Les masques à LED sont-ils efficaces et sûrs ?

12/01/2026 4 mins de lecture

Les lampes LED (Light Emitting Diode) sont utilisées depuis une quinzaine d’années en dermatologie pour traiter divers problèmes de peau : cicatrisation des plaies, acné légère à modérée, psoriasis ou certains types de cancer de la peau (par exemple, le carcinome basocellulaire). Plus récemment, elles ont été promues pour un supposé effet préventif sur le vieillissement de la peau, en particulier pour favoriser la réduction des rides. Plus pratiques que les lampes, des masques à LED sont désormais commercialisés, pour un usage domestique. Qu’en penser ? 

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Comment agissent les lampes LED ?

Les lampes LED utilisées en dermatologie utilisent certaines longueurs d’onde (couleurs) de lumière froide pour pénétrer profondément la peau afin de modifier le fonctionnement des cellules du derme (fibroblastes) et, en particulier, leur faire sécréter davantage de collagène sans que l’on comprenne les mécanismes de cette action (1,2). On parle de « photobiomodulation ».

En général, ces lampes émettent selon deux longueurs d’ondes :

  • les LED rouges émettent de la lumière dans une longueur d'onde allant de 630 à 700 nm ;
  • les LED dans le proche infrarouge émettent dans une longueur d'onde allant de 800 à 1200 nm.

Dans certains cas, par exemple dans le traitement des peaux à acné, une lumière bleue est ajoutée pour ses propriétés antibactériennes et anti-inflammatoires (400 à 470 nm, soit très proche des rayons ultraviolets qui vont de 100 à 400 nm) (1)

Les lampes LED réduisent-elles les rides ?

L’efficacité de ces LED sur les rides et l’élasticité de la peau a été évaluée dans diverses études, sur des cellules de la peau en culture ou chez des personnes, en comparant leurs effets à ceux de la lumière blanche.

Dans une étude coréenne de 2007 (3), randomisée et contrôlée par placebo, 73 patients présentant des rides faciales ont été traités avec des dispositifs LED sur la moitié droite de leur visage (pour comparer avec la moitié gauche). Tous les sujets ont été répartis au hasard en quatre groupes traités soit par 830 nm seul (proche infrarouge), soit par 633 nm seul (rouge), soit par une combinaison de 830 et 633 nm, soit par une lumière blanche, 2 fois par semaine pendant 4 semaines.

Les résultats ont montré une réduction significative des rides (de 26 à 36 % de réduction) et une augmentation de l'élasticité de la peau (de 14 à 19 %) par rapport au côté gauche du visage, dans les trois groupes traités mais pas dans le groupe « lumière blanche ». De plus, des biopsies de peau ont montré que les peaux traitées contenaient davantage de collagène et davantage de fibres élastiques : les fibroblastes étaient fortement activés, entourés d'abondantes fibres élastiques et de collagène. Aucune différence significative n’a été observée entre les deux longueurs d’onde (ou entre chacune et leur usage simultané).  

Une étude de 2009 (4) a montré que, dans les cellules de la peau en culture, les concentrations de collagène (« proto-collagène ») étaient augmentées de 31 % après traitement par une lumière à 660 nm (rouge). Chez 40 personnes, 12 traitements par LED ont entraîné une réduction de la profondeur des rides et de la rugosité de la surface de la peau : 87 % d'entre elles présentaient une réduction du score de sévérité des rides (score Fitzpatrick). 

Dans une analyse croisée de 31 études cliniques randomisées et contrôlées (5), publiée en 2018, les auteurs indiquent que l’association de LDR rouges et infrarouges appliquées pendant 8 à 10 semaines semble efficace pour réduire les ridules (rides peu profondes) (Il faut noter que ces études ont un Grade C : c’est une recommandation fondée sur des études de moindre niveau de preuve).

