Les groupes sanguins influencent-ils le risque de certaines maladies ?

30/04/2024 4 mins de lecture

Dans l’espèce humaine, il existe 4 groupes sanguins  : O, A, B et AB. Dans certains pays, et en particulier en Asie, les médecins pensent qu’il existe des liens entre le groupe sanguin et la vulnérabilité à certaines maladies. Ils en tiennent compte dans la prise en charge de leurs patients. Dans les pays occidentaux, cette caractéristique des patients est plus rarement évoquée, hors du contexte de la transfusion sanguine.

Plusieurs études semblent indiquer que certains groupes sanguins sont associés à une augmentation ou une diminution du risque moyen pour certaines maladies. Attention, ces données sont issues d’études épidémiologiques qui comparent la fréquence de diverses maladies entre les groupes sanguins. Une telle différence ne montre qu’une association statistique et, en aucun cas, un lien de causalité. De plus, parce que la fréquence des différents groupes sanguins varie selon les origines ethniques, une association entre un groupe et une maladie peut en fait refléter d’autres prédispositions génétiques dans la population étudiée.

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Groupes sanguins et maladies cardiovasculaires

En 2023, une vaste étude danoise a évalué l’effet des groupes sanguins sur le risque de diverses maladies en analysant les données obtenues pendant plus de 40 ans sur environ 500 000 personnes. Cette analyse montre un risque accru de maladies cardiovasculaires (AVC, infarctus, phlébite, etc.) chez les personnes « non-O » (donc A, B et AB).
Ces résultats rejoignent ceux d’une analyse croisée de 17 études publiée en 2016 par une équipe chinoise (225 000 patients) qui a montré que le risque de maladie coronarienne (angine de poitrine, infarctus) était significativement plus élevé chez les patients non-O que chez les patients du groupe O. Même tendance dans une étude néerlandaise de 2020 qui a observé un risque d’accidents cardiovasculaires plus élevé dans les groupes A et B que dans le groupe O. Dans cette étude, les groupes A et B avaient un risque d’hypertension artérielle légèrement plus faible.

Groupes sanguins et maladies métaboliques

L’influence des groupes sanguins sur le risque de développer un diabète de type 2 (insulinorésistant) est moins claire. Si l’étude danoise et une étude saoudienne de 2016 rapportent un risque plus faible pour les personnes de groupe O (et un risque plus élevé pour celles du groupe B), une analyse croisée de plusieurs études publiée par une équipe philippine rapporte un risque plus faible dans le groupe B (et le plus élevé dans le groupe AB). Cette différence montre les limites de ces études épidémiologiques portant sur des populations différentes (et donc soumises à l’influence d’autres facteurs de prédisposition).

Groupes sanguins et troubles gynécologiques

L’étude danoise s’est penchée sur l’influence des groupes sanguins sur les maladies de la grossesse et les troubles gynécologiques. Dans leur étude, les femmes de groupe sanguin B ont plus fréquemment souffert de complications pendant la grossesse : grossesse extra-utérine, vomissements excessifs et anomalies des organes du bassin compliquant la grossesse. En outre, l’équipe danoise a identifié un risque plus élevé de polypes du col de l’utérus chez les femmes du groupe A, et d’inflammation du col de l’utérus (cervicite et endocervicite) chez celles du groupe AB.

Groupes sanguins et cancers

Les personnes du groupe A semblent avoir un risque légèrement augmenté de développer un cancer de l'estomac, du pancréas, des ovaires, des glandes salivaires, du col de l'utérus, de l'utérus et du côlon/rectum que les personnes du groupe sanguin O. Une étude réalisée à Shanghai en 2017 a également montré que le groupe AB est associé à un risque significativement plus élevé de cancer du foie. Des études sur un certain type de tumeur du cerveau (lymphomes) ont montré un risque significativement plus faible dans le groupe A. Enfin, un cancer de la moelle osseuse (myélome multiple) semble plus grave chez les personnes âgées du groupe O.

Groupes sanguins et maladies infectieuses

Le groupe sanguin O semble associé à une vulnérabilité accrue au choléra, à la peste, à la tuberculose et aux oreillons, tandis que le groupe A semble associé à une sensibilité accrue à la variole et aux infections à Pseudomonas æruginosa. De son côté, le groupe B semble associé à une plus grande vulnérabilité vis-à-vis de la gonorrhée, de la tuberculose et des infections à Streptococcus pneumoniae, E. coli ou aux salmonelles. Enfin, le groupe sanguin AB semble associé à un risque plus important vis-à-vis de la variole et des infections à E. coli ou aux salmonelles.
Mais le groupe sanguin peut également être associé à un risque réduit pour certaines infections : les personnes du groupe sanguin O semblent être partiellement protégées contre les formes graves de paludisme ou de Covid-19, et celles du groupe AB contre le choléra.

Groupes sanguins et autres maladies 

Les personnes du groupe AB semblent présenter un risque légèrement augmenté de troubles cognitifs (démence, Alzheimer), indépendamment du pays où elles vivent, de leur âge, de leur origine ethnique ou de leur sexe.
Dans l’étude danoise, des associations entre groupes sanguins et d’autres maladies ont également été décrites concernant, par exemple, les ulcères gastro-duodénaux, l’arthrose, ou l’insuffisance rénale.

En conclusion, il est important de garder à l’esprit que, non seulement ces observations ne sont que des associations statistiques, mais aussi que les augmentations et diminutions du risque de certaines maladies en lien avec les groupes sanguins sont, au plus, de l’ordre de quelques pour cent. Les groupes sanguins ne sont donc pas de bons facteurs de prédiction à l’échelle individuelle. Pour chacun d’entre nous, le groupe sanguin ne protège de ou ne condamne à aucune maladie.

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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« Les personnes appartenant au groupe sanguin O protégées contre le SARS-CoV-2, vraiment ? » Inserm, 10 mars 2021