et prendre le temps d’aller mieux plutôt que de s’acharner coûte que coûte et se mettre en situation d’échec. Un nouvel arrêt de travail peut être nécessaire, qui pourra être consacré à améliorer les capacités qui se sont révélées insuffisantes (par exemple grâce un programme de rééducation physique adapté ou à un soutien psychothérapeutique).

Une solution intermédiaire consiste à solliciter un temps partiel thérapeutique pour se ménager tout en restant connecté à son travail. De nouveau, c’est le médecin du travail qui est le meilleur conseiller en la matière.

 

Parfois, la maladie change les priorités

Il arrive que les personnes qui ont surmonté une maladie grave n’aient plus les mêmes priorités ni les mêmes aspirations. Se confronter à sa propre mortalité peut rebattre les cartes de ce qui paraît important. Dans ce cas, il peut être intéressant, voire indispensable, d’envisager un changement d’orientation professionnelle.

Des dispositifs existent pour permettre aux personnes qui souffrent de séquelles d’une maladie de se former pour aborder un nouveau métier ou un nouvel environnement professionnel. Par exemple, le contrat de rééducation professionnel en entreprise (CRPE). Pour y accéder, certains de ces dispositifs exigent que le salarié concerné demande à bénéficier du statut de travailleur handicapé. Le médecin du travail, ou l’assistante sociale de la CRAM locale, sont là pour conseiller à ce sujet.

 

Sources

Le Service Public d’Information en Santé, au sein du Ministère de la santé et de l'accès aux soins, associe les institutions et agences publiques missionnées dans les champs de la santé, ainsi que les partenaires privés à but non lucratif (associations, ordres professionnels, sociétés savantes, universités…).
La démarche vise à assurer la cohérence et la cohésion des actions autour d’une vision commune de l’information publique en santé prévoyant également l’élaboration d’outils favorisant l’implication des usagers au processus d’amélioration du système de santé.

Service Public d’Information en Santé