Il faut relever également que chaque étude retenue pour cette analyse utilisait un protocole différent (en termes de durée de session, de puissance des LED et de doses totales de rayons lumineux reçus). Cette variabilité des études empêche d’établir des recommandations pratiques relatives à l’usage des LED dans le traitement des ridules.

Les auteurs notent également que les résultats en termes de rajeunissement semblent apparaître progressivement, avec un effet maximal observé 6 mois ou plus après le début de l’usage de LED. Ils recommandent que des études plus longues soient menées pour mieux évaluer l’efficacité de cette méthode, les éventuels effets indésirables à long terme, ainsi que la persistance des effets après l’arrêt de l’application des LED.

Plus récemment, une synthèse des études disponibles (6), publiée en 2024, confirme la capacité des LED rouge et proche-infrarouge à stimuler la production de collagène par les fibroblastes et à réduire (modérément) les rides. 

Les masques LED sont-ils sûrs ?

Si aucun accident n’a été signalé concernant les LED rouges et infrarouges, ce n’est pas le cas des masques qui contiennent des LED bleues. Un cas a été signalé où une patiente a développé, après usage d’un masque contenant une lumière bleue, une destruction partielle de ses deux rétines avec des troubles importants de la vision (7). L’usage de ce type de masque implique de porter, sous le masque, des lunettes opaques comme celles utilisées dans les cabines de bronzage. Elles sont à éviter pour un usage domestique.

Aucune étude n’est disponible sur d’éventuels effets indésirables à long terme des LED rouges et infrarouges. 

En conclusion, il semble bien que les masques à LED émettant dans le rouge et/ou le proche infra-rouge puissent contribuer à réduire les ridules et favoriser la production de fibres de collagène par les cellules du derme. Les experts manquent de données précises pour établir un protocole d’utilisation optimal. Néanmoins, il semble que les effets apparaissent après un délai assez long, plusieurs semaines à plusieurs mois. On ne sait rien de la persistance de ces effets sur la durée, ni sur d’éventuels effets indésirables à long terme. 

Auteur : Service Public d'Information en Santé (SPIS)

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Bibliographie

1 - Ablon G. Phototherapy with Light Emitting Diodes. Treating a Broad Range of Medical and Aesthetic Conditions in Dermatology. J Clin Aesthet Dermatol. 2018;11(2):21–27.

2 - Russell BA, Kellett N & Reilly LR. A study to determine the efficacy of combination LED light therapy (633 nm and 830 nm) in facial skin rejuvenation. J Cosmet Laser Ther. 2005;7(3-4):196-200. doi: 10.1080/14764170500370059

3 - Lee SY, Park KH, Choi JW et al. A prospective, randomized, placebo-controlled, double-blinded, and split-face clinical study on LED phototherapy for skin rejuvenation: clinical, profilometric, histologic, ultrastructural, and biochemical evaluations and comparison of three different treatment settings. J Photochem Photobiol B. 2007;88(1):51-67. doi: 10.1016/j.jphotobiol.2007.04.008

4 - Barolet D, Roberge CJ, Auger FA et al. Regulation of skin collagen metabolism in vitro using a pulsed 660 nm LED light source: clinical correlation with a single-blinded study. J Invest Dermatol. 2009;129(12):2751-9. doi: 10.1038/jid.2009.186

5 - Jagdeo J, Austin E, Mamalis A et al. Light‐emitting diodes in dermatology: A systematic review of randomized controlled trials. Lasers Surg Med. 2018;50(6): 613–628. doi: 10.1002/lsm.22791 

6 - Hernández-Bule ML, Naharro-Rodríguez J, Bacci S & Fernández-Guarino M. Unlocking the Power of Light on the Skin: A Comprehensive Review on Photobiomodulation. Int J Mol Sci. 2024;25(8):4483. doi: 10.3390/ijms25084483

7 - Kim TG, Chung J, Han J et al. Photochemical Retinopathy induced by blue light emitted from a light-emitting diode face mask - A case report and literature review. Medicine (Baltimore). 2020;99(24):e20568. doi: 10.1097/MD.0000000000020568