Quels sont les bénéfices et les risques du vaccin contre les papillomavirus ?

12/01/2026 7 mins de lecture

Depuis 2021, la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), responsables de certains cancers, est recommandée pour les filles et les garçons âgés de 11 à 14 ans révolus. Un rattrapage est également proposé aux adolescents jusqu’à 19 ans révolus.
Mais que sait-on de l’efficacité et de la sécurité de ce vaccin ? Depuis les débuts de cette vaccination en 2007, de nombreuses données cliniques « en vie réelle » ont été recueillies, au-delà de celles issues des études cliniques. Le point sur ce que l’on sait des bénéfices et des risques de ce vaccin désormais systématiquement proposé en classe de 5e.

Les papillomavirus humains, à l’origine de plusieurs cancers

Les papillomavirus humains (HPV) sont transmis au cours des relations sexuelles. Très fréquente, cette infection passe le plus souvent inaperçue, mais elle est à l’origine de 99 % des cancers du col de l’utérus et peut aussi provoquer d’autres cancers génitaux (vulve, vagin, pénis), de l’anus et de la sphère ORL (bouche et gorge). 

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Pratiquée depuis presque 20 ans, la vaccination contre les HPV a pour objectif de réduire la survenue de lésions précancéreuses sous l’action de ces virus et, à terme, l’apparition des cancers qu’ils provoquent. Le calendrier vaccinal (1) recommande la vaccination contre les HPV avec le vaccin GARDASIL 9 pour toutes les filles et tous les garçons de 11 à 14 ans, afin de leur assurer une protection avant le début de leur vie sexuelle. 

Depuis mai 2025, un rattrapage est possible jusqu’à 26 ans révolus pour tous les jeunes adultes (2)

Cette vaccination est plus efficace chez les adolescents qui n'ont pas encore eu de rapports sexuels ayant pu les exposer au virus. Mais elle n’a aucun effet pour soigner une infection par HPV existante. Il s’agit uniquement d’un vaccin préventif. 

Le vaccin contre les HPV est-il efficace pour prévenir les cancers du col de l’utérus ?

Lors des essais cliniques ayant abouti à leur autorisation de mise sur le marché, l’efficacité de ces vaccins avait été évaluée proche de 100 % pour prévenir des lésions précancéreuses du col de l’utérus (qui apparaissent avant les cancers) et jusqu'à 90 % pour prévenir les infections aiguës à HPV. Ces essais initiaux ont également montré que la vaccination contre les HPV induisent une meilleure réponse immunitaire que celle observée après une infection naturelle guérie (production de plus d’anticorps). Mais qu’en est-il dans la « vie réelle » ?

En raison du long délai entre l'infection par les HPV et la survenue d'un cancer (le plus souvent entre 10 et 30 ans), il aura fallu presque 20 ans pour confirmer leur grande efficacité en « vie réelle ». Plusieurs études font désormais référence.  

En Australie, où le nombre de jeunes filles vaccinées est très élevé depuis plusieurs années, les premières études de grande taille (3) ont montré une diminution rapide et durable du nombre d’infections liées aux HPV et du risque de lésions précancéreuses du col de l’utérus chez celles qui avaient été vaccinées à partir de 2007.

En octobre 2020, une étude suédoise (4) a apporté la preuve que la vaccination contre les HPV est associée à un risque considérablement réduit non seulement de lésions précancéreuses, mais aussi de cancer du col de l’utérus. Cette étude a porté sur plus de 1,6 million de jeunes filles et femmes âgées de 10 à 30 ans entre 2006 et 2017. Elle a clairement montré que, par rapport aux femmes non vaccinées contre les HPV, le risque de cancer du col de l’utérus est inférieur chez les jeunes femmes vaccinées, avec une réduction de 88 % de ce risque, plus marquée chez celles vaccinées avant l’âge de 17 ans.

En 2024, les résultats d’une vaste étude (450 000 femmes) menée en Écosse (5) ont été publiés et ont confirmé les données suédoises. Aucun cas de cancer du col de l’utérus n’a été constaté chez les femmes qui avaient été vaccinées à 12 ou 13 ans et ce quel que soit le nombre de doses reçues. À noter : chez les jeunes filles âgées de 14 à 22 ans au moment de la première injection, la protection était meilleure après avoir reçu 3 doses de vaccin en tout.

En novembre 2025, l’Institut Cochrane a publié (6) les résultats de l’analyse croisée des données scientifiques disponibles (225 études, 132 millions de personnes vaccinées). Les résultats ont montré que les filles vaccinées contre le HPV avant l'âge de 16 ans présentaient un risque de cancer du col de l'utérus inférieur de 80 % à celui des filles non vaccinées. Cependant, l'efficacité du vaccin dépendait de l'âge auquel il était administré : les jeunes filles vaccinées les plus jeunes étaient le mieux protégées.

Pour résumer, les résultats des études disponibles montre clairement que le vaccin contre les HPV entraîne une réduction des lésions précancéreuses du col de l’utérus allant de 8 % à 94 %, et une réduction des cancers de cet organe allant de 80 à 90 %. L’efficacité de ce vaccin est donc clairement prouvée dans la prévention des cancers du col de l’utérus. 
 

Le vaccin contre les HPV est-il efficace chez l’homme ?

Chez les hommes, les résultats de l’analyse croisée (7) de 4 essais cliniques randomisés (portant sur 7 008 participants) confirment l'efficacité du vaccin contre le HPV dans la prévention des verrues génitales et des infections persistantes par le HPV chez les hommes n'ayant jamais été exposés au virus : la vaccination offre une protection durable, avec un suivi à long terme de 10 ans montrant une efficacité de 92 % dans la prévention des lésions génitales externes liées aux HPV. 

