Les œufs sont-ils mauvais pour le cholestérol ?
10/04/2024 2 mins de lecture
Historiquement, les œufs ont d’abord été déconseillés aux personnes qui souffrent d’excès de cholestérol sanguin (cholestérol LDL ou « mauvais » cholestérol) et qui sont, de ce fait, à risque accru de maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus, artérite, angine de poitrine, etc.). La cause de cette mise en garde est la présence de cholestérol dans le jaune d’œuf (environ 240 mg par jaune) qui pourrait contribuer au dépôt de plaques de cholestérol (athéromes) dans les vaisseaux sanguins. Mais qu’en est-il vraiment ?
Ces dernières années, diverses études ont suggéré que la consommation d’œufs (et plus globalement le cholestérol alimentaire) n’était en fait corrélée ni à une hausse du taux de cholestérol LDL, ni à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires (à l’inverse des graisses saturées dont la consommation est clairement néfaste). Les conseils alimentaires concernant les œufs se sont donc adoucis.
Le retour de la mauvaise réputation de l’œuf
Mais, en mars 2019, une vaste analyse croisée d’études épidémiologiques portant sur presque 30 000 personnes a changé la donne : pour les auteurs de cette analyse, la consommation d’aliments riches en cholestérol, dont les œufs, exerce une influence négative sur le risque cardiovasculaire. Leur analyse montre que la quantité de cholestérol ingérée chaque jour est proportionnellement corrélée au risque cardiovasculaire et que chaque apport de 300 mg/jour de cholestérol augmente de 17 % le risque d’accident cardiovasculaire. De plus, dans cette analyse, chaque demi-œuf/jour consommé augmentait le risque cardiovasculaire de 6 %.
Certains nutritionnistes français ont relativisé les résultats de cette analyse : plusieurs études prises en compte dans l’analyse ont été menées aux États-Unis où les habitudes alimentaires sont plus riches en graisses saturées, en sucre, etc. Pour eux, l’analyse est biaisée car elle concerne des personnes dont le risque cardiovasculaire est déjà augmenté par cette alimentation déséquilibrée.
Alors, que faire ?
Pas question d’abandonner complètement les œufs ! Ils constituent une source de nutriments variés pour un coût modeste : protéines complètes, fer, iode, phosphore, soufre, sélénium, vitamines A, E, B2, B5, B8 et B9, etc. Mais notre consommation hebdomadaire d’œufs doit prendre en compte divers éléments, en particulier notre consommation d’autres types d’aliments riches en cholestérol (viandes, beurre, fromages, par exemple). Autre élément à prendre en compte, la présence de facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, âge, hypertension artérielle, antécédents cardiovasculaires familiaux ou personnels, diabète de type 2) et le taux sanguin de cholestérol LDL.
Pour résumer les conseils actuels, les personnes qui sont à risque de maladies cardiovasculaires, les personnes diabétiques ou celles qui souffrent d’excès de cholestérol sanguin devraient consommer des œufs avec modération : pas plus de 3 ou 4 œufs par semaine selon les cardiologues.
Pour les personnes qui ne sont pas à risque, ou si les œufs sont la seule source de cholestérol dans l’alimentation, une consommation allant jusqu’à 2 œufs par jour ne semble pas poser de problème (à condition de faire régulièrement mesurer son taux de cholestérol sanguin).