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L’usage détourné du protoxyde d’azote, une pratique à risques de plus en plus répandue

Article

Publié le 20/03/2026

Information proposée par MILDECA

L’usage détourné du protoxyde d’azote est un phénomène identifié depuis plusieurs décennies notamment dans le milieu festif. Mais la recrudescence de cet usage, chez des collégiens, lycéens et étudiants avec des consommations répétées, voire quotidiennes, au long cours et en grandes quantités, contribue à expliquer la gravité des dommages signalés plus récemment.

Plusieurs dizaines de cas graves ont été rapportés au cours des deux dernières années.

Pour poursuivre le travail de sensibilisation et d’information, vous trouverez, en libre utilisation, plusieurs supports de communications (vignettes diffusables sur les réseaux sociaux et affiches à imprimer).

Associations, collectivités locales, encadrants et personnes en lien avec les jeunes, utilisez-les !

Ces messages seront également publiés sur tous les réseaux sociaux de la MILDECA :

Le protoxyde d’azote c’est quoi ?

Le « gaz hilarant » ou « proto », c’est du protoxyde d’azote (molécule : N2O).
Son usage « alimentaire », le gaz est vendu, sous la forme de cartouches (pour les siphons à chantilly par exemple) ou de bonbonnes dans les commerces de proximité (épiceries, supermarchés) et sur internet.

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Infographie le protoxyde d'azote ça fait quoi

Son usage détourné consiste à inhaler le gaz par le biais d’un ballon, après avoir « cracké » la cartouche pour l’ouvrir. Le produit, bon marché, est consommé par certains adolescents et jeunes adultes. Ils recherchent l’effet rapide, fugace, euphorisant et les distorsions sensorielles ressenties avec ce produit. Ce type d’usage s’est amplifié, ainsi que le nombre et la gravité des complications observées.

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infographie le protoxyde s'azote ça fait quoi

La loi n° 2021-695 du 1er juin 2021 tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d'azote, établit un cadre protecteur en prévoyant :

  • L’interdiction de vendre ou d'offrir du protoxyde d’azote aux mineurs, quel que soit le conditionnement, dans tous les commerces ; les lieux publics et sur internet. La violation de cette interdiction est punie de 3 750 € d'amende ;
  • Le fait de provoquer un mineur à faire un usage détourné d'un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs est un délit puni de 15 000 € d'amende.
  • L’interdiction de la vente ou de l’offre, y compris aux personnes majeures, dans les débits de boissons et les débits de tabac (3 750 € d'amende)
  • Les sites de commerce électronique doivent spécifier l'interdiction de la vente aux mineurs de ce produit sur les pages permettant de procéder à un achat en ligne de ce produit, quel que soit son conditionnement (3 750 € d'amende)
  • Il est également interdit de vendre et de distribuer tout produit spécifiquement destiné à faciliter l'extraction de protoxyde d'azote, tels que les « crakers » et les ballons (3 750€ d’amende).

Il existe par ailleurs du N2O à usage médical (anesthésie). Inscrit sur la liste 1 des substances vénéneuses (arrêté du 17 août 2001 portant classement sur les listes des substances vénéneuses), il est soumis à une réglementation stricte (arrêté du 21 décembre 2001 portant application de la réglementation des stupéfiants aux médicaments à base de protoxyde d'azote).

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infographie sur le protoxyde s'azote et loi

La consommation du protoxyde d’azote présente des risques.

Des risques immédiats : asphyxie par manque d’oxygène, perte de connaissance, brûlure par le froid du gaz expulsé, désorientation, vertiges, chutes notamment.
En cas de consommations répétées et à intervalles rapprochés et / ou à fortes doses, de sévères troubles neurologiques, hématologiques, psychiatriques ou cardiaques peuvent survenir.
La consommation associée à d’autres produits (alcool, drogues) majore les risques.

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Infographie le proto c'est dangereux ?

On me propose du « proto » ou du « gaz hilarant », je fais quoi ?

Je refuse, c’est le seul moyen de ne pas mettre ma santé en danger.

Si j’en consomme je réduis les risques pour moi et les autres :

  • Eviter de consommer debout, car la perte d’équilibre peut faire chuter.
  • Respirer de l’air entre les inhalations de gaz pour éviter l’asphyxie.
  • Ne jamais inhaler en sortie de détonateur, de cartouche ou de siphon car c’est un gaz très froid qui peut provoquer des brûlures.
  • Ne pas multiplier les prises malgré l’effet fugace du produit.
  • Ne pas prendre le volant juste après la prise.
  • Le protoxyde d’azote est inflammable, il faut garder les cartouches éloignées de toute flamme.
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Infographie que dire à un jeune qui consomme ?

