Mpox : le point sur le virus
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Publié le 07/01/2025
Information proposée par Ministère chargé de la santé
Le virus mpox (anciennement « monkeypox » et « variole du singe ») est une maladie infectieuse due à un orthopoxvirus qui se caractérise notamment par une éruption cutanée qui peut être isolée ou précédée ou accompagnée d’une fièvre ou de ganglions. Le mpox est une zoonose, c’est à dire une maladie transmise de l’animal à l’humain (rongeurs). Le virus se transmet également entre personnes, en particulier la famille et les proches. La transmission interhumaine se produit par contact direct avec une personne infectée, à travers les fluides corporels, les lésions cutanées de la maladie ou les muqueuses internes comme la bouche, ainsi que de manière indirecte par des objets que le malade a contaminés, comme des vêtements ou du linge de lit ou dans une moindre mesure à l’occasion d’un contact prolongé en face à face par des gouttelettes (postillons, éternuements).
Situation en France et à l’international
On distingue deux principaux clades de mpox : le clade 1, à l’origine présent dans le bassin du Congo en Afrique Centrale et le clade 2 présent en Afrique de l’Ouest.
Les épidémies de mpox de clade 1 sont de fréquence croissante en Afrique depuis début 2023, et le total de cas en 2024 est d’ores et déjà supérieur à celui de 2023. Ce clade est différent de celui responsable de l’épidémie de mpox en 2022 en Europe et notamment en France (clade 2). Le principal foyer de transmission identifié se situe en République démocratique du Congo (RDC), totalisant plus de 95% des cas, avec uniquement des souches appartenant au clade 1. Des cas confirmés de mpox ont aussi été signalés dans des pays voisins de la RDC tels que le Rwanda, l’Ouganda, le Burundi, le Kenya, la Centrafrique et le Congo.
Mercredi 14 août 2024, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclenché une Urgence de santé publique de portée internationale (USPPI) face à la circulation active du mpox de clade 1 en Afrique Centrale. Le risque global d’infection par le clade 1 du mpox pour la population générale de l’UE/EEE est actuellement considéré par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) comme faible. Ce risque est considéré comme modéré pour les personnes ayant de multiples partenaires sexuels (qui n’ont pas été infectées par le mpox ou qui n’ont pas été vaccinées lors de l’épidémie de 2022) et est considéré comme élevé en cas de contacts étroits avec des cas importés de mpox. Un premier cas de mpox de Clade 1 a été détecté en Suède le 15 août 2024, puis en Allemagne le 22 octobre 2024, au Royaume-Uni le 30 octobre 2024 et en Belgique le 18 décembre 2024.
Un premier cas humain de Mpox de clade 1b a été détecté sur le territoire national, en Bretagne. Les mesures de gestion recommandées ont été mises en place. Le cas déclaré concerne une personne n’ayant pas voyagé en Afrique centrale, zone dans laquelle les différents clades de virus mpox circulent activement depuis plusieurs mois, dont le clade I b. Cette personne a toutefois été en contact avec deux personnes de retour d’Afrique centrale, les investigations sont en cours pour rechercher l’origine de la contamination et identifier l’ensemble des personnes-contacts à risque autour du cas diagnostiqué."
Au 1er janvier, 215 cas de mpox de clade II ont été déclarés à Santé publique France depuis le 1er janvier 2024, dont 4 sur les 9 derniers jours.
Pour plus d’informations, consultez :
- le communiqué de presse du 04.09.2024 : Les autorités sanitaires renforcent la stratégie vaccinale de lutte contre le mpox
- le communiqué de presse du 18.08.2024 : Epidémies de MPOX : point sur la situation sanitaire et préparation du système de santé français
Consultez également :
Point de situation épidémiologique en France de janvier à septembre 2024. sur le site de Sante Publique France
Symptômes et durée d’incubation
L’infection par le virus mpox peut provoquer une éruption, faite de vésicules remplies de liquide qui évoluent vers le dessèchement, la formation de croutes puis la cicatrisation. Des démangeaisons peuvent survenir. Les vésicules se concentrent plutôt sur le visage, dans la zone ano-génitale, les paumes des mains et plantes des pieds, peuvent être présentes mais également sur le tronc et les membres. Les muqueuses sont également concernées, dans la bouche et la région génitale. Cette éruption peut s’accompagner de fièvre, de maux de tête, des courbatures et d’asthénie. Les ganglions lymphatiques peuvent être enflés et douloureux, sous la mâchoire, au niveau du cou ou au pli de l’aine. Des maux de gorge sont également signalés.
L’incubation de la maladie peut aller de 5 à 21 jours. La phase de fièvre dure environ 1 à 3 jours. La maladie guérit le plus souvent spontanément, au bout de 2 à 3 semaines mais parfois 4 semaines.
Mode de transmission de la maladie
La transmission du virus mpox se produit lorsqu’une personne entre en contact avec un animal, un être humain ou des matériaux contaminés par le virus. Le virus pénètre dans l’organisme par une lésion de la peau (même non-visible), des voies respiratoires ou des muqueuses. La transmission de l’animal à l’homme peut se faire par morsure ou griffure, par la préparation de viande de brousse, par contact direct ou indirect avec des fluides corporels ou du matériel de lésion. Il n’y a pas habituellement d’animaux réservoirs présents en Europe.
