Lymphoedeme
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Publié le 21/11/2024
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
Un lymphœdème est une augmentation durable du volume d’un bras ou d’une jambe liée à une accumulation de lymphe.
Qu’est-ce qu’un lymphœdème ?

Un lymphœdème est une augmentation durable du volume d’un bras ou d’une jambe liée à une accumulation de lymphe.
On distingue deux types de lymphœdème :
- les lymphœdèmes dits « primaires » apparaissent chez des personnes qui présentent des malformations congénitales du système lymphatique.
- les lymphœdèmes dits « secondaires », plus fréquents, sont consécutifs à un événement qui va localement endommager une partie du système lymphatique et bloquer partiellement la circulation de la lymphe : chirurgie, traumatisme, cancer, infection parasitaire (filariose lymphatique), etc.
Quels sont les facteurs de risque des lymphœdèmes secondaires ?
Hors régions tropicales, où les parasites constituent la principale cause de lymphœdème, c’est le traitement des cancers, et notamment du cancer du sein, qui est le principal responsable de l’apparition de lymphœdèmes secondaires. Les facteurs de risque majeurs sont le “curage ganglionnaire”, c'est-à-dire l’ablation de la quasi-totalité des ganglions de l’aisselle ou de l’aine, et/ou la radiothérapie ciblée sur ces zones riches en ganglions.
Plus accessoirement, le surpoids et la réduction de l’activité physique semblent jouer un rôle favorisant.
Contrairement à une idée répandue, prendre la tension ou prélever du sang sur le bras du côté opéré après un cancer du sein n’expose pas à un risque de lymphœdème.
Les lymphœdèmes secondaires sont-ils fréquents ?
Dans le contexte du cancer du sein, on estime qu’un lymphœdème du bras (souvent appelé « gros bras ») apparaît chez 2 à 7 % des patientes chez qui le chirurgien n’a enlevé qu’un ganglion de l’aisselle, et chez 15 à 28 % des patientes qui ont subi un curage ganglionnaire (de nombreux ganglions de l’aisselle ont été enlevés).
Peut-on prévenir les lymphœdèmes secondaires ?
Dans le cadre du traitement des cancers, on estime que les principales mesures de prévention des lymphœdèmes secondaires sont la lutte contre l’obésité et la pratique régulière d’une activité physique adaptée.
Quels sont les symptômes des lymphœdèmes ?
Le principal symptôme du lymphœdème est l’augmentation du volume du membre. Il n’y a ni rougeur initiale, ni douleur notable qui pourraient orienter vers une autre cause.
Lorsque le bras est touché, le lymphœdème peut être limité à la main, s’étendre à l’avant-bras, voire parfois au bras complet. Plus rarement, le lymphœdème peut affecter le visage, le cou, le tronc ou les organes génitaux.
Un lymphœdème secondaire n’apparaît pas forcément immédiatement après l’événement qui en est la cause (chirurgie, traitement anticancéreux, etc.). Il peut se déclencher 1 à 2 ans après, parfois plus.
Comment détecter précocement un lymphœdème du bras ?
Après une opération du cancer du sein au cours de laquelle un ou des ganglions lymphatiques ont été retirés, l’apparition d’un lymphœdème du bras débute souvent de manière discrète. Le gonflement de la main ou de l’avant-bras peut apparaître et disparaître spontanément. Il peut y avoir également un gonflement de l’aisselle, de la région de l’omoplate ou du sein. Les signes qui doivent alerter et inviter à rapidement consulter son médecin sont :
- une sensation de tension ou de lourdeur dans le bras sans raison évidente ;
- un épaississement de la peau du bras ou de la main par rapport à celle de l’autre bras ;
- une mobilité réduite du bras ou de la main ;
- une mobilité réduite du bras ou de la main ;
Quelles sont les complications des lymphœdèmes ?
Lorsque la lymphe stagne dans un membre, cette stagnation perturbe l’immunité locale : la peau devient plus vulnérable aux infections, en particulier à celles dues aux streptocoques. Lorsque ces streptocoques ne sont plus contrôlés par le système immunitaire de la peau, une infection peut apparaître : l’érysipèle. Cette complication est assez fréquente puisqu’elle concernerait de 20 à 40 % des personnes qui souffrent de lymphœdèmes.
Lorsque le lymphœdème persiste et que le membre est volumineux, il peut interférer avec la mobilité du membre atteint, voire être à l’origine de douleurs chroniques. Ce handicap fonctionnel est souvent lié aux conséquences du lymphœdème sur les articulations (une inflammation, par exemple au niveau de l’épaule), sur la peau (avec des rétractions cicatricielles qui peuvent limiter l’amplitude des mouvements) ou sur les nerfs (avec des douleurs chroniques de type neuropathie ou syndrome du canal carpien).
Enfin, lorsqu’il devient chronique, un lymphœdème peut exercer un effet négatif sur la qualité de vie de la personne qui en souffre.
Quels traitements pour les lymphœdèmes ?
À ce jour, il n’existe pas de traitement curatif des lymphœdèmes. Parce que les vaisseaux lymphatiques locaux sont définitivement atteints, il existe toujours la possibilité que les symptômes réapparaissent.
Globalement, les objectifs du traitement du lymphœdème sont de :
- réduire le gonflement du membre et l’empêcher de s’aggraver ;
- prévenir les infections du membre atteint ;
- réduire et prévenir les réductions de mobilité du membre atteint ;
- le cas échéant, réduire les complications douloureuses ;
- prévenir les conséquences négatives du lymphœdème sur la qualité de vie personnelle et professionnelle.
Le traitement du lymphœdème repose sur un ensemble de mesures regroupées sous le terme de « physiothérapie décongestive combinée ». Mise en place rapidement, elle se révèle efficace pour réduire le volume du membre atteint et pour soulager les symptômes, mais elle est contraignante. Parmi les traitements mis en place dans cette approche, on peut citer :
- une compression du membre atteint avec des textiles ou des bandages de compression (autrefois appelés contention) ;
- des séances de drainage lymphatique (massage manuel pratiqué par un kinésithérapeute spécialement formé) dont l’effet est malheureusement éphémère ;
- des conseils d’hygiène de la peau pour prévenir les infections et de prévention du surpoids ;
- la pratique d’une activité physique et d’exercices adaptés, sous le contrôle d’un kinésithérapeute.
Parce que le lymphœdème n’est pas une accumulation d’eau (comme l’est l’œdème des jambes), les médicaments diurétiques n’ont aucun intérêt dans son traitement.
Sources :
- Traitement du cancer du sein : comment prévenir et, si besoin, traiter un lymphœdème du bras ?, VIDAL News, 12/2018
- Prise en charge du lymphœdème secondaire du membre supérieur après cancer du sein, AFSOS, 03/2014
- Prise en charge massokinésithérapique d’un lymphœdème et d’une raideur de l’épaule après traitement d’un cancer du sein, Rapport d’évaluation technologique, Haute autorité de santé (HAS), 12/2012
- Les lymphœdèmes du membre inférieur, Revue FMC Coupé M., Société française de médecine vasculaire, 2012
- La compression médicale dans le traitement du lymphœdème, Fiche de bon usage des technologies de santé, Haute autorité de santé (HAS), 12/2010
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