Le proto, c’est pas écolo

  • Les cartouches et les ballons abandonnés dans la nature peinent à se dégrader.
  • Les bonbonnes et cartouches sont des déchets difficiles à traiter en incinérateur. Elles provoquent des explosions, endommagent les installations et mettent en danger le personnel.

En cas de symptômes inhabituels après consommation, en cas d’urgence, prévenir les secours (15 ou 18).

En cas de difficulté à contrôler et à stopper sa consommation, consultez un médecin ou une structure spécialisée dans la prise en charge des addictions, telle qu’une consultation jeunes consommateurs qui propose un service, gratuit et confidentiel, d’accueil, d’écoute, de conseil et, si nécessaire, une orientation (www.drogues-info-service.fr).

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Infographie le proto c'est pas écolo

Professionnel travaillant en contact avec des jeunes, je sais que certains consomment du protoxyde d’azote, je fais quoi ?

Professionnels de santé et de l’éducation : sans dramatiser, je ne banalise pas l’usage. J’alerte le consommateur des risques liés à cette pratique. Si nécessaire, j’aide la personne à obtenir un rendez-vous auprès d’une consultation jeunes consommateurs (CJC).
Par ailleurs les professionnels de santé et les usagers doivent déclarer tout cas grave d’abus, de dépendance et d’usage détourné, évènement sanitaire indésirable sur le site www.signalement-sante.gouv.fr

Commerçants : des achats en quantité de capsules de N2O sont très probablement en lien avec un usage détourné, qui peut être dangereux. Informez en vos collaborateurs.

Depuis la loi du 1er juin 2021, la vente (ou l'offre) de protoxyde d’azote aux mineurs est interdite quel que soit le conditionnement, dans :

  • tous les commerces ;
  • les lieux publics ;
  • sur internet.

La vente ou la distribution de "crackers" ou de ballons dédiés à l’usage détourné du protoxyde d’azote sont également interdites. Les sites de commerce en ligne doivent indiquer sur leurs pages Internet l’interdiction de vente aux mineurs. La vente aux majeurs est également interdite dans les débits de boisson (bars, discothèques, et débits de boissons temporaires) et dans les bureaux de tabac.

Je suis parent, je trouve des cartouches de protoxyde d’azote et des ballons dans les affaires de mon enfant, je fais quoi ?

Ne paniquez pas, mais ne banalisez pas la situation.
Essayez d’instaurer un dialogue avec votre enfant sur ses motivations à consommer et sur les risques que cela représente.
Si vous ne parvenez pas à instaurer un dialogue, si vous êtes perdu ou débordé par vos émotions, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel spécialisé pour être conseillé (par exemple, une consultation jeunes consommateurs - CJC). Vous pouvez également avoir recours au téléphone ou à internet (Drogues info service est à votre disposition pour répondre à vos questions et pour vous aider dans votre réflexion. Vous pouvez joindre anonymement l’un des écoutants tous les jours de 8h à 2h au 0 800 23 13 13 ou par chat.)

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Infographie j'ai trouvé des cartouches appartenant à mon ado, je fais quoi ?

Je suis élu local, des cartouches de protoxyde d’azote sont retrouvées dans les rues et les jeunes qui les consomment créent des nuisances, comment agir ?

Les municipalités peuvent travailler sur l’information des partenaires éducatifs et sociaux, l’information des familles et la sensibilisation des commerçants pour les inciter respecter le cadre légal concernant la vente de cartouches de protoxyde d’azote. Le sujet peut être abordé dans le cadre du Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance par exemple.

De façon plus générale, la prévention de l’usage détourné du protoxyde d’azote implique des actions d’information mais aussi une intervention dès le plus jeune âge auprès des enfants pour les aider à ne pas adopter les comportements à risque de tous ordres, dont les consommations à risque de substances psychoactives.

En application de la loi du 1er juin 2021 tendant à prévenir les usages dangereux du protoxyde d'azote, les agents de police municipale, les gardes champêtres, les agents de surveillance de Paris ainsi que les agents de la Ville de Paris chargés d'un service de police, peuvent constater par procès-verbal les infractions relatives aux interdiction de vente aux mineurs et aux majeurs dans les débits de boisson et les débits de tabac, ainsi que les interdiction de vendre et de distribuer tout produit spécifiquement destiné à faciliter l'extraction de protoxyde d'azote, tels que les « cracker » et les ballons.

Ces agents peuvent exiger que l’acheteur établisse la preuve de sa majorité par la production de tout document officiel muni d'une photographie.