Le virus se transmet entre personnes, en particulier la famille et les proches. La transmission interhumaine se produit par contact direct avec une personne infectée, à travers les fluides corporels, les lésions cutanées de la maladie ou les muqueuses internes comme la bouche, ainsi que de manière indirecte par des objets que le malade a contaminés, comme des vêtements ou du linge de lit ou dans une moindre mesure à l’occasion d’un contact prolongé en face à face par des gouttelettes (postillons, éternuements).
Il est donc important que les malades respectent un isolement pendant toute la durée de la maladie (jusqu’à disparition des dernières croutes, le plus souvent 3 semaines).
Que faire en cas de symptômes ?
En cas d’apparition de symptômes (fièvre et éruption cutanée avec des vésicules), contacter votre médecin traitant ou un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) des infections par les VIH, des hépatites virales et des IST.
Retrouvez les coordonnées du CEGIDD le plus proche de chez vous sur monkeypox-info-service.fr
IMPORTANT : Un diagnostic de la variole du singe peut y être réalisé sous conditions. Contactez préalablement par téléphone le secrétariat du centre avant tout déplacement physique !
Il est recommandé de s’isoler en attendant un avis médical et d’éviter les contacts avec d’autres personnes.
Pour plus d’information, consulter la fiche d’information "Je suis atteint par le mpox. Quelles précautions prendre pour mes proches et moi ?"
Mpox info service : un dispositif d’écoute pour répondre aux questions sur le virus mpox
Depuis le mois de juillet 2022, un dispositif d’écoute est ouvert afin de répondre aux questions suscitées par le virus mpox.
Subventionnée par Santé publique France et portée par SIS Association (Sexualités info service Association), la ligne téléphonique « Mpox info service » est accessible tous les jours de 8h à 23h, au numéro vert 0 801 90 80 69 (appel et services gratuits, anonyme et confidentiel).
Des ressources et un chat en ligne sont également disponibles sur mpox-info-service.fr.
Ce dispositif a en charge d’accompagner les messages de prévention et les mesures de protection, d’informer sur les symptômes, les traitements et la vaccination, de conseiller et d’orienter vers les dispositifs de prise en charge.
La vaccination préventive contre le virus mpox
Depuis 2022, il est recommandé de se faire vacciner contre le mpox dans le cadre :
D’une vaccination en préexposition pour les personnes à haut risque d’exposition :
- Les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) rapportant des partenaires multiples et les personnes trans rapportant des partenaires multiples ;
- Les personnes en situation de prostitution ;
- Les professionnels des lieux de consommation sexuelle ;
- Les partenaires ou personnes partageant le même lieu de vie que celles à très haut risque d’exposition susmentionnées.
D’une vaccination réactive autour des cas pour :
- Les personnes contacts à risques telles que définies par SpF ;
Cette vaccination doit idéalement être administrée dans les 4 jours suivants le contact à risque et au plus tard dans les 14 jours.
Dans le cadre de la situation internationale concernant le mpox et suite à l’USPPI déclenchée par l’OMS le 16 août, le Ministère du Travail, de la Santé et de la Prévention a renforcé sa stratégie vaccinale. Ainsi, depuis le 3 septembre et conformément à l’avis de la HAS du 29 août 2024, il est recommandé :
- En plus de la vaccination des personnes contacts à risque d’un cas de mpox, aux personnes immunodéprimées ayant eu un contact étroit avec une personne contact à risque de recevoir une vaccination post-exposition ;
- Aux personnes dans la cible de la vaccination préventive contre le mpox qui n’ont pas été vaccinées depuis 2022 d’initier leur schéma vaccinal ;
- Aux personnes dans la cible de la vaccination préventive ayant reçu une première dose mais qui n’auraient pas terminé leur schéma vaccinal à 2 doses (ou 3 doses pour les personnes immunodéprimées) depuis 2022 de recevoir une dose de vaccin complémentaire ;
- Aux personnes dans la cible de la vaccination préventive qui ont terminé leur schéma vaccinal contre le mpox depuis 2022 de recevoir une dose de rappel (cela ne concerne pas les personnes vaccinées dans l’enfance qui auraient reçu une dose complémentaire de vaccin depuis 2022).
En cas d’infection pour le mpox entre 2022 et aujourd’hui, aucune vaccination n’est recommandée.
La vaccination peut aussi être envisagée au cas par cas pour les professionnels de santé amenés à prendre en charge les personnes malades.
Les coordonnées de tous les centres de vaccination contre le virus mpox sont disponibles sur : sante.fr/monkeypox
Bilan de la vaccination en France
Nombre de vaccinations contre le virus mpox
Total du nombre de doses administrées au 1er janvier 2025
- 177 626 vaccinations*
* données en cours de consolidation
À retrouver sur https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/infections-sexuellement-transmissibles/cas-groupes-d-infection-par-le-virus-monkeypox
Le ministère de la Santé et de l'Accès aux soins prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans les domaines de la santé publique et de l’organisation du système de soins.
Sous réserve des compétences du ministre des Finances et des Comptes publics, il prépare et met en œuvre la politique du Gouvernement dans le domaine de la protection sociale.
Ministère chargé de la santé