Hypotension orthostatique
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Publié le 05/05/2025
Information proposée par Service Public d’Information en Santé
L’hypotension orthostatique est une baisse anormale de la pression artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout.
L’hypotension orthostatique est une baisse anormale de la pression artérielle lors du passage de la position couchée à la position debout. Elle se traduit par une sensation de tête qui tourne, une vision floue, voire une chute ou une perte de connaissance.
L’hypotension orthostatique touche particulièrement les personnes âgées et celles qui souffrent de certaines maladies, en particulier lorsqu’elles ont été alitées depuis quelques semaines voire plus. Elle concerne également les personnes qui prennent certains médicaments, en particulier ceux destinés à traiter l’hypertension artérielle.
Comment s’explique l’hypotension orthostatique ?
Lors du passage de la position assise à la position debout, la gravité fait passer une quantité notable de sang dans les jambes et, à un moindre degré, dans la rate. Sans phénomène de compensation, la pression artérielle et le débit sanguin du cœur diminuent de manière sensible.
Heureusement, pour compenser, il existe un réflexe qui, dès le passage à la position debout, augmente le retour du sang veineux vers le cœur, augmente la fréquence cardiaque et réduit le diamètre des vaisseaux sanguins. Ce réflexe cesse quand la pression artérielle retrouve des valeurs normales.
En cas d’hypotension orthostatique, ce mécanisme de compensation est moins efficace, voire inefficace, et les effets du passage à la position debout sur la pression sanguine persistent plusieurs minutes. Chez les personnes âgées, même sans autre maladie, le baroréflexe devient moins efficace, ce qui explique la plus grande fréquence de l’hypotension orthostatique dans cette population.
Quelles sont les causes de l’hypotension orthostatique ?
La cause la plus fréquente d’hypotension orthostatique est la prise de médicaments, en particulier chez un patient âgé. Parmi ces médicaments, on peut citer les diurétiques, certains traitements de l’hypertension artérielle, certains antidépresseurs, les neuroleptiques, les traitements de la maladie de Parkinson, les antidouleurs de la famille des opiacés, les chimiothérapies anticancéreuses, certains traitements de l’hyperplasie bénigne de la prostate, etc.
La déshydratation est également une cause d’hypotension orthostatique, par exemple lors de maladie entraînant des vomissements et de la diarrhée, lors d’exposition à la chaleur, de fièvre, etc. L’anémie peut également être une cause d’hypotension orthostatique.
Quels sont les symptômes de l’hypotension orthostatique ?
Si les symptômes de l’hypotension orthostatique sont assez caractéristiques, il est important de garder à l’esprit que cette baisse anormale de la pression artérielle est souvent asymptomatique, c’est-à-dire qu’elle passe inaperçue.
Lorsqu’elle est symptomatique, l’hypotension orthostatique peut provoquer, lors du passage de la position couchée à la position debout : un malaise (tête qui tourne), une vision floue, une difficulté à réfléchir une fois en position debout, des douleurs dans le cou et le haut des épaules, voire une perte de connaissance (« syncope ») et une chute.
Le plus souvent, ces symptômes sont plus intenses le matin au lever ou, chez certaines personnes, après un repas (en particulier s’il a été copieux).
Comment se fait le diagnostic de l’hypotension orthostatique ?
Le diagnostic de l’hypotension orthostatique se fait en mesurant la pression artérielle et la fréquence cardiaque chez un patient qui, allongé depuis 5 minutes, passe rapidement en position debout. Les mesures sont faites 1 puis 3 minutes après le lever.
Comment prévenir les symptômes de l’hypotension orthostatique ?
Quelques conseils simples peuvent améliorer la qualité de vie des personnes souffrant d’hypotension orthostatique et éviter les malaises et les chutes :
- éviter de se lever rapidement, respecter 1 ou 2 minutes en position assise avant de se lever lentement ;
- pendant 2 minutes avant le lever, agripper ses mains l’une à l’autre devant le sternum et chercher à les écarter fortement en résistant (exercice isotonique qui permet de faire augmenter la pression artérielle) ;
- éviter la position debout prolongée (emporter une chaise pliante légère avec soi lorsqu’on se rend dans des lieux où il peut être difficile de trouver un siège) ;
- en position debout, croiser les pieds et serrer les jambes ;
- éviter la consommation de boissons alcoolisées (qui dilatent les vaisseaux sanguins et diminuent de ce fait la pression sanguine) ;
- éviter l’exposition prolongée à la chaleur (soleil, bains chauds, sauna, etc.) ;
- éviter de garder les jambes surélevées, au lit ou assis/allongé sur un canapé ;
- boire entre 1,5 et 2,5 litres d’eau par jour (le choix d’une eau minérale un peu salée peut aider à maintenir la pression artérielle) ;
- manger un peu plus salé ;
- surélever la tête du lit d’environ 10° ;
- pratiquer une activité physique régulière, par exemple la marche, la natation ou l’aquagym ;
- porter des bas de contention ou une ceinture abdominale de contention (sur les conseils de son médecin) ;
- uriner et prendre sa douche en position assise.
Les personnes qui ont tendance à présenter des symptômes d’hypotension orthostatique après les repas peuvent boire entre 400 et 450 ml d’eau (2 grands verres) avant le repas, en 3 à 4 minutes. Elles peuvent également réduire la taille des principaux repas et opter pour des collations plus petites réparties sur la journée. La prise d’un café ou d’un thé après chaque repas peut également les aider à prévenir l’hypotension.
Que faire en cas de signes d’hypotension orthostatique ?
Lorsque des signes d’hypotension orthostatique apparaissent, certains gestes peuvent éventuellement permettre de réduire rapidement les symptômes :
- se recoucher ;
- pratiquer l’exercice isotonique détaillé dans le paragraphe précédent (mains agrippées devant le sternum) ;
- serrer fortement une petite balle dans sa main (autre exercice destiné à augmenter la pression artérielle) ;
- boire un grand verre d’eau ;
- pencher le buste en avant ;
- croiser les pieds et serrer les jambes l’une contre l’autre ;
- piétiner sur place ou s’accroupir.
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