Enfin, ils disposent au titre du R. 15-33-29-3 du Code de procédure pénale, de la possibilité de constater des infractions relatives au dépôt illégal de déchets, ordures et autres matériaux sur la voie publique, en vertu des articles R.633-6 et R. 644-2 du Code pénal : ces contraventions pénales (respectivement une C3 et une C4) sont punies d’un montant maximal de 450 et 750 €.

Par ailleurs, le maire peut, au titre de ses pouvoirs de police générale (article L. 2212-2 du Code général des collectivités territoriales), édicter certaines mesures en cas de troubles au bon ordre, à la sûreté, la sécurité et la tranquillité publiques ; le trouble doit toutefois être démontré localement et justifié par des éléments matériels inscrits dans les considérants (comportements récurrents et déjà constatés par l’autorité de police, comportements agressifs ou dangereux pour la circulation...).

Si une interdiction de la consommation sur la voie publique est juridiquement envisageable, elle ne doit pas revêtir le caractère d’une interdiction générale et absolue (CE, 26 avril 1993, Commune de Méribel-les-Alllues), et doit être proportionnée aux risques de troubles à l’ordre public. Il est donc préférable d’assortir cette interdiction de limitations dans le temps et l’espace (horaires, dates, périmètres géographiques).

À retrouver sur https://www.drogues.gouv.fr/lusage-detourne-du-protoxyde-dazote-une-pratique-risques-de-plus-en-plus-repandue

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Qu’est-ce que le cadmium et quels sont les risques pour la santé ?

Article

Publié le 25/03/2026

Information proposée par Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail - ANSES

Le cadmium est un métal lourd naturellement présent dans les sols. Les activités agricoles et industrielles contribuent à augmenter sa présence dans l’environnement. Nous y sommes exposés principalement par l’alimentation. Comment le cadmium se retrouve dans l’alimentation ? Quels sont les aliments les plus contributeurs à notre exposition ? Quels sont les effets possibles sur la santé ? Comment réduire l’exposition ? Tout comprendre dans cette page.

1. Qu’est-ce que le cadmium et d’où vient-il ?

Le cadmium est un élément trace métallique présent dans l’environnement. Il est naturellement présent dans les roches à partir desquelles se forment les sols. Les activités humaines contribuent à augmenter sa présence dans les sols et constituent également une source d’émission dans l’eau et l’air.

En agriculture, l’épandage de matières fertilisantes telles que les engrais minéraux phosphatés et les effluents d’élevage, constitue une source d’apport en cadmium dans les sols agricoles.

En industrie, le cadmium est utilisé et émis dans plusieurs secteurs, notamment les industries métallurgique, chimique et électrique, ainsi que lors de l’incinération des déchets ou bien encore du recyclage des batteries. 

2.  Comment sommes-nous exposés au cadmium ?

L'ensemble des sources de cadmium (industrie, matières fertilisantes) peuvent être à l'origine de la contamination de notre environnement (air, sols, eau, denrées agricoles, aliments). Les produis de consommation peuvent présenter de façon résiduelle du cadmium comme les produits cosmétiques.

L’alimentation représente la principale voie  d’exposition humaine au cadmium.

Chez les fumeurs, le tabac constitue une source supplémentaire d’exposition au cadmium. 

3. Quels sont les aliments les plus contributeurs à notre exposition ? 

Les aliments qui contribuent le plus à notre exposition au cadmium dépendent à la fois de leur teneur en cadmium et de leur fréquence de consommation.

Les principaux aliments contributeurs pour les français sont des aliments du quotidien à base de blés et de céréales : céréales du petit-déjeuner, pain et produits de panification sèche, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, ainsi que le riz et blé raffinés, les pommes de terre et certains légumes.

D’autres aliments présentent des teneurs plus élevées en cadmium, comme les mollusques, les crustacés, les algues, et les abats. Moins consommés de manière générale, ils peuvent toutefois contribuer de manière significative à l’exposition des personnes qui en consomment fréquemment.

4. Pourquoi les aliments très contaminés ne sont pas forcément les plus contributeurs ?

Des aliments très contaminés mais consommés occasionnellement contribuent moins à l’exposition globale que des aliments moins contaminés mais consommés quotidiennement. Par exemple, le chocolat contribue pour moins de 3% de l’exposition quelle que soit la classe d’âge considérée de la population française. Il ne fait donc pas partie des aliments les plus contributeurs.

5. Comment le cadmium se retrouve-t-il dans les aliments ?

Présent dans les sols, le cadmium pénètre facilement dans les végétaux par leurs racines et contamine ainsi la chaîne alimentaire. En France, les matières fertilisantes représentent en moyenne plus de 80 % des apports en cadmium aux sols agricoles. Les engrais minéraux phosphatés sont la première source (55%), suivis des effluents d'élevage (25%), puis des boues et composts (5%).  

