Le stérilet hormonal est-il mauvais pour la santé ?

20/02/2023 6 mins de lecture

Les stérilets hormonaux sont des dispositifs intra-utérins qui diffusent lentement une hormone pour prévenir la grossesse, avec une durée d'efficacité pouvant aller jusqu'à 6 ans. Ils ont souffert d'une mauvaise réputation en raison d'effets indésirables dont les patientes n'avaient pas été informées au moment de la pose. Aussi leur utilisation nécessite une information détaillée des patientes sur les précautions et les effets indésirables, ainsi qu'un suivi médical régulier. 

La réputation des stérilets hormonaux a connu un moment difficile en 2017 lorsque de nombreuses femmes se sont plaintes, sur les réseaux sociaux, d’effets indésirables dont elles n’avaient pas été prévenues. Des enquêtes des autorités sanitaires ont permis d’identifier des effets indésirables qui n’avaient pas été signalés jusque-là.

Pour cette raison, les femmes qui se voient proposer un stérilet hormonal doivent être informées des bénéfices et des risques potentiels avant sa pose afin de prendre une décision éclairée.

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Crédit photo : rhsupplies / Unsplash

Qu’est-ce que le stérilet hormonal ?

Le dispositif intra-utérin (DIU ou stérilet) hormonal comporte un réservoir contenant un progestatif (lévonorgestrel) qu’il diffuse lentement pendant 3 à 6 ans, selon le dispositif. La pose est faite par un médecin ou par une sage-femme, en consultation.

Le lévonorgestrel est une substance de la famille de la progestérone (une des hormones de la grossesse). Les pilules contraceptives en contiennent, le plus souvent en association avec des estrogènes. Il provoque un épaississement des sécrétions du col de l’utérus et une modification de l’endomètre. Les spermatozoïdes ne peuvent plus franchir le col et un œuf éventuel ne peut faire son nid dans l’utérus.

L’efficacité de ces dispositifs intra-utérins n'est pas totale : il existe un très faible risque de grossesse malgré la présence de ce stérilet (estimé à 0,7 % sur une période de 5 ans), dont certaines extra-utérines. Pour cette raison, un test de grossesse doit être pratiqué si un retard de règles de plus de 15 jours survient malgré la présence de ce type de stérilet.

En France, 4 stérilets hormonaux sont commercialisés (DONASERT, JAYDESS, KYLEENA et MIRENA). Les porteuses de DIU hormonal sont plutôt des femmes âgées de plus de 35 ans et avec davantage d’antécédents gynécologiques que les utilisatrices de stérilet au cuivre. Le DIU hormonal est délivré sur ordonnance et remboursé à 65 % par l’Assurance maladie.

Pourquoi les stérilets hormonaux ont-ils eu mauvaise réputation ?

En 2017, une polémique est née sur les réseaux sociaux concernant le DIU MIRENA : des femmes ont signalé de nombreux effets indésirables dont elles n’avaient pas été informées au moment de la pose. À la suite de ces signalements, l’Agence française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et l’Agence européenne du médicament (EMA) ont mené des enquêtes.

Ces enquêtes ont montré que, la plupart du temps, les effets indésirables signalés par les femmes utilisant MIRENA étaient mentionnés dans la notice de ce médicament, mais que les patientes n’en avaient pas été informées par leur médecin ou leur pharmacien. Néanmoins, ces enquêtes ont permis d’enrichir la liste des effets indésirables.

Quels sont les effets indésirables des stérilets hormonaux ?

L'insertion ou le retrait du dispositif intra-utérin peut provoquer des douleurs ou des saignements. Un malaise, parfois associé à une perte de connaissance ou des convulsions (chez les épileptiques) peuvent également survenir lors de l'insertion.

