Douleur et fin de vie
Article
Publié le 01/01/2018
Information proposée par Centre National de Ressources de lutte contre la Douleur (CNRD)
L’évaluation de la douleur est importante car elle permet le dépistage de la douleur afin d’initier sa prise en charge. Pourquoi le dépistage de la douleur est-il important ? La douleur aiguë est un signal d’alerte d’un problème de santé (douleur d’une carie dentaire, d’une pathologie chirurgicale ou traumatique, d’un problème cardio-vasculaire…).
A-t-on forcément mal en fin de vie ?
Non, on ne souffre pas obligatoirement en fin de vie. Toutefois les raisons d’avoir mal peuvent être multiples : la maladie et ses répercussions, le fait de rester longtemps dans la même position, et certains soins comme la toilette, même s’ils sont censés procurer du bien être à la personne, peuvent amener de l’inconfort. Quelle que soit la source de l’inconfort, la douleur doit être prise en compte pour soulager au mieux le malade jusque dans ses derniers instants de vie. Ainsi, lors d’un soin pouvant être inconfortable, une prévention antalgique devra être mise en œuvre par l’association de traitements médicamenteux et de techniques non médicamenteuses.
Peut-on distinguer douleur et souffrance ?
Lorsque quelqu’un a mal, cela peut toucher toutes les dimensions de sa personne : son moral, sa relation avec les autres, sa manière de penser et de comprendre les événements. L’angoisse et la peur sont des facteurs aggravants de la perception de la douleur. Ainsi, il est essentiel de traiter la douleur et ses retentissements par des moyens médicamenteux et non médicamenteux pour apaiser la personne.
Comment évaluer les douleurs ?
Le patient est le seul à pouvoir dire sa douleur et ce qui est supportable ou non. En fin de vie, le patient peut être dans l’incapacité de s’exprimer du fait d’un affaiblissement important, voire d’un état comateux. Les soignants sont alors très attentifs et évaluent régulièrement le patient pour s’assurer de son confort. Des échelles d’évaluation sont disponibles, et l’avis des proches est pris en compte pour qu’au moindre doute le traitement antalgique soit adapté.
Comment soulager les douleurs ?
Aujourd’hui, la douleur n’est plus une fatalité et les progrès médicaux permettent, y compris en fin de vie, un soulagement rapide dans la plupart des cas. Un traitement antalgique adapté à la situation doit être mis en place. Lorsque les douleurs sont difficiles à soulager, l’intervention d’équipes douleur et d’équipes de soins palliatifs permet une prise en charge optimale. Parfois, une hospitalisation en Unité de soins palliatifs peut être envisagée.
Douleurs et droits des malades
Droits des malades et douleur
Article L.1110-5 du code de la santé publique :
[…] « Toute personne a, compte tenu de son état de santé et de l’urgence des interventions que celui-ci requiert, le droit de recevoir, sur l’ensemble du territoire, les traitements et les soins les plus appropriés et de bénéficier des thérapeutiques dont
l’efficacité est reconnue et qui garantissent la meilleure sécurité sanitaire et le meilleur apaisement possible de la souffrance au regard des connaissances médicales avérées […].»
Article L.1112-4 du code de la santé publique (modifié par la loi n° 99-477 du 9 juin 1999 visant à garantir le droit à l’accès aux soins palliatifs).
LOI n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie
LOI n° 2016-87 du 2 février 2016 créant de nouveaux droits en faveur des malades et des personnes en fin de vie
Article R. 4311-2 du code de la santé publique (Décret N° 2002 du 11 février 2002 relatif aux actes professionnels et à l’exercice de la profession d’infirmier – Article 2) : « Les soins infirmiers […] ont pour objet, dans le respect de la personne, dans le
souci de son éducation à la santé et en tenant compte de la personnalité de celle-ci […] de participer à la prévention, à l’évaluation et au soulagement de la douleur et de la détresse physique et psychique des personnes […]. »
Article R.4127-37 du code de la santé publique : « […] En toutes circonstances, le médecin doit s’efforcer de soulager les souffrances du malade par des moyens appropriés à son état et l’assister moralement […]. »
À retrouver sur https://www.sfetd-douleur.org/wp-content/uploads/2019/08/livret-la_douleur-final-2018.pdf
Le Centre National Ressources Douleur (CNRD) a été créé en 2002 avec pour objectif d’améliorer la prise en charge de la douleur provoquée par les soins, son public cible étant l'ensemble des professionnels de santé des secteurs public et privé.
La douleur chronique fait dorénavant partie des thématiques abordées et son public s’est depuis élargi aux usagers du système de santé.
Centre National de Ressources de lutte contre la Douleur (CNRD)