Les engrais minéraux phosphatés sont fabriqués à partir du phosphate naturel de calcium extrait de la roche. Le cadmium ne peut pas être entièrement éliminé lors des procédés de fabrication. En France, la roche phosphatée ainsi que les produits intermédiaires ou finis qui en sont issus sont majoritairement importés de pays d’Afrique du Nord (notamment Maroc, Egypte, Algérie), où les gisements de roches phosphatées sont constitués de roches sédimentaires. Ce type de roches présente des teneurs en cadmium variables et pouvant être élevées. À l’inverse, les roches d’origine ignée, comme celles provenant d’Afrique du Sud ou de Russie, présentent généralement des concentrations en cadmium peu élevées.

Par ailleurs, en France, les dépôts atmosphériques représentent 14% des apports en cadmium dans les sols agricoles. Les émissions de cadmium par les sources industrielles ont fortement diminué en dix ans, de 48% dans l’air et de 69% dans l’eau, grâce au renforcement de la règlementation.

6.  Les aliments issus de l’agriculture biologique sont-ils moins contaminés par le cadmium ?  

Les aliments issus de l’agriculture biologique peuvent également contenir du cadmium. En effet, certaines matières fertilisantes autorisées en agriculture biologique, comme des engrais minéraux phosphatés (la roche broyée étant considérée comme un produit naturel) et matières fertilisantes organiques d’origine résiduaire, peuvent aussi contribuer aux apports de cadmium dans les sols. Ainsi, le mode de production biologique ne permet pas, à lui seul, d’éviter l’exposition au cadmium.

7. Sommes-nous trop exposés au cadmium ?

Depuis une quinzaine d’années, les travaux de l’Anses mettent en évidence une surexposition d’une partie de la population française au cadmium par l’alimentation.

Les résultats de la troisième étude de l’alimentation totale (EAT3) montrent une augmentation de la part de la population dont les expositions alimentaires dépassent la dose journalière tolérable par ingestion pour le cadmium : entre 23 % et 27 % pour les enfants et 1,4 et 1,7 % chez les adultes.

Par ailleurs, la dernière étude nationale de biosurveillance ESTEBAN, menée entre 2014 et 2016 par Santé publique France, révélait que 47,6% de la population de 18 à 60 ans dépassait le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines (0,5 μg de cadmium par gramme de Cd de créatinine). Ces résultats montrent une imprégnation plus élevée de la population française, qu’il y a 10 ans lors de l’étude précédente étude de biosurveillance de 2006-2007.

Enfin, l’expertise publiée par l’Anses en 2026, intégrant une modélisation de la cadmiurie (taux de cadmium dans les urines) pour la population en 2025, confirme que des dépassements persistent pour une partie de la population.

8. Quels sont les risques pour la santé ? 

Le cadmium est classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction. Il est reconnu comme cancérogène certain pour le poumon en milieu professionnel. Il est aussi suspecté d’induire d’autres cancers (pancréas, vessie, prostate et sein).

En cas d’exposition prolongée, même à faible dose par voie orale, principalement par l’alimentation, le cadmium entraîne des atteintes rénales, pouvant évoluer à terme vers une insuffisance rénale et une fragilité osseuse, augmentant le risque d’ostéoporose et de fractures.

D’autres effets indésirables sont également identifiés notamment sur le neurodéveloppement et le système cardio vasculaire.

L’expertise de l’Anses de 2026 montre qu’une part significative de la population dépasse au cours de sa vie les valeurs sanitaires de référence (Valeurs repères biologiques). L’Anses souligne que des effets néfastes à long terme sont probables pour une part croissante de la population si aucune mesure n’est mise en place pour réduire les expositions au cadmium. 

9. Comment réduire les expositions ?

L’exposition au cadmium est diffuse et concerne une grande variété d’aliments de notre quotidien. La réduction de l’exposition au cadmium repose donc avant tout par des actions collectives pour diminuer durablement les teneurs en cadmium dans les principaux aliments contributeurs.

Pour cela, il faut agir sur les sources de contamination, en limitant la contamination des sols agricoles. Cela implique notamment d’appliquer des valeurs limites pour le cadmium dans les matières fertilisantes utilisées en agriculture. Dans son expertise de 2016, l’Anses identifie plusieurs leviers pour réduire durablement la contamination des sols et des aliments.

Quelles sont les teneurs limites de cadmium dans les engrais minéraux phosphatés ?

