Faut-il vraiment dormir 8 heures par nuit pour être en bonne santé ?

03/05/2023 4 mins de lecture

On lit souvent qu’il faut dormir un certain nombre d’heures par nuit pour être en bonne santé. Pourtant, il n’existe pas de durée optimale de sommeil qui convienne à tout le monde. Petit dormeur, gros dormeur, peu importe, le principal est de se réveiller en forme et de ne pas souffrir de somnolence pendant la journée. Mais attention, une durée de sommeil excessive est tout aussi néfaste pour la santé qu’une dette de sommeil.

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Pas de durée idéale universelle pour une bonne nuit

L’idée selon laquelle il y aurait une durée de sommeil idéale universelle est fausse. La durée de sommeil moyenne nécessaire pour récupérer varie d’une personne à l’autre : elle est déterminée par notre patrimoine génétique. En moyenne, la durée de sommeil idéale pour un adulte varie de 7 à 10 heures par nuit, divisées en 4 à 6 cycles de 90 minutes environ. Chacun connaît à peu près le nombre d’heures de sommeil dont il a besoin pour être en forme. Pour certains, 5 heures suffisent, alors que d’autres se sentent fatigués s’ils n’ont pas dormi 10 heures. Mais plus que la quantité, c’est la qualité du sommeil qui importe. Il existe des petits dormeurs satisfaits et des gros dormeurs insatisfaits.

Doit-on dormir d’une traite ?

La durée optimale de sommeil ne doit pas forcément être atteinte d’une seule traite. Si c’est ce que nous faisons pour la plupart d’entre nous lorsque nous sommes jeunes, cela change naturellement lorsque nous prenons de l’âge. En effet, la qualité du sommeil ainsi que les horaires d’endormissement et de réveil évoluent avec le temps : une personne âgée a tendance à s’endormir et à se réveiller plus tôt, avec des réveils plus fréquents au cours de la nuit.

Saviez-vous que, jusqu’au XIXe siècle, en Europe, il était d’usage de dormir en deux périodes distinctes ? Une première moitié, de 20h à 24h environ, puis une seconde, de 2 à 5 heures (ou 3 à 6 heures). Entre les deux, les gens se levaient et reprenaient leurs activités domestiques. C’est pour raison que nous appelons « minuit » une heure (24h/0h) qui, pour nous, n’est plus du tout au milieu de la nuit !

Le sommeil particulier des seniors

Environ trois quarts des gens à la retraite se couchent avant 23 heures et un quart avant 22 heures. De la même manière, les trois-quarts d’entre eux se lèvent avant 7 heures. On estime que le nombre de réveils au cours de la nuit passe d’environ 5 par nuit à l’âge de 5 ans à une… trentaine à 50 ans ! Ce phénomène est dû au fait que la proportion de sommeil lent profond diminue : de 45 minutes par cycle environ à la fin de l’adolescence, il passe à seulement quelques minutes au-delà de 60 ans. En prenant de l’âge, le dormeur devient plus fréquemment réceptif à son environnement (et à la tension de sa vessie…) : il se réveille plus facilement. Ces changements dans la façon de dormir peuvent faire croire que l'on dort moins bien. Du moment qu’ils n’ont pas d’impact négatif sur la vie quotidienne, ce ne sont toutefois pas de véritables troubles du sommeil.

Quels liens entre quantité de sommeil et santé ?

Des études ont été faites sur le lien qui peut exister entre la durée du sommeil et la longévité. Il semblerait que trop peu de sommeil nuise à l’espérance de vie… mais tout autant que trop de sommeil ! En effet, les personnes qui dorment 6 à 8 heures par nuit auraient tendance à vivre plus longtemps que celles qui ne passent que quelques heures au lit ou, au contraire, dépassent les 10 heures de sommeil. À titre d’exemple, selon une étude canadienne, les adultes qui respectent les recommandations relatives à la durée du sommeil ont une espérance de vie supérieure de 1,2 ans à celle de ceux qui dorment moins que ces recommandations, et de 2,6 ans à celle de ceux qui dorment plus que recommandé. Des études complémentaires sont néanmoins nécessaires pour confirmer et comprendre ces résultats.

De nombreuses études ont été menées sur les effets du manque de sommeil chronique, en particulier sur la santé du cœur et des vaisseaux. Ces études, nombreuses et solides, pointent vers la nécessité de dormir suffisamment pour préserver sa santé (c’est-à-dire assez pour ne pas avoir sommeil le lendemain). Cette conclusion est valide pour les hommes comme pour les femmes.

À noter, certains articles grand public ont émis l’hypothèse que le manque de sommeil chronique puisse être l’une des causes de la maladie d’Alzheimer, mais cette hypothèse est fantaisiste.

Comment savoir si l’on dort suffisamment ?

Certaines personnes, en particulier celles qui ont une nuit hachée, se demandent parfois si elles dorment suffisamment. Pour évaluer son sommeil de manière objective, il existe un test simple, le test d’Epworth, qui évalue la tendance à s’assoupir dans 8 situations de la vie quotidienne :

  • assis en train de lire ;
  • assis en parlant avec quelqu’un ;
  • assis au calme après un déjeuner sans alcool ;
  • assis, inactif dans un lieu public (cinéma, théâtre, réunion) ;
  • en regardant la télévision ;
  • comme passager d’une voiture (ou de transport en commun) roulant sans arrêt depuis une heure ;
  • dans une voiture immobilisée depuis quelques minutes ;
  • allongé l’après-midi.

Pour chacune de ses situations, il suffit d’affecter le nombre de points le plus approprié pour chaque situation de la liste :

  • situation ne présentant aucun risque de somnoler ou de s’endormir : 0 point ;
  • faible risque = 1 point ;
  • risque moyen = 2 points ;
  • risque élevé = 3 points.

Si vous avez un résultat qui atteint 12 points ou plus, il est préférable d’en parler avec votre médecin traitant.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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