Retard de croissance chez l’enfant

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Publié le 07/08/2023

Information proposée par Service Public d’Information en Santé

La croissance des enfants débute pendant la grossesse et continue jusqu’à la puberté.

La croissance des enfants débute pendant la grossesse et continue jusqu’à la puberté. Au cours de la première année de vie, la croissance est rapide avec, en moyenne, un gain de taille de 24 cm. Ensuite la vitesse de croissance ralentit progressivement : en moyenne, 11 cm la 2e année, un peu plus de 8 cm la 3e, environ 7 cm la 4e, pour arriver à 4,5 cm par an vers 12 ans. Un peu avant la puberté, la vitesse de croissance ralentit puis augmente fortement. Chez les filles, cette croissance rapide débute avec l’apparition des signes de la puberté (ce qui se traduit par un gain de taille total moyen de 23 à 25 cm). Chez les garçons, cette croissance plus rapide démarre avec une année de retard sur les premiers signes de la puberté (le gain total moyen est de 25 à 28 cm). Attention, toutes ces valeurs sont des moyennes et ne reflètent pas la réalité de tous les enfants.

Comment surveille-t-on la croissance des enfants ?

taille d'un enfant

Pour suivre la croissance d’un enfant, le médecin mesure trois paramètres : le périmètre crânien (chez les nourrissons), la taille ainsi que le poids. À partir de la taille et du poids, il calcule la corpulence (IMC, indice de masse corporelle). Ces quatre valeurs sont notées sur des graphiques figurant dans la partie « Courbes de croissance » du carnet de santé. Ces pages permettent de garder la trace de ces mesures et de les comparer avec les valeurs habituellement observées en France.

Pour tracer les courbes de croissance, il est conseillé de mesurer et de peser son enfant :

  • tous les 3 mois, de la naissance jusqu’à 1 an ;
  • au minimum tous les 6 mois de 1 à 4 ans ;
  • au moins tous les ans jusqu’à la puberté.

Quand parle-t-on de retard de croissance ?

Les définitions du retard de croissance sont multiples. Le plus souvent, ce diagnostic est posé lorsque la taille de l’enfant se situe à plus de 2 déviations standard de la moyenne pour son sexe et son âge (donc hors de la zone de couleur plus claire sur les courbes de croissance). Mais d’autres définitions existent qui reposent par exemple sur la vitesse de croissance (le nombre de cm acquis en 12 mois) : moins de 3,5 cm par an est alors considéré comme un retard de croissance. Poser un diagnostic de retard de croissance peut parfois être difficile et demander un certain délai pour être sûr qu’il ne s’agit pas d’une phase qui sera rattrapée par la suite. En l’absence de cause identifiée ou de retard clairement avéré, et devant des parents inquiets, le pédiatre est parfois amené à temporiser et à les rassurer, voire à réfléchir avec eux sur leur perception de la taille de leur enfant et de ses conséquences pour son bien-être.

Quels sont les signes qui doivent faire suspecter un retard de croissance ?

Outre l’aspect de la courbe de croissance, certains éléments peuvent amener les parents à consulter à propos de la croissance de leur enfant :

  • il/elle use ses vêtements avant qu’ils ne deviennent trop petits (ou leur taille n’a pas changé depuis 2 ans) ;
  • il/elle est plus petit/e que chacun de ses parents à son âge, ou plus petit/e que ses frères et sœurs à son âge ;
  • il/elle est plus petit/e que les autres enfants de son âge ;
  • il/elle est souvent pris/e pour un enfant plus jeune que son âge réel ;
  • il/elle se plaint de moqueries sur sa taille.

Les 3 derniers points doivent bien sûr être considérés à la lumière de la taille des parents ! Si ceux-ci sont eux-mêmes de petite taille, il est peu probable que l’enfant devienne beaucoup plus grand qu’eux.

Quelles sont les causes d’un retard de croissance ?