Actuellement, selon la règlementation :

  • le règlement (UE) 2019/1009 fixe une limite à hauteur de 60 mg de cadmium par kilogramme de P₂O5les engrais minéraux phosphatés.
  • En France, la norme nationale  en vigueur autorise jusqu’à 90 mg de cadmium par kilogramme de P₂O5

L'Anses recommande une teneur maximale de 20 mg de cadmium par kilogramme de P₂O₅ dans les produits de type engrais minéraux phosphatés. Il s’agit du seuil limite  permettant de respecter un flux d’apport de 2 g de cadmium par hectare et par an dans les sols et, à terme, de contribuer à réduire l’exposition au cadmium par l’alimentation.

10. Que faire en tant que consommateur ?

Pour réduire l’exposition au cadmium tout en maintenant une alimentation équilibrée, l’Anses recommande :

  • Limiter certains produits à base de blé sucrés et salés tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux, biscuits,
  • Introduire davantage de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé comme les pâtes.
  • Varier les sources d’approvisionnement : alterner les denrées provenant de différentes zones ou filières pour éviter une exposition répétée au cadmium. 

Ces recommandations s’inscrivent dans les repères de consommation du Plan national nutrition santé (PNNS).

Pour les fumeurs, réduire et arrêter la consommation de tabac dès que possible, principale source supplémentaire d’exposition au cadmium.

11. Que fait l’Anses sur le cadmium ?

L’Agence mène des expertises scientifiques pour évaluer l'exposition de la population au cadmium.

Ses actions principales sont :

  • Évaluer l’exposition humaine à partir des différentes sources (alimentation, environnement, tabac, produits de consommation) et voies d’exposition.
  • Définir des valeurs sanitaires indispensables pour évaluer et réduire les risques liés à l’exposition au cadmium :

 - Une valeur toxicologique de référence externe, par ingestion, c’est-à-dire une dose journalière tolérable de cadmium apporté par voie orale en dessous de laquelle le risque pour la santé de la population générale est écarté,
 - Une valeur toxicologique de référence interne, c’est-à-dire une concentration d’une substance absorbée dans l’organisme au-delà de laquelle un effet néfaste peut survenir
 - Des valeurs sanitaires repères biologiques (sang, urines) par tranche d’âge, ce qui correspond à une imprégnation à ne pas dépasser à l’âge de 60 ans, compte-tenu du caractère bioaccumulable du cadmium dans l’organisme.
 - Des limites de quantité de cadmium dans les fertilisants, qu’il s’agisse d’engrais industriels ou naturels, pour réduire la contamination en cadmium des sols et des aliments,
- Une teneur maximale en cadmium dans les aliments (par exemple dans les algues alimentaires).

En 2026, l’Agence publie une évaluation globale de l’exposition humaine au cadmium et priorise des leviers d’action, sur la base d’une analyse socio-économique, pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium.

Dans le cadre des Etudes Totales de l’Alimentation, l’Anses dresse un bilan des concentrations des contaminants chimiques dans l’alimentation comme le cadmium et des niveaux d’exposition de la population générale.

L’Agence est par ailleurs très impliquée dans l’amélioration de la surveillance de la contamination de la chaîne alimentaire dans le cadre notamment des travaux de la Plateforme nationale de surveillance sanitaire de la chaîne alimentaire

Avis et rapports en lien avec l'article

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Avis et rapport relatifs à la priorisation des leviers d’action pour réduire l’imprégnation de la population française au cadmium selon une approche d’exposition agrégée

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Avis et rapport de l'étude de l’alimentation totale française 3 (EAT3) Résultats – Tome 1 Acrylamide, aluminium, argent, cadmium, mercure et plomb

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AVIS de l'Anses relatif à la teneur maximale en cadmium pour les algues destinées à l'alimentation humaine

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AVIS de l’Anses relatif à l’Exposition au cadmium (CAS n°7440-43-9) – Propositions de valeurs toxicologiques de référence (VTR) par ingestion, de valeurs sanitaires repères dans les milieux biologiques (sang, urine, …) et de niveaux en cadmium dans les matières fertilisantes et supports de culture permettant de maîtriser la pollution des sols agricoles et la contamination des productions végétales.

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Exposition au cadmium Propositions de valeurs toxicologiques de référence par ingestion, de valeurs sanitaires repères dans les milieux biologiques (sang, urines, …)

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Fabrication et utilisation des matières fertilisantes et supports de culture (MFSC) : Evaluation des expositions au cadmium en milieu professionnel

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Propositions de niveaux en cadmium dans les matières fertilisantes et supports de culture permettant de maîtriser la pollution des sols agricoles et la contamination des productions végétales

À retrouver sur https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-reduire-exposition

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