De plus, les stérilets hormonaux peuvent provoquer divers effets indésirables (variables selon le DIU et, bien sûr, selon la patiente) :

  • - parmi les effets indésirables très fréquents (chez plus d’une femme sur 10) : maux de tête ou de ventre, ballonnements, augmentation ou diminution de l'importance ou de la durée des règles (disparition des règles chez une femme sur 3), irritation de la vulve ou du vagin, pertes vaginales ;
  • - parmi les effets indésirables fréquents (chez une femme sur 10 à une femme sur 100) : dépression, anxiété, irritabilité, baisse du désir sexuel, migraine, nausées, vertiges, acné ou autre problème de peau, pousse des poils, douleurs du dos, tension des seins, prise de poids, expulsion spontanée du stérilet (qui peut passer inaperçue), règles douloureuses, kystes des ovaires ;
  • - parmi les effets indésirables peu fréquents (moins d’une femme sur 100) : chute de cheveux, démangeaisons, eczéma, gonflements, infection de l’utérus, masque de grossesse, hyperpigmentation de la peau. Un risque de perforation de la paroi de l’utérus existe, qui est augmenté en cas d'insertion du dispositif chez les femmes qui allaitent, chez celles qui ont accouché depuis moins de 36 semaines et chez celles qui ont un utérus rétroversé et fixé.

D’autres effets indésirables de fréquence indéterminée ont été signalés : augmentation de la tension artérielle, infection du sang, cancer du sein, réaction allergique (rougeurs, boutons, gonflement, difficultés à respirer), fatigue, faiblesse.

Selon les données épidémiologiques les plus récentes, les femmes qui portent un DIU hormonal n’ont pas un risque plus élevé de méningiome (tumeur des enveloppes du cerveau et de la moelle épinière).

Quels sont les signes qui doivent amener à consulter rapidement ?

Chez les femmes qui portent un DIU hormonal, certains signes imposent une consultation médicale sans attendre :

  • - fièvre, pertes vaginales inhabituelles, douleurs intenses ou persistantes dans le bas ventre, rapports sexuels douloureux, règles qui ont soudainement changé, migraines importantes ou inhabituelles, apparition brutale de troubles visuels (perte asymétrique de la vue), maux de tête exceptionnellement intenses, coloration jaune de la peau ;
  • - disparition des fils (qui doivent rester accessibles dans le vagin), doute sur un éventuel déplacement du DIU, absence de règles au bout de 6 semaines ;
  • - changements d’humeur et symptômes dépressifs, y compris peu de temps après le début du traitement.

Quel usage pour les stérilets hormonaux aujourd’hui ?

Parce qu’ils ne sont pas plus efficaces que les stérilets au cuivre, et qu’ils coûtent plus cher, les stérilets hormonaux sont plutôt réservés aux femmes qui rencontrent des difficultés à tolérer un stérilet au cuivre pour cause de saignements abondants, par exemple. Une surveillance médicale régulière est nécessaire pour vérifier que le stérilet est en bonne position dans l'utérus.

Des précautions sont nécessaires chez les femmes qui souffrent de migraine, d'hypertension artérielle, d'antécédent d'accident cardiovasculaire (infarctus du myocarde, par exemple), de malformation cardiaque (atteinte des valves cardiaques par exemple). En cas d'aggravation des migraines, d'une augmentation importante de la tension artérielle, de survenue d'une jaunisse, d'une infection génitale ou d'un accident thromboembolique (phlébite, embolie pulmonaire, infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral), le retrait du DIU pourra être envisagé. Chez les femmes souffrant de diabète, une surveillance renforcée du taux de sucre dans le sang peut être nécessaire.

En conclusion, les stérilets hormonaux sont un moyen de contraception qui demande une bonne information des patientes (sur les précautions à prendre, la vigilance à observer et les effets indésirables à surveiller) et un suivi médical régulier. Dans ce contexte, l’ANSM rappelle aux professionnels de santé leur obligation d'information envers les patientes, concernant les bénéfices et les risques potentiels des stérilets hormonaux : lors de la prescription, à l'occasion de la pose et lors des examens de contrôle (4 à 6 semaines après la pose du DIU, puis tous les ans, en complément du suivi gynécologique habituel). Une fiche d’information doit être systématiquement remise avant la consultation d’insertion (voir ci-dessous).

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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