Parmi les causes du retard de croissance chez l’enfant, on distingue les causes dites « constitutionnelles », le plus souvent liées à des caractéristiques génétiques de l’enfant, et les causes dites « acquises », en lien avec un autre problème de santé. De plus, chez certains enfants, le retard de croissance ne semble lié à aucun de ces deux types de causes. Dans ce cas, on parle de retard de croissance « idiopathique ».

Les causes constitutionnelles des retards de croissance

Ces causes sont, de loin, les plus fréquentes. Elles représentent plus de 70 % des causes de retard de croissance identifiées. Pour la plupart, elles sont liées à des maladies génétiques. Ce sont par exemple :

  • les syndromes de Turner, de Noonan, de Schprintzen, de Prader Willi, de Silver Russel ou d’Aarskog ;
  • la trisomie 21 ;
  • la mucoviscidose ;
  • les maladies mitochondriales (qui affectent la production d’énergie dans les cellules) ;
  • la pseudohyperparathyroïdie ;
  • des affections génétiques de la maturation des os (achondroplasie, hypochondroplasie, dyschondrostéose), etc.

Parfois, sans cause génétique, les enfants nés petits pour leur âge gestationnel présentent également un retard de croissance pendant l’enfance.

Les causes acquises des retards de croissance

Dans ces cas, le retard de croissance est lié à une maladie qui affecte la croissance parfois de manière indirecte, par exemple en perturbant l’absorption des nutriments.

Il peut s’agir :

  • de maladies digestives (maladie cœliaque, maladie de Crohn, malabsorptions, allergie aux protéines du lait de vache) ;
  • de maladies articulaires (arthrite juvénile) ;
  • de maladies endocriniennes (hypothyroïdie, excès de cortisol, déficit en hormone de croissance ou résistance des cellules à cette hormone) ;
  • de maladies rénales (insuffisance rénale chronique, par exemple) ;
  • de maladies du sang (thalassémies et anémies chroniques) ;
  • de maladies métaboliques (rachitisme – carence en vitamine D, par exemple) ;
  • de maladies du cœur ou du foie ;
  • de troubles psychologiques (anorexie mentale, nanisme psycho-social).

L’insuffisance de production d’hormone de croissance peut être liée à une tumeur bénigne, le craniopharyngiome, qui comprime l’hypophyse et perturbe la synthèse de cette hormone.

Quels sont les examens lors de suspicion de retard de croissance ?

Quand une insuffisance de production d’hormone de croissance est suspectée, un examen spécifique est pratiqué, le test de stimulation de l’hormone de croissance, qui vise à évaluer la capacité de l’hypophyse à produire de cette hormone. Ce test doit être effectué deux fois pour être fiable. Le pédiatre endocrinologue peut également mesurer les taux sanguins d’IGF-1 (Insulin-like growth factor) ou de la protéine qui transporte l’IGF-1, dite « IGFBP3 ». Ces examens peuvent être complétés par une IRM ou un scanner de la région hypophysaire.

Quels sont les traitements du retard de croissance ?

Parce que le retard de croissance peut être le signe de très nombreux problèmes de santé, son traitement varie évidemment selon la cause identifiée.

Lorsque ce retard est lié à une production insuffisante d’hormone de croissance, il peut être nécessaire d’administrer cette hormone par injection sous la peau, tous les jours.

Un traitement par hormone de croissance (somatropine recombinante obtenue par biotechnologie) est envisageable lorsque :

  • le déficit en hormone de croissance a été dûment prouvé par des examens appropriés ;
  • l’enfant présente une taille inférieure ou égale à 2 fois la déviation standard selon les données de référence françaises ;
  • l’enfant présente une vitesse de croissance au cours de l’année écoulée inférieure à la normale pour l’âge (d’au moins 1 déviation standard) ou inférieure à 4 cm/an.

On estime que, en France, environ 10 000 enfants sont traités par hormone de croissance dans ce cas de figure.

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