De plus, le vaccin semble réduire efficacement la détection de l'ADN des HPV chez les hommes vaccinés (ce qui protège leurs partenaires). Parce que les cancers génitaux masculins sont rares, il n’est pas encore possible de savoir si la vaccination contre les HPV réduit le risque d’en souffrir. Il faudra un suivi sur une plus longue durée pour s’en assurer.

Selon l’Institut Cochrane (6), 47 études ont fourni des preuves d'une certitude modérée indiquant que la vaccination contre le HPV réduit la fréquence des verrues anogénitales (chez les hommes et les femmes). En vie réelle, 23 études ont rapporté une diminution de la fréquence des verrues anogénitales après vaccination contre le HPV. Six études n'ont rapporté aucune différence. Les auteurs concluent donc que « la vaccination contre le HPV réduit probablement l’incidence des verrues anogénitales. »

Considérant que certains cancers de la gorge et de la bouche sont liés au virus HPV-16 (qui fait partie des HPV ciblés par le vaccin), et que cette vaccination augmente l’immunité de la gorge contre les HPV, il est probable que la vaccination puisse réduire le risque de ces cancers. Des études cliniques sont en cours pour vérifier cette hypothèse. La décision de généraliser la vaccination aux jeunes garçons a aussi été prise dans le but de prévenir les cancers de la bouche et de la gorge. 

Quels sont les effets indésirables du vaccin contre les HPV ?

Ses effets indésirables les plus fréquents sont similaires à ceux des autres vaccins (8) : réactions au point d’injection (rougeur, douleur, démangeaisons), fièvre, douleurs articulaires ou musculaires. Ces réactions sont temporaires. Des réactions allergiques graves, mais très rares, sont possibles, comme pour tous les vaccins.  

Des malaises (voire de brèves pertes de connaissance) peuvent apparaître rapidement après l’injection. Ils sont peu fréquents et se résolvent rapidement. Ils pourraient être dus à une réaction psychologique à l'injection. Ils justifient la nécessité de surveiller les personnes vaccinées pendant 15 minutes après l’injection. 

Pendant cette période de surveillance, les autorités sanitaires recommandent :

  • soit d'allonger l'adolescent sur des tapis de sol ou des couvertures ;
  • soit de l'asseoir par terre adossé à un mur, dans un espace dégagé.

Ces consignes de surveillance font suite au décès, fin octobre 2023, d'un élève de 5e scolarisé dans un collège de Loire-Atlantique. Cet adolescent est mort des suites d'un traumatisme crânien causé par une chute consécutive à un malaise survenu moins de 15 minutes après l’injection.

Selon les données récentes de l’Institut Cochrane (6), « la vaccination contre le HPV n'a pas été associée à un risque accru de syndrome de fatigue chronique/encéphalomyélite myalgique, de paralysie, de syndrome douloureux, d'insuffisance ovarienne prématurée, d'infertilité ou d'augmentation de l’activité sexuelle ou du risque d’infections sexuellement transmissibles (certitude modérée). Certaines études suggèrent que la vaccination contre le HPV n'est pas associée à un risque accru de syndrome de Guillain-Barré (certitude faible). »

À noter également que, selon l'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM), les données des différentes études cliniques ne montrent pas d'augmentation de la fréquence des maladies auto-immunes, plus particulièrement de sclérose en plaques, après une vaccination contre les HPV (8)

En conclusion, les données disponibles aujourd’hui confirment la grande efficacité de la vaccination contre les HPV en termes de réduction du risque de cancer du col utérin, mais aussi, probablement, de verrues anogénitales. Une surveillance à plus long terme est toujours en cours afin d’évaluer la durée de la protection accordée par le vaccin, pour optimiser le calendrier des injections dans le futur. 

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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Bibliographie

1 - Calendrier vaccinal et recommandations vaccinales 2025, Ministère chargé de la santé et de l’accès aux soins, octobre 2025

2 - Vaccination contre les papillomavirus humains (HPV). Élargissement de la cohorte de rattrapage vaccinal chez les hommes et les femmes jusqu’à 26 ans révolus. Haute Autorité de santé, mai 2025

3 - Patel C, Brotherson JML, Pillsbury A et al. The impact of 10 years of human papillomavirus (HPV) vaccination in Australia: what additional disease burden will a nonavalent vaccine prevent? Euro Surveill. 2018;23(41):1700737. doi: 10.2807/1560-7917

4 - Lei J, Ploner A, Elfström KM et al. HPV Vaccination and the Risk of Invasive Cervical Cancer. N Engl J Med 2020;383:1340-1348. doi: 10.1056/NEJMoa1917338

5 - Palmer TJ, Kavanagh K, Cuschieri K et al. Invasive cervical cancer incidence following bivalent human papillomavirus vaccination: a population-based observational study of age at immunization, dose, and deprivation. J Natl Cancer Inst. 2024;22(263). doi: 10.1093/jnci/djad263

6 - Henschke N, Bergman H, Buckley BS et al. Effects of human papillomavirus (HPV) vaccination programmes on community rates of HPV‐related disease and harms from vaccination. Cochrane Database of Systematic reviews, 24 novembre 2025. doi: 10.1002/14651858.CD015363.pub2

7 - Kardoust Parizi M, Singla N, Matsukawa A et al. Efficacy of human papillomavirus vaccines in the prevention of male genital diseases: a systematic review. BJU Int. 2025;135(6):902-907. doi: 10.1111/bju.16692

8 - Vaccination contre les virus HPV : informations sur les effets indésirables. ANSM